Dans leur rapport intitulé "D'une politique climatique industrielle défensive à une politique offensive", les trois organisations environnementales se sont penchées sur les émissions des industries pétrochimique et sidérurgique et sur le soutien régional, national et européen qu'elles reçoivent pour réduire leurs émissions. Particulièrement, elles ont mis sous la loupe les entreprises pétrochimiques ExxonMobil, Total, BASF, Borealis et Ineos, ainsi que le producteur d'acier ArcelorMittal, tous actifs en Belgique. Les secteurs industriels qui sont inclus en Flandre dans le système européen d'échange de quotas d'émission (SCEQE ou ETS, qui récompense les entreprises limitant leurs émissions puisqu'elles peuvent vendre leurs quotas excédentaires) avaient bien entamé une baisse de leurs émissions en 2005 mais, depuis 2013, ces dernières remontent légèrement. Pourtant, au cours des sept dernières années, l'industrie flamande a reçu 1,6 milliard d'euros de quotas gratuits, dont plus d'1,1 milliard pour ces six entreprises, calculent les organisations. Tous ces quotas gratuits n'étaient pas nécessaires pour couvrir les émissions des entreprises. Un important excédent de quotas a ainsi été distribué, surtout au début du système européen d'échange. Si les entreprises avaient vendu leurs droits excédentaires chaque année, elles en auraient tiré quelque 691 millions d'euros. Conservé au fil des ans, l'excédent cumulé se serait élevé à près d'1,9 milliard d'euros en 2019, calcule le rapport. De plus, les entreprises reçoivent systématiquement plus d'argent qu'elles ne paient pour les coûts supplémentaires répercutés sur leur facture d'électricité. Cette surcompensation s'élève à 216 millions d'euros sur six ans, sur un total de 274 millions de subsides. L'objectif de ces compensations est d'éviter que les entreprises ne délocalisent leur production vers des pays n'appliquant pas de prix du carbone. Toutefois, ce risque de "fuite de carbone" est resté négligeable ces 10 dernières années en raison du faible prix du carbone, estiment les auteurs du rapport. Ces industries énergivores reçoivent aussi des réductions sur leur consommation d'énergie. En 2018, elles ont ainsi bénéficié de 270 millions d'euros de certificats verts exonérés et de dizaines de millions de réductions d'accises sur l'électricité, le gaz et le diesel. Les plus grandes entreprises paient dès lors environ 20 fois moins qu'un ménage moyen pour les certificats verts et 30 fois moins pour le financement des éoliennes en mer. L'objectif de ces mesures pour un État est de rester concurrentiel par rapport à ses voisins, mais transfère les coûts de ses politiques de l'industrie vers les ménages et les PME, souligne le rapport. Pour réduire à zéro les émissions nettes de gaz à effet de serre d'ici 2050, il faut inverser la logique de financement de la politique énergétique, plaident Greenpeace, Bond Beter Leefmilieu et Arbeid & Milieu. Du principe des redevances sur l'électricité il faut passer à celui des taxes sur les matières premières fossiles. Si les secteurs à forte intensité énergétique représentent 80% des émissions totales de gaz à effet de serre en Flandre, ils sont cruciaux à la transition climatique puisqu'ils fabriquent les matériaux de base des panneaux solaires, éoliennes, batteries etc. Les exonérations doivent dès lors être réorientées vers des investissements pour cette transition. (Belga)

Dans leur rapport intitulé "D'une politique climatique industrielle défensive à une politique offensive", les trois organisations environnementales se sont penchées sur les émissions des industries pétrochimique et sidérurgique et sur le soutien régional, national et européen qu'elles reçoivent pour réduire leurs émissions. Particulièrement, elles ont mis sous la loupe les entreprises pétrochimiques ExxonMobil, Total, BASF, Borealis et Ineos, ainsi que le producteur d'acier ArcelorMittal, tous actifs en Belgique. Les secteurs industriels qui sont inclus en Flandre dans le système européen d'échange de quotas d'émission (SCEQE ou ETS, qui récompense les entreprises limitant leurs émissions puisqu'elles peuvent vendre leurs quotas excédentaires) avaient bien entamé une baisse de leurs émissions en 2005 mais, depuis 2013, ces dernières remontent légèrement. Pourtant, au cours des sept dernières années, l'industrie flamande a reçu 1,6 milliard d'euros de quotas gratuits, dont plus d'1,1 milliard pour ces six entreprises, calculent les organisations. Tous ces quotas gratuits n'étaient pas nécessaires pour couvrir les émissions des entreprises. Un important excédent de quotas a ainsi été distribué, surtout au début du système européen d'échange. Si les entreprises avaient vendu leurs droits excédentaires chaque année, elles en auraient tiré quelque 691 millions d'euros. Conservé au fil des ans, l'excédent cumulé se serait élevé à près d'1,9 milliard d'euros en 2019, calcule le rapport. De plus, les entreprises reçoivent systématiquement plus d'argent qu'elles ne paient pour les coûts supplémentaires répercutés sur leur facture d'électricité. Cette surcompensation s'élève à 216 millions d'euros sur six ans, sur un total de 274 millions de subsides. L'objectif de ces compensations est d'éviter que les entreprises ne délocalisent leur production vers des pays n'appliquant pas de prix du carbone. Toutefois, ce risque de "fuite de carbone" est resté négligeable ces 10 dernières années en raison du faible prix du carbone, estiment les auteurs du rapport. Ces industries énergivores reçoivent aussi des réductions sur leur consommation d'énergie. En 2018, elles ont ainsi bénéficié de 270 millions d'euros de certificats verts exonérés et de dizaines de millions de réductions d'accises sur l'électricité, le gaz et le diesel. Les plus grandes entreprises paient dès lors environ 20 fois moins qu'un ménage moyen pour les certificats verts et 30 fois moins pour le financement des éoliennes en mer. L'objectif de ces mesures pour un État est de rester concurrentiel par rapport à ses voisins, mais transfère les coûts de ses politiques de l'industrie vers les ménages et les PME, souligne le rapport. Pour réduire à zéro les émissions nettes de gaz à effet de serre d'ici 2050, il faut inverser la logique de financement de la politique énergétique, plaident Greenpeace, Bond Beter Leefmilieu et Arbeid & Milieu. Du principe des redevances sur l'électricité il faut passer à celui des taxes sur les matières premières fossiles. Si les secteurs à forte intensité énergétique représentent 80% des émissions totales de gaz à effet de serre en Flandre, ils sont cruciaux à la transition climatique puisqu'ils fabriquent les matériaux de base des panneaux solaires, éoliennes, batteries etc. Les exonérations doivent dès lors être réorientées vers des investissements pour cette transition. (Belga)