Adoptée l'an dernier sous la précédente législature, cette réforme attendue depuis plusieurs décennies vise à allonger d'un an la formation des instituteurs et des régents, lesquels devraient en conséquence mieux gagner leur vie. La réforme a toutefois été mise en veilleuse par l'actuelle majorité, le temps de l'adapter aux besoins du Pacte d'excellence, et d'évaluer son impact budgétaire. Sans remettre en question la nécessité de cette réforme, les doyens redoutent dans leur carte blanche la complexité administrative qu'elle va engendrer, mais surtout les incertitudes sur son coût, à la fois pour les universités qui vont devoir assumer les formations supplémentaires, mais aussi pour la Fédération Wallonie-Bruxelles, qui va devoir payer les salaires revalorisés des profs formés en quatre années. "Bien que les discussions soient en cours depuis 4 ans, pas une seule simulation financière rigoureuse n'a pu être proposée aux universités", soulignent les signataires, qui rappellent la fragilité des finances de la FWB, dépourvue de pouvoir fiscal et tributaire de la loi fédérale de financement. De plus, la crise sanitaire liée au coronavirus a sensiblement aggravé la situation financière de la Fédération. Si bien que les universités -déjà sous-financées et soumises au principe de l'enveloppe fermée depuis plus de deux décennies- redoutent aujourd'hui devoir payer cette réforme sur leurs propres deniers. "Ajouter encore un nouveau projet comme la FIE, gouffre budgétaire potentiel, charrie un péril probable pour l'équilibre financier des universités", poursuivent les doyens. "La suite se devine aisément : incapable de faire face au définancement, les facultés en charge de la formation des enseignants devront puiser de l'argent dans le budget global des universités. Cela signifie que cette situation touchera fortement d'autres facultés moins, voire pas concernées par la réforme, ce qui appauvrira la formation et la recherche dans leur ensemble. (...) Dans ce contexte, il y a tout lieu de craindre une dégradation linéaire de l'ensemble des formations, faute de moyens suffisants pour ce projet." Et les doyens de conclure: "une réforme de cette ampleur demande le respect d'un principe fondamental avant d'être mise en ?uvre: on ne fait pas courir un risque systémique au financement général des universités, voire de la Fédération Wallonie-Bruxelles, pour un projet particulier. Le corollaire est simple : il faut impérativement lier la dimension 'projet de réforme' à celle de 'pérennité financière'. Ne pas respecter ce principe nous entraînerait dans une spirale budgétaire mortifère, hypothéquant l'avenir du développement wallon et bruxellois. Et il est minuit moins une!" (Belga)

Adoptée l'an dernier sous la précédente législature, cette réforme attendue depuis plusieurs décennies vise à allonger d'un an la formation des instituteurs et des régents, lesquels devraient en conséquence mieux gagner leur vie. La réforme a toutefois été mise en veilleuse par l'actuelle majorité, le temps de l'adapter aux besoins du Pacte d'excellence, et d'évaluer son impact budgétaire. Sans remettre en question la nécessité de cette réforme, les doyens redoutent dans leur carte blanche la complexité administrative qu'elle va engendrer, mais surtout les incertitudes sur son coût, à la fois pour les universités qui vont devoir assumer les formations supplémentaires, mais aussi pour la Fédération Wallonie-Bruxelles, qui va devoir payer les salaires revalorisés des profs formés en quatre années. "Bien que les discussions soient en cours depuis 4 ans, pas une seule simulation financière rigoureuse n'a pu être proposée aux universités", soulignent les signataires, qui rappellent la fragilité des finances de la FWB, dépourvue de pouvoir fiscal et tributaire de la loi fédérale de financement. De plus, la crise sanitaire liée au coronavirus a sensiblement aggravé la situation financière de la Fédération. Si bien que les universités -déjà sous-financées et soumises au principe de l'enveloppe fermée depuis plus de deux décennies- redoutent aujourd'hui devoir payer cette réforme sur leurs propres deniers. "Ajouter encore un nouveau projet comme la FIE, gouffre budgétaire potentiel, charrie un péril probable pour l'équilibre financier des universités", poursuivent les doyens. "La suite se devine aisément : incapable de faire face au définancement, les facultés en charge de la formation des enseignants devront puiser de l'argent dans le budget global des universités. Cela signifie que cette situation touchera fortement d'autres facultés moins, voire pas concernées par la réforme, ce qui appauvrira la formation et la recherche dans leur ensemble. (...) Dans ce contexte, il y a tout lieu de craindre une dégradation linéaire de l'ensemble des formations, faute de moyens suffisants pour ce projet." Et les doyens de conclure: "une réforme de cette ampleur demande le respect d'un principe fondamental avant d'être mise en ?uvre: on ne fait pas courir un risque systémique au financement général des universités, voire de la Fédération Wallonie-Bruxelles, pour un projet particulier. Le corollaire est simple : il faut impérativement lier la dimension 'projet de réforme' à celle de 'pérennité financière'. Ne pas respecter ce principe nous entraînerait dans une spirale budgétaire mortifère, hypothéquant l'avenir du développement wallon et bruxellois. Et il est minuit moins une!" (Belga)