Le Roi s'est adressé jeudi midi à la Conférence Internationale du Travail, principal organe de décision de l'OIT, composée de représentants des gouvernements, employeurs et syndicats des 187 États membres. Le souverain visitera ensuite l'Organisation mondiale du commerce (OMC). Ce centième anniversaire "est une occasion pour tous nos pays de réaffirmer notre attachement à l'avancement de la justice sociale et à la promotion du travail décent. L'Organisation internationale du travail étant la plus ancienne institution du système onusien, c'est aussi une occasion de rappeler notre foi inébranlable dans le multilatéralisme", a déclaré le roi Philippe. "Il y a exactement 75 ans, lorsque la Belgique a introduit le dialogue social et le tripartisme, elle s'est inspirée des valeurs et des conventions de l'OIT. Jusqu'à ce jour, le dialogue social tripartite occupe une place centrale dans l'organisation du travail dans mon pays. Nous y sommes viscéralement attachés", a-t-il ajouté. Le souverain a également rappelé que la Belgique a ratifié 113 conventions dans le domaine de la promotion et de la mise en ?uvre des principes et droits fondamentaux et qu'elle déposerait prochainement "l'instrument de ratification du protocole de 2014 relatif à la convention sur le travail forcé". Dans son discours, il a également rendu hommage aux efforts "soutenus tout au long de ce siècle d'existence et aux progrès réalisés de par le monde grâce à l'action" de l'OIT. Grâce à celle-ci, "le travail des enfants a été considérablement réduit, les femmes ont pu accéder au marché du travail, des millions de travailleurs ont échappé à la pauvreté, le temps de travail a été réduit, et la plupart des pays disposent au minimum d'un système de base de sécurité sociale. Les avancées ont été inégales, mais réelles, et cela doit rester une source d'espoir". Le chemin déjà parcouru est énorme, mais des défis attendent encore l'organisation, estime le Roi, tels que la discrimination à l'encontre des femmes, les migrations, la résurgence des replis nationaux et identitaires et le réchauffement climatique. Ils "sont l'occasion pour l'OIT de prendre un nouvel élan, de formuler de nouvelles réponses sur base des principes éprouvés de solidarité et de démocratie économique". "La protection de la dignité humaine est un principe absolu qui doit nous guider au milieu des bourrasques actuelles et encore à venir de ce 21e siècle", conclut le roi Philippe. "J'exprime le souhait que, dans le cadre plus large des Nations Unies, l'OIT continue à baliser l'évolution de la justice sociale et que vos efforts contribuent à un avenir meilleur pour tous les travailleurs, les hommes comme les femmes." (Belga)