Vous vous en souvenez certainement. À l'approche des élections de 2014, le président de la N-VA, Bart De Wever, a lancé " Show us the money ". C'était une critique virulente à l'encontre du Premier ministre Elio Di Rupo (PS), qui, selon De Wever, avait fait trop peu pour mettre de l'ordre dans les finances publiques. La N-VA a remporté les élections et formé un gouvernement fédéral avec le MR, l'Open VLD et le CD&V. Ils ont convenu d'équilibrer le budget d'ici 2018.

Rien n'a été fait. Les performances budgétaires du gouvernement Michel n'étaient pas meilleures que celle du gouvernement Di Rupo, comme l'a démontré Knack la semaine précédant les élections. Une honte pour les partis de la coalition, et certainement pour la N-VA, qui était montée sur ses grands chevaux et avait fourni le ministre des Finances.

Comme l'a confirmé le négociateur de la N-VA, Theo Francken, la N-VA n'insiste plus sur le maintien d'un budget équilibré dès le début de la législature : "L'objectif est un budget équilibré d'ici la fin de la législature". C'est une toute autre approche que celle adoptée en 2014. Sous la direction de Geert Bourgeois (N-VA), le gouvernement flamand a réalisé des économies considérables afin de pouvoir présenter un budget équilibré pendant quelques années. En fin de compte, le gouvernement flamand a également échoué dans le rouge, et de manière assez cavalière: le déficit de 600 millions pour un budget équilibré n'a été officiellement annoncé que 48 heures après les élections. Une honte pour la N-VA, l'Open VLD et le CD&V.

Aujourd'hui, la N-VA n'a même plus l'ambition d'équilibrer le budget flamand dès le départ. Elle reporte l'objectif pour 2024. Ce faisant, elle fait le même travail que le gouvernement wallon, composé du PS, du MR et de l'Ecolo. Elle prévoit également un budget équilibré d'ici 2024, ce qui a fait dire à Rik Van Cauwelaert, du quotidien De Tijd : "Et ainsi, la N-VA se transforme peu à peu en parti belge traditionnel ".

La N-VA ne considère pas qu'un budget flamand équilibré soit nécessaire parce qu'elle veut investir, entre autres, dans les bâtiments scolaires, le secteur des handicapés, la garde des enfants et les soins aux personnes âgées. C'est conforme à la règle d'or en matière de financement soulignée par le spécialiste du budget de Louvain Wim Moesen. Cette règle stipule que les dépenses courantes (les salaires, par exemple) doivent être payées par les revenus courants (principalement les recettes fiscales) et qu'on ne peut pas emprunter pour cela. Vous pouvez contracter des dettes pour des "immobilisations corporelles" - étroitement définis ce sont les investissements en ciment et en briques. Comparez cela à un ménage : vous pouvez emprunter pour construire une maison, mais il n'est pas sage de s'endetter pour partir en vacances ou pour manger au restaurant.

La N-VA n'est pas seule dans son virage budgétaire. Les experts de la Commission européenne plaident également en faveur d'un assouplissement des règles budgétaires européennes. Les règles actuelles sont trop strictes et étouffent la croissance. L'Europe contraint les États membres à réaliser d'importantes économies, de sorte que les investissements nécessaires, par exemple dans les infrastructures, ne sont pas réalisés. Alors qu'aujourd'hui, avec une faible croissance économique et des taux d'intérêt bas, c'est le contraire qui devrait se produire, selon les experts du budget.

Il est certainement défendable d'emprunter pour investir. Cependant, ces investissements doivent contribuer à la croissance économique et constituer une source de recettes fiscales futures. Les politiciens l'oublient parfois, puis la dette publique augmente. Nos politiciens sont connus sous le nom de canailles budgétaires. Non seulement ils promettent constamment des soldes budgétaires qu'ils n'atteindront jamais, mais ils empruntent aussi pour financer les dépenses budgétaires ordinaires. La tentation de recommencer sera certainement très grande.

En outre, la règle d'or du budget ne doit pas servir de prétexte pour ne pas utiliser l'argent des contribuables de manière plus parcimonieuse. Rappelons que deux pays voisins avec lesquels la Flandre aime se comparer, les Pays-Bas et l'Allemagne, réalisent des excédents budgétaires parce qu'ils gèrent bien l'argent.

À la N-VA, on dit qu'on assainir et, par exemple, réduire encore le nombre de fonctionnaires flamands. En même temps, le parti envisage de porter de neuf à dix le nombre de ministres au sein du gouvernement flamand sous la direction de Jan Jambon (N-VA). Cela fait partie d'une répartition plus large des postes, où il faut trouver quelque chose pour Liesbeth Homans (N-VA). Cela montre à quel point on prend au sérieux la gestion parcimonieuse de l'argent du contribuable. Et qu'il y a longtemps que la N-VA est devenue un parti traditionnel belge.