Ce volumineux rapport de 260 pages condense les observations du réseau d'informateurs de l'OIP, organisation indépendante qui milite pour le droit à la dignité des détenus.

Parmi les membres de ce réseau, on trouve tant des travailleurs de l'administration pénitentiaire que des avocats, des intervenants du secteur associatif ou des (proches de) prisonniers. Ces trois dernières années, la Cour européenne des droits de l'homme a condamné plusieurs fois la Belgique pour les conditions de vie déplorables qu'elle offre aux personnes incarcérées. Pourtant, toilettes non cloisonnées, cellules sans toilette, matelas posés au sol, espace de détention inférieur au minimum requis ou encore mélange de détenus fumeurs et non-fumeurs perdurent dans de nombreuses prisons, relève l'OIP.

Les grèves de l'an dernier ont encore aggravé ces conditions, sans pour autant conduire à l'instauration d'un service minimum des agents pénitentiaires. Et si "sans quelques cas, le quotidien des détenus s'améliore matériellement, la détention reste fondamentalement un long et obscur tunnel, vide de sens, et créateur de récidive", ajoute l'organisation. "On a entendu énormément d'effets d'annonce. Mais toutes les lois qui devaient lutter contre la surpopulation poursuivent en réalité avant tout des motifs budgétaires. On ne voit rien venir à long terme", commente Delphine Paci, co-présidente de la section belge de l'OIP.