"L'assourdissant signal de l'électeur n'a pas été entendu, c'est une coalition de perdants", a ainsi estimé le président du parti d'extrême droite flamand Tom Van Grieken dans un communiqué. Il reproche à M. De Wever d'avoir "joué la comédie pendant deux mois".

Une opportunité historique d'apporter du changement a été gaspillée avec ce choix de coalition, affirme Tom Van Grieken. "Nous avons montré que nous étions prêts à prendre nos responsabilités pour renverser la vapeur. Mais à notre grand étonnement, De Wever voit plus de ressemblances dans son programme avec le CD&V qui tend vers la gauche qu'avec le Vlaams Belang", fulmine-t-il.

"Avec 44% des voix et 47% des sièges au parlement flamand, la coalition jaune-brune entre la N-VA et le Vlaams Belang constitue la plus importante formation de Flandre et, par extension, du pays. En formant un axe indissociable, nous aurions pu poser un ultimatum au CD&V et à l'Open Vld: respecter la volonté de l'électeur et soutenir une coalition flamande de droite, ou chercher eux-mêmes une majorité alternative de gauche avec Groen et le PTB", souligne M. Van Grieken.

Le chef de groupe Vlaams Belang au parlement flamand Chris Janssens dénonce, lui, un manque de courage politique et de discernement, puisque cette "piste unique" n'a pas été suivie. "Au cours de la précédente législature, la N-VA a maintes fois pointé les blocages et l'opposition des partenaires de la coalition pour justifier les échecs successifs du gouvernement. Ce sera une excuse qu'elle ne pourra plus brandir étant donné qu'une alternative valable était possible."

Barabara Pas, chef de file à la Chambre, voit en outre dans cette décision de l'informateur une tentative de la N-VA de se "rendre acceptable aux yeux du PS" à l'échelon fédéral.

Les extrémistes flamands considèrent ainsi que Bart De Wever a "neutralisé" les convictions de droite d'une grande partie des électeurs du nord du pays. Le président des nationalistes "peut déjà s'attendre à une forte opposition", a conclu Chris Janssens.