Le Haut représentant de l'UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, l'Espagnol Josep Borrell, et la Commission avaient été chargés par le Conseil européen de faire le point sur les relations UE-Turquie au sens large, et de présenter aux dirigeants un rapport de la situation et des perspectives, aussi bien positives que négatives. Cela a eu lieu ce jeudi. La situation est contrastée: après une année 2020 très tendue entre les deux "partenaires", il y a eu une amélioration et l'amorce d'une désescalade, par exemple en ce qui concerne les gisements d'hydrocarbures en Méditerranée orientale. Ankara a cessé ses incursions en eaux européennes ou en zones disputées, ce que les leaders jugent "bienvenu" tout comme la perspective d'une reprise du dialogue sur la question chypriote sous l'égide des Nations unies. En revanche, l'UE juge inquiétantes des évolutions récentes internes à la Turquie sur le plan des droits des femmes (retrait de la Convention d'Istanbul) ou de l'état de droit (menaces d'interdiction du parti HDP) par exemple. La déclaration des 27 répète donc que l'UE n'hésitera pas à agir (via des sanctions, même si le mot n'est pas cité) en cas de provocation turque ou de nouvelles actions contraires au droit international. Mais elle ouvre aussi la porte à un engagement renouvelé de l'UE dans une coopération "mutuellement bénéfique" avec son bouillant voisin, "si la désescalade est durable" et que la Turquie s'engage elle aussi "de manière constructive". Dans ce cas, des avancements "phasés, proportionnels et réversibles" pourraient être décidés en juin, sur un renforcement de l'union douanière entre UE et Turquie; sur le lancement de dialogues de haut niveau sur la santé, le climat et la lutte contre le terrorisme, entre autres; et sur la mobilité des citoyens. Les chefs d'État et de gouvernement reviendront donc en juin sur ces questions. D'ores et déjà, ils approuvent cependant le principe d'un renouvellement du financement européen pour l'accueil de réfugiés syriens en Turquie, dans la lignée du controversé "pacte migratoire" conclu avec Ankara en 2016. Dans leur déclaration, les dirigeants des 27 "invitent la Commission à présenter une proposition au Conseil pour la continuation du financement pour les réfugiés syriens en Turquie, ainsi qu'en Jordanie, au Liban et dans d'autres parties de la région". (Belga)

Le Haut représentant de l'UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, l'Espagnol Josep Borrell, et la Commission avaient été chargés par le Conseil européen de faire le point sur les relations UE-Turquie au sens large, et de présenter aux dirigeants un rapport de la situation et des perspectives, aussi bien positives que négatives. Cela a eu lieu ce jeudi. La situation est contrastée: après une année 2020 très tendue entre les deux "partenaires", il y a eu une amélioration et l'amorce d'une désescalade, par exemple en ce qui concerne les gisements d'hydrocarbures en Méditerranée orientale. Ankara a cessé ses incursions en eaux européennes ou en zones disputées, ce que les leaders jugent "bienvenu" tout comme la perspective d'une reprise du dialogue sur la question chypriote sous l'égide des Nations unies. En revanche, l'UE juge inquiétantes des évolutions récentes internes à la Turquie sur le plan des droits des femmes (retrait de la Convention d'Istanbul) ou de l'état de droit (menaces d'interdiction du parti HDP) par exemple. La déclaration des 27 répète donc que l'UE n'hésitera pas à agir (via des sanctions, même si le mot n'est pas cité) en cas de provocation turque ou de nouvelles actions contraires au droit international. Mais elle ouvre aussi la porte à un engagement renouvelé de l'UE dans une coopération "mutuellement bénéfique" avec son bouillant voisin, "si la désescalade est durable" et que la Turquie s'engage elle aussi "de manière constructive". Dans ce cas, des avancements "phasés, proportionnels et réversibles" pourraient être décidés en juin, sur un renforcement de l'union douanière entre UE et Turquie; sur le lancement de dialogues de haut niveau sur la santé, le climat et la lutte contre le terrorisme, entre autres; et sur la mobilité des citoyens. Les chefs d'État et de gouvernement reviendront donc en juin sur ces questions. D'ores et déjà, ils approuvent cependant le principe d'un renouvellement du financement européen pour l'accueil de réfugiés syriens en Turquie, dans la lignée du controversé "pacte migratoire" conclu avec Ankara en 2016. Dans leur déclaration, les dirigeants des 27 "invitent la Commission à présenter une proposition au Conseil pour la continuation du financement pour les réfugiés syriens en Turquie, ainsi qu'en Jordanie, au Liban et dans d'autres parties de la région". (Belga)