Dans leur mémorandum qu'ils transmettront aux autorités wallonnes, ils plaident notamment pour le respect de la neutralité budgétaire, pour la pérennisation et l'indexation des subventions - via un mécanisme de dotation unique - ainsi que pour une analyse d'impact de toute proposition touchant leurs missions premières.

Les CPAS ont besoin de stabilité dans leurs missions, leur fonctionnement et leur positionnement institutionnel, a affirmé jeudi Luc Vandormael, le président de la Fédération des CPAS wallons, au cours d'une conférence de presse à Namur.

"Le CPAS a pour mission d'aider des personnes et non d'appliquer d'incessantes réformes institutionnelles", a-t-il ajouté, estimant par ailleurs que "toute simplification administrative est la bienvenue, tout comme une concertation accrue entre les échelons régional et fédéral".

"Pivots" des politiques sociales au niveau local, les CPAS veulent en outre être reconnus et renforcés dans leur rôle, d'autant qu'"ils continuent d'être confrontés à la précarisation croissante de la région", a poursuivi Luc Vandormael.

Selon les chiffres avancés par la Fédération des CPAS wallons, 98.170 personnes ont été aidées financièrement par les CPAS du sud du pays en 2017, en augmentation de 22% en trois ans. "Et les derniers chiffres, arrêtés en avril dernier, montrent que la hausse - particulièrement marquée parmi les jeunes - se poursuit puisque nous sommes à 3% de plus que le même mois de l'année précédente", a encore souligné M. Vandormael.

Dans ce contexte, les spécificités des CPAS doivent "impérativement" être prises en compte dans le Plan wallon de lutte contre la pauvreté et les plans de cohésion sociale, "dont ils sont des acteurs à part entière, aux côtés des communes", a-t-il dit.

Confrontée à de nouvelles synergies, avec d'autres CPAS ou avec des communes, la Fédération demande par ailleurs que soit garantie l'autonomie juridique des CPAS. Elle exige en outre la neutralité budgétaire dans le cadre de la réforme des aides à l'emploi et en particulier des APE. "En calquant le mécanisme du Maribel social fédéral, nous sommes partisans d'un subside structurel en régime de croisière afin de garantir le maintien du volume de l'emploi global et la possibilité d'obtenir, dans certaines limites, de nouveaux points AP sur des thématiques prioritaires", a renchéri à ce propos Philippe Noël, le vice-président de la Fédération.

Cette dernière plaide enfin - et depuis des années - pour une individualisation des droits passant par la suppression du statut de cohabitant ainsi qu'en matière de logement, pour la création d'un fonds pour les garanties locatives.

"Nous savons que toutes ces mesures coûtent cher. Mais est-ce un coût ou un investissement? C'est en tout cas un choix de société et une garantie de paix sociale", a conclu Luc Vandormael.