Cet émissaire, Bachar Jaafari, est à Nur-Sultan (anciennement Astana) au Kazakhstan, où a lieu depuis jeudi une nouvelle session des négociations de paix entre la Russie et l'Iran, soutiens du régime syrien, et la Turquie qui défend les rebelles. "L'accord de cessez-le-feu est conditionné au respect par la Turquie des accords d'Astana et de Sotchi sur le désarmement des terroristes", a affirmé M. Jaafari, accusant ceux-ci de bombarder les troupes syriennes "depuis des territoires que la Turquie contrôle" et estimant que le cessez-le-feu est "un test des intentions de la Turquie". Il a appelé les participants aux négociations d'Astana à "prendre leurs responsabilités en faisant pression sur la Turquie". "Même si nous sommes patients, notre patience est limitée. Nous n'attendrons pas indéfiniment que la Turquie respecte ses engagements", a poursuivi Bachar Jaafari. Jeudi soir, la Syrie a proclamé un cessez-le-feu "conditionnel" dans la région d'Idleb, dominée par les djihadistes de Hayat Tahrir al-Cham (HTS, ex-branche syrienne d'Al-Qaïda) épaulés par certains groupes rebelles. Bombardée sans répit depuis trois mois, la province d'Idleb et une partie de ses voisines d'Alep, Hama et Lattaquié ont fait l'objet en septembre 2018 d'un accord entre Ankara et Moscou pour créer une "zone démilitarisée". L'initiative prévoyait de séparer les territoires tenus par les djihadistes et les rebelles des zones attenantes contrôlées par le gouvernement. Si l'accord a jusque-là permis d'éviter une offensive d'envergure du régime, il n'a été que partiellement respecté, les djihadistes ayant refusé de se retirer tandis que les bombardements se sont intensifiés. La recrudescence des bombardements menés par Damas et son allié russe sur la région d'Idleb a coûté la vie à près de 790 civils en trois mois, selon l'OSDH, tandis que plus de 400.000 personnes ont été déplacées, d'après l'ONU. (Belga)