En l'absence d'un système européen de classification définissant ce qu'est une activité économique durable sur le plan environnemental ("taxinomie"), la Commission européenne a avancé en mai 2018 une proposition sur laquelle négocieront ce mercredi encore le Parlement et le Conseil (États membres). L'idée est de mieux orienter les investissements privés et publics vers l'économie durable tout en évitant l'éco-blanchiment ("greenwashing"), à savoir la commercialisation de produits financiers indûment qualifiés de verts ou durables. Mais la France menace de saper le projet en soutenant l'inclusion du nucléaire dans la liste, au motif notamment que ce type de production d'énergie émet peu de CO2. La Belgique, qui a voté en 2003 le principe de la sortie du nucléaire en 2025 mais est actuellement gouvernée en affaires courantes, n'aurait pas de position affirmée. "Elle se montre très discrète sur la taxinomie, on ne l'a pratiquement pas entendue", selon Sébastien Godinot, expert en politique européenne au WWF. La taxinomie devrait être établie pour la fin 2021, pour une entrée en application fin 2022. Le WWF demande d'attribuer à chaque activité économique un classement allant du vert au rouge, un peu comme le label d'efficacité énergétique des appareils électro-ménagers. L'ONG a lancé une pétition qui affiche d'ores et déjà quelque 113.000 signatures. (Belga)