Paul d'Otreppe était auditionné par les députés en compagnie d'Eric Christiaens, administrateur à l'ABDH et directeur de l'hôpital de Vésale de Tongres. L'association réunit 80 à 90% des directeurs d'hôpitaux belges, ont-ils indiqué. "Il faut une réponse structurelle du secteur en allant des capacités hospitalières de grande envergure aux capacités en soins intensifs, en passant par les laboratoires nationaux, les centres de screening et l'intégration de tous les acteurs", a fait valoir M. d'Otreppe. L'ADBH a pris Singapour comme exemple d'une bonne gestion d'une pandémie. L'association a appelé à "investir dans une veille internationale des pandémies", et à mener une "stratégie de stocks dynamiques", anticipant la production en temps de crise. "Réfléchir à un stock sans réfléchir à la capacité de production ne constitue pas une solution", a relevé M. Christiaens, déplorant l'absence de cadre légal "pour garantir la cohérence de l'ensemble". "Il faudra avoir une maîtrise de x mois pour faire face à une pandémie", a renchéri Paul d'Otreppe. "En Asie, ils sont plus avancés avec une super-programmation à 50 ans. Il y a des leçons à prendre chez nos voisins". Pour le président de l'ABDH, les capacités hospitalières doivent s'organiser dans un système intégré, "sinon le taux de mortalité explose". "Si la Flandre n'avait pas accueilli des patients wallons, le taux de mortalité aurait été bien supérieur pendant la deuxième vague", a-t-il relevé. "Dans notre système structurel en Belgique, on a sous-développé les soins à domicile", a-t-il ajouté. "Développer les maisons de repos a joué contre nous dans le contexte d'une pandémie". Les représentants des directeurs d'hôpitaux ont aussi mis en avant l'importance des datas. "Les données sur la pandémie se sont fortement améliorées et étaient judicieuses", a indiqué M. d'Otreppe. "Les datas sauvent des vies! Ils étaient suspectés avant le covid pour devenir indispensables pendant, quid après?", s'est-il interrogé. "A Singapour, tout est digitalisé. Les soignants font les soins, les médecins font de la médecine et ne remplissent pas les tâches administratives qui sont un cauchemar pour les soignants." Le directeur général de l'hôpital de Tongres a de son côté pointé le rôle des médias durant la pandémie. "Chaque jour, on était contacté par des journaux pour savoir combien de patients covid étaient admis, combien étaient en soins intensifs, combien de morts. C'était choquant car il nous fallait uniquement rapporter le nombre de décès covid et pas les autres décès à l'hôpital. Chez nous, l'âge moyen des décès dûs au covid était de 83 ans. Et les médias continuent à se focaliser là-dessus et ne faire le rapportage que d'une seule maladie. L'intrusion des médias dans le système de santé en pleine crise a été complexe à gérer", a-t-il conclu. En matière de déconfinement, la stratégie prudente actuelle est ressentie comme adéquate par les hôpitaux, selon l'ABDH. (Belga)

Paul d'Otreppe était auditionné par les députés en compagnie d'Eric Christiaens, administrateur à l'ABDH et directeur de l'hôpital de Vésale de Tongres. L'association réunit 80 à 90% des directeurs d'hôpitaux belges, ont-ils indiqué. "Il faut une réponse structurelle du secteur en allant des capacités hospitalières de grande envergure aux capacités en soins intensifs, en passant par les laboratoires nationaux, les centres de screening et l'intégration de tous les acteurs", a fait valoir M. d'Otreppe. L'ADBH a pris Singapour comme exemple d'une bonne gestion d'une pandémie. L'association a appelé à "investir dans une veille internationale des pandémies", et à mener une "stratégie de stocks dynamiques", anticipant la production en temps de crise. "Réfléchir à un stock sans réfléchir à la capacité de production ne constitue pas une solution", a relevé M. Christiaens, déplorant l'absence de cadre légal "pour garantir la cohérence de l'ensemble". "Il faudra avoir une maîtrise de x mois pour faire face à une pandémie", a renchéri Paul d'Otreppe. "En Asie, ils sont plus avancés avec une super-programmation à 50 ans. Il y a des leçons à prendre chez nos voisins". Pour le président de l'ABDH, les capacités hospitalières doivent s'organiser dans un système intégré, "sinon le taux de mortalité explose". "Si la Flandre n'avait pas accueilli des patients wallons, le taux de mortalité aurait été bien supérieur pendant la deuxième vague", a-t-il relevé. "Dans notre système structurel en Belgique, on a sous-développé les soins à domicile", a-t-il ajouté. "Développer les maisons de repos a joué contre nous dans le contexte d'une pandémie". Les représentants des directeurs d'hôpitaux ont aussi mis en avant l'importance des datas. "Les données sur la pandémie se sont fortement améliorées et étaient judicieuses", a indiqué M. d'Otreppe. "Les datas sauvent des vies! Ils étaient suspectés avant le covid pour devenir indispensables pendant, quid après?", s'est-il interrogé. "A Singapour, tout est digitalisé. Les soignants font les soins, les médecins font de la médecine et ne remplissent pas les tâches administratives qui sont un cauchemar pour les soignants." Le directeur général de l'hôpital de Tongres a de son côté pointé le rôle des médias durant la pandémie. "Chaque jour, on était contacté par des journaux pour savoir combien de patients covid étaient admis, combien étaient en soins intensifs, combien de morts. C'était choquant car il nous fallait uniquement rapporter le nombre de décès covid et pas les autres décès à l'hôpital. Chez nous, l'âge moyen des décès dûs au covid était de 83 ans. Et les médias continuent à se focaliser là-dessus et ne faire le rapportage que d'une seule maladie. L'intrusion des médias dans le système de santé en pleine crise a été complexe à gérer", a-t-il conclu. En matière de déconfinement, la stratégie prudente actuelle est ressentie comme adéquate par les hôpitaux, selon l'ABDH. (Belga)