L'enseignement en immersion, autorisé en Fédération Wallonie-Bruxelles pour le néerlandais, l'allemand et l'anglais depuis 1998 et au cours duquel les matières scolaires sont dispensées dans une autre langue que celle de l'enseignement général (soit le français), est souvent décrit comme le sésame vers le multilinguisme. Mais constitue-t-il vraiment le modèle idéal? C'est la question que se sont posé des chercheurs de l'UCLouvain et de l'UNamur.

Contrairement aux craintes de certains parents, leurs rejetons maîtrisent au moins aussi bien le français que les élèves non immergés, pointe l'étude, pour laquelle plus de 900 enfants de la 5e primaire à la 6e secondaire ont été suivis dans 22 écoles wallonnes d'immersion en anglais et en néerlandais pendant deux années scolaires. Des parents, des professeurs et des directions ont également été interrogés. Autre constat: les jeunes en immersion disposent d'un vocabulaire plus riche en anglais ou en néerlandais et, dans le secondaire, écrivent mieux cette langue cible.

Ces résultats encourageants ne doivent cependant pas masquer une autre réalité: "l'immersion attire un public privilégié au niveau socio-culturel, familial et scolaire", soulignent les deux universités. Ainsi, tous les élèves interrogés font preuve de motivation à l'école, avec toutefois un bémol pour le néerlandais en secondaire. "Les attitudes varient surtout au niveau de la langue cible, l'anglais s'avérant plus attrayant que le néerlandais", relève l'étude. L'immersion ne compense donc que partiellement les idées reçues relatives au néerlandais.

Pour les chercheurs, il ne faut dès lors pas surestimer les effets de cette méthode didactique. "Des résultats similaires peuvent être obtenus dans l'enseignement traditionnel" en proposant par exemple plus de contacts avec des locuteurs natifs ou en repensant le lien entre langue et matières, concluent-ils.