Le problème, c'est le MR, pas la N.VA. Le parti de Bart De Wever n'a pas roulé son électorat dans la farine. Il est cohérent et applique son programme. Pour l'essentiel, un copié-collé des revendications socio-économiques du Voka, le patronat flamand. Et un autre copié-collé, dans le domaine communautaire, des thèses du mouvement nationaliste flamand.

Le MR a perdu son identité

Pendant quatre ans, le MR a suivi la boussole N.VA. Jusqu'à s'égarer. Jusqu'à perdre son identité. Parti historiquement de centre-droit, le MR s'est progressivement laissé séduire par les totems de la droite dogmatique. Pressé par la N.VA, les libéraux ont multiplié les reculs sociaux : saut d'index, âge de la retraite plus élevé, coupes budgétaires dans les soins de santé, hausse du nombre de travailleurs pauvres...Le tout, sur fond de montée des inégalités.

Le règne de Michel I a été émaillé d'innombrables manifestations et contestations. Par tous les moyens, le peuple a réclamé un adoucissement de la politique gouvernementale. En pure perte. A chaque protestation - des syndicats, des gilets jaunes... - Charles Michel a répondu par le mépris. Il a fait du Macron au carré. Il était, hier, partisan du libéralisme social. Le voilà adepte, sans oser la nommer, de la théorie ultra-capitaliste dite "du ruissellement", selon laquelle l'enrichissement des nantis dopera in fine le pouvoir d'achat des classes populaires.

Refus de voir le réel

Autrefois capable de pragmatisme, le MR, dans le sillage de la N.VA, s'est enfoncé dans la doctrine archéo-libérale. Contre toute raison. En refusant de voir le réel : chez nous comme chez nos voisins français, la théorie "du ruissellement" cela ne marche pas. Charles Michel a fermé les yeux sur la détresse sociale. Bart De Wever avait promis du sang et des larmes pour mettre au pas la Wallonie rouge. Charles Michel a exécuté.

Grisé par la perspective d'être le seul parti francophone au gouvernement fédéral - et d'être débarrassés des socialistes - le MR marchait sur l'eau. Olivier Chastel voyait déjà son parti rempiler pour un nouveau bail de cinq ans avec les troupes de Bart De Wever. "Jamais le MR n'a pu à ce point appliquer son programme", se réjouissaient les libéraux.

La N.VA, un parti de rupture

La tête dans les étoiles, le MR a fait semblant de croire que la N.VA était un parti classique. Or la NV.A n'est pas un parti classique. C'est un parti de rupture. Rupture avec le social-libéralisme et de modèle social belge. Rupture avec le fédéralisme d'union. Rupture avec la tradition belge d'accueil des réfugiés.

Euphorique, les libéraux se sont persuadés que Théo Francken était un cas isolé. Le mouton noir d'une N.VA en train de se normaliser à force de se vautrer dans les salons du pouvoir. Grave erreur. La N.VA n'est pas, comme le MR, un parti girouette, affamé de pouvoir et de gloriole. C'est un parti de convictions et de projets : en gros, une société de type thatchérienne dans une Flandre autonome.

La lucidité de Christine Defraigne

De rares libéraux, comme l'ex-présidente du Sénat, Christine Defraigne, ont tiré le signal d'alarme. Le MR était en train de perdre son âme dans une coalition contre-nature. Defraigne et les libéraux liégeois ont compris que leur parti s'écartait des valeurs humanistes. Ils ont obtenu la mise au rencart du projet de loi autorisant les visites domiciliaires pour les citoyens hébergeant des migrants en séjour illégal. La rébellion des Liégeois n'a pas plu à la direction du MR. Christine Defraigne a été marginalisée au sein de sa formation. Quasiment placée sur une liste noire. L'Histoire retiendra pourtant qu'elle a vu clair avant tout le monde, dans les rangs libéraux.

Un MR enfantin

Aujourd'hui, les libéraux sont effondrés. Leur beau jouet - un gouvernement fédéral sans le PS - est cassé. Un fameux gâchis. Le MR a tout perdu. Son Premier ministre. Son partenaire N.VA. Sa crédibilité, surtout. Pendant quatre ans, Charles Michel et les siens se sont comportés en enfants gâtés de la politique belge. La N.VA a un programme détestable mais cela ne date pas d'hier. Nul ne peut reprocher à ce parti de tenter de l'appliquer. Il fallait lui résister. Le MR ne l'a fait que tardivement, à propos du Pacte des migrations. Le MR enfantin tombe, hébété, dans l'âge adulte. Sa responsabilité historique est énorme.

Le problème, c'est le MR, pas la N.VA. Le parti de Bart De Wever n'a pas roulé son électorat dans la farine. Il est cohérent et applique son programme. Pour l'essentiel, un copié-collé des revendications socio-économiques du Voka, le patronat flamand. Et un autre copié-collé, dans le domaine communautaire, des thèses du mouvement nationaliste flamand.Le MR a perdu son identité Pendant quatre ans, le MR a suivi la boussole N.VA. Jusqu'à s'égarer. Jusqu'à perdre son identité. Parti historiquement de centre-droit, le MR s'est progressivement laissé séduire par les totems de la droite dogmatique. Pressé par la N.VA, les libéraux ont multiplié les reculs sociaux : saut d'index, âge de la retraite plus élevé, coupes budgétaires dans les soins de santé, hausse du nombre de travailleurs pauvres...Le tout, sur fond de montée des inégalités.Le règne de Michel I a été émaillé d'innombrables manifestations et contestations. Par tous les moyens, le peuple a réclamé un adoucissement de la politique gouvernementale. En pure perte. A chaque protestation - des syndicats, des gilets jaunes... - Charles Michel a répondu par le mépris. Il a fait du Macron au carré. Il était, hier, partisan du libéralisme social. Le voilà adepte, sans oser la nommer, de la théorie ultra-capitaliste dite "du ruissellement", selon laquelle l'enrichissement des nantis dopera in fine le pouvoir d'achat des classes populaires.Refus de voir le réelAutrefois capable de pragmatisme, le MR, dans le sillage de la N.VA, s'est enfoncé dans la doctrine archéo-libérale. Contre toute raison. En refusant de voir le réel : chez nous comme chez nos voisins français, la théorie "du ruissellement" cela ne marche pas. Charles Michel a fermé les yeux sur la détresse sociale. Bart De Wever avait promis du sang et des larmes pour mettre au pas la Wallonie rouge. Charles Michel a exécuté.Grisé par la perspective d'être le seul parti francophone au gouvernement fédéral - et d'être débarrassés des socialistes - le MR marchait sur l'eau. Olivier Chastel voyait déjà son parti rempiler pour un nouveau bail de cinq ans avec les troupes de Bart De Wever. "Jamais le MR n'a pu à ce point appliquer son programme", se réjouissaient les libéraux.La N.VA, un parti de ruptureLa tête dans les étoiles, le MR a fait semblant de croire que la N.VA était un parti classique. Or la NV.A n'est pas un parti classique. C'est un parti de rupture. Rupture avec le social-libéralisme et de modèle social belge. Rupture avec le fédéralisme d'union. Rupture avec la tradition belge d'accueil des réfugiés.Euphorique, les libéraux se sont persuadés que Théo Francken était un cas isolé. Le mouton noir d'une N.VA en train de se normaliser à force de se vautrer dans les salons du pouvoir. Grave erreur. La N.VA n'est pas, comme le MR, un parti girouette, affamé de pouvoir et de gloriole. C'est un parti de convictions et de projets : en gros, une société de type thatchérienne dans une Flandre autonome.La lucidité de Christine DefraigneDe rares libéraux, comme l'ex-présidente du Sénat, Christine Defraigne, ont tiré le signal d'alarme. Le MR était en train de perdre son âme dans une coalition contre-nature. Defraigne et les libéraux liégeois ont compris que leur parti s'écartait des valeurs humanistes. Ils ont obtenu la mise au rencart du projet de loi autorisant les visites domiciliaires pour les citoyens hébergeant des migrants en séjour illégal. La rébellion des Liégeois n'a pas plu à la direction du MR. Christine Defraigne a été marginalisée au sein de sa formation. Quasiment placée sur une liste noire. L'Histoire retiendra pourtant qu'elle a vu clair avant tout le monde, dans les rangs libéraux.Un MR enfantinAujourd'hui, les libéraux sont effondrés. Leur beau jouet - un gouvernement fédéral sans le PS - est cassé. Un fameux gâchis. Le MR a tout perdu. Son Premier ministre. Son partenaire N.VA. Sa crédibilité, surtout. Pendant quatre ans, Charles Michel et les siens se sont comportés en enfants gâtés de la politique belge. La N.VA a un programme détestable mais cela ne date pas d'hier. Nul ne peut reprocher à ce parti de tenter de l'appliquer. Il fallait lui résister. Le MR ne l'a fait que tardivement, à propos du Pacte des migrations. Le MR enfantin tombe, hébété, dans l'âge adulte. Sa responsabilité historique est énorme.