Abdelhay Tahiri était brigadier à l'agence régionale Bruxelles Propreté depuis neuf ans. Au sein de l'entreprise, ses positions politiques étaient connues. Mais plusieurs éléments ont conduit l'entreprise à se séparer de lui.

En 2017, lors d'un examen pour tenter d'obtenir une promotion, il refuse tout contact physique avec une examinatrice. Un point négatif retenu par les Ressources humaines, selon la RTBF. Bien qu'ayant obtenu la moyenne, le candidat n'est pas promu à cause de ce comportement incompatible avec le poste qu'il cherchait à pouvoir.

Ensuite, le 25 avril 2018, lors d'une interview donnée à la chaine RT France, le président du parti Islam justifie le refus du fondateur de son parti, Redouane Ahrouch, de ne pas avoir voulu regarder l'ancienne chroniqueuse Emmanuelle Praet dans les yeux.

Une vidéo montrant Abdelhay Tahiri en train de distribuer des tracts électoraux, vêtu de sa veste de brigadier, ce qui est interdit par le règlement interne, constitue un autre élément à charge selon Bruxelles Propreté. Enfin, des faits disciplinaires (manque d'assiduité au travail) ont également été relevés.

"Mon licenciement est un licenciement politique à 100%", réagit M. Bakkali Tahiri interrogé par la RTBF. "Il fait suite à celui de notre leader Redouane Ahrouch", licencié par la STIB en mai 2018. Concernant la vidéo de la distribution des tracts, "je ne savais pas que ce type de démarche était interdit. Ensuite, je ne voulais pas que l'on voie le logo de mon employeur. D'ailleurs, on constate que je porte un long foulard afin de masquer le logo de mon employeur. Je n'avais pas envie que cela se voie. En 2014 déjà, Bruxelles Propreté voulait me mettre dehors suite à cette vidéo et les syndicats sont intervenus. Bruxelles Propreté a ensuite prétendu que je faisais ma campagne électorale sur mon lieu de travail. C'est faux! J'ai 40 témoins qui peuvent affirmer que je n'ai jamais parlé religion ni politique sur mon lieu de travail... Bruxelles Propreté a fait pression pour qu'ils ne témoignent pas." Concernant l'interview à RT France, il affirme que ses supérieurs étaient au courant de cette intervention.

Contactée par la RTBF, Bruxelles Propreté n'a pas souhaité commenter le dossier.