Hormis les fédérations liégeoise, de Huy-Waremme et du centre où cette participation n'a été approuvée qu'à une très large majorité, le reste de fédérations socialistes ont toutes donné leur feu vert unanime aux deux accords de gouvernement. Sans surprise, Elio Di Rupo, s'est réjoui de ce soutien massif.

Avant la présentation des votes formulés par chacune des fédérations, le président du PS a défendu avec force devant une salle comble et surchauffée le contenu des accords de majorité qu'il a négocié avec Ecolo et le MR ces dernières semaines. "Nos priorités électorales se trouvent en grande partie dans ces accords", s'est-il félicité, citant notamment les différentes mesures de l'arc-en-ciel wallon pour l'emploi, le logement, la lutte contre la pauvreté ou encore la gratuité de l'enseignement.

A demi-mot, Elio Di Rupo a néanmoins reconnu jeudi soir qu'il aurait aimé constituer des majorités plus à gauche, "mais le PTB a fui ses responsabilités et a choisi le confort du verbiage", a-t-il attaqué en référence aux discussions avortées avec la formation marxiste juste après les élections. "Le PTB a dupé, il a trompé les dizaines de milliers de Bruxellois et de Wallons qui ont voté pour lui. Il a démontré que le vrai progrès social se construit sans eux, et que c'est le PS qui le porte". Pointant les avancées sociales, économiques, mais aussi environnementales des accords de l'arc-en-ciel, M. Di Rupo a assuré que leur mise oeuvre mènera à "une Wallonie généreuse et fraternelle qui ne laissera personne au bord du chemin".

Interrogé en marge du congrès par Belga, M. Di Rupo a confirmé que les négociations avec Ecolo et le MR se poursuivraient encore ce jeudi soir pour la répartition des compétences entre les différents partis de la future majorité. "Il y a encore énormément de travail", a-t-il indiqué.

La prestation de serment du futur ministre-président wallon est néanmoins toujours prévue pour vendredi. La composition des deux exécutifs n'a, elle non plus, pas encore été arrêtée. Sondé pour savoir s'il serait lui-même le futur locataire de l'Elysette, Elio Di Rupo s'est refusé à tout commentaire, invitant la presse à faire preuve d'encore un peu de patience.

Les militants MR ont aussi approuvé, peu après 20h00, successivement la Déclaration de politique régionale (DPR) et de son équivalent en Fédération lors d'un vote, en suivant l'exemple du PS un peu plus tôt, également à Namur.

En ouvrant ce congrès de participation tenu à Namur-Expo, le président du Mouvement réformateur, Charles Michel - par ailleurs Premier ministre fédéral démissionnaire et futur président du Conseil européen à partir de décembre - avait harangué les quelque 400 militants et représentants du parti en insistant sur les accents libéraux qui marquent selon lui les deux accords de gouvernement, pour la Wallonie et pour la FWB, conclus dans le cadre de cette nouvelle coalition arc-en-ciel avec le PS et Ecolo.

Les dirigeants des trois partis de la coalition arc-en-ciel devaient se retrouver en soirée à Namur pour décider de la répartition des compétences et sans doute révéler les noms des futurs ministres. Mais M. Michel a confié à quelques journalistes qu'il n'était pas sûr que ces noms soient connus jeudi encore.