Le bourgmestre d'Anvers a déjà tenu deux tours de consultations avec les partis représentés au Parlement flamand. Il avait écarté le PTB à l'issue du premier tour. La N-VA et le Vlaams Belang ne disposent pas de suffisamment de députés pour former un gouvernement flamand reposant sur une majorité parlementaire. Et jusqu'à présent, aucun autre parti flamand ne s'est montré enclin à rompre le cordon sanitaire qui empêche la formation d'extrême-droite d'accéder au pouvoir. Le CD&V et l'Open Vld ont-ils eux aussi été invités pour un troisième entretien ? Silence radio.

En revanche, Groen et le sp.a ont indiqué qu'ils n'avaient pas (encore) reçu de troisième invitation. A l'occasion du précédent tour de consultation, la N-VA avait attendu l'issue de son entretien avec le Vlaams Belang pour lancer d'autres invitations. Selon le politologue Nicolas Bouteca, de l'université de Gand, la préférence que semble donner M. De Wever au parti d'extrême droite ne doit pas tromper.

"La N-VA veut ainsi une nouvelle fois montrer qu'elle est à l'écoute du Flamand, mais je reste convaincu qu'elle n'a pas l'intention de faire monter le Vlaams Belang à bord. Et puis leur discussion n'a pas de sens, parce que le CD&V et l'Open Vld ne sont pas prêts à suivre. Surtout, je pense que la N-VA elle-même ne veut pas gouverner avec le Vlaams Belang. Elle perdrait son argument selon lequel une voix pour le Vlaams Belang est une voix perdue". Aux yeux de M. Bouteca, Bart De Wever cherche à gagner du temps. "Ce n'est que lorsqu'il y aura plus de clarté au niveau fédéral que l'on passera à la formation d'un gouvernement régional. Je pressens que des discussions sont déjà menées entre le PS et la N-VA, au niveau fédéral".