"Nous avons des systèmes informatiques, de numérisation, archaïques dans les services de renseignement, ils sont seulement en train d'essayer de les moderniser. Il n'y a aucune connexion entre les différentes banques de données, aucun système sécurisé permettant aux services de renseignement de pouvoir même dialoguer, pas de GSM, pas de système permettant de travailler à domicile en période Covid", a énuméré le magistrat, sur le plateau de Jeudi en prime (RTBF). "Depuis des années, on interpelle sur des problèmes fonctionnels et d'investissements", a ajouté M. Lipszyc, qui fut aussi conseiller du Premier ministre Charles Michel. "Il y a un désinvestissement de l'État", a-t-il dénoncé, citant aussi la Justice et la Santé. Il a rappelé que la commission parlementaire sur les attentats de Bruxelles avait déjà, en 2017, stigmatisé l'absence de banque de données commune aux deux services de renseignement: le SGRS (renseignement militaire) et la Sûreté de l'État (renseignement civil). Le premier "manque de 20% de personnel, ce n'est pas neuf", tandis que la seconde "est capable de suivre au quotidien 20% de ses dossiers", selon Serge Lipszyc. Des audits externes menés ces dernières années pour le Comité R sur le SGRS ont aussi déjà fait état de "non fonctionnements", ce qui a poussé le Comité à suggérer de modifier le management. "La structure totale du SGRS a été transformée en janvier 2020, ce qui ne se fait pas du jour au lendemain, il faut donc prendre en compte aussi ce contexte", a-t-il nuancé. Serge Lipszyc ne se montre pas convaincu à l'idée de fusionner les deux services de renseignement. "Ce n'est pas en mettant les deux structures ensemble qu'on va nécessairement faire mieux, donnons-leur d'abord les moyens nécessaires", a-t-il exhorté. En outre, en 2017, la commission parlementaire n'était pas parvenue à un accord politique sur une telle fusion, a-t-il rappelé. Le magistrat a aussi insisté sur la diversité de la menace, à Bruxelles en particulier, à travers l'espionnage international et la volonté d'ingérence d'États étrangers pour agir sur les communautés, les opposants politiques, via la manipulation ou la menace. "Il y a eu ces quatre dernières années dans le monde démocratique plus d'expulsions de diplomates (des espions sous couverture) que durant toute la Guerre froide", a-t-il illustré. Le Comité R doit rendre pour juillet un rapport d'enquête sur l'affaire Jürgen Conings, ce militaire fiché comme extrémiste potentiellement violent et en fuite depuis dix jours après avoir dérobé des armes et des munitions. (Belga)

"Nous avons des systèmes informatiques, de numérisation, archaïques dans les services de renseignement, ils sont seulement en train d'essayer de les moderniser. Il n'y a aucune connexion entre les différentes banques de données, aucun système sécurisé permettant aux services de renseignement de pouvoir même dialoguer, pas de GSM, pas de système permettant de travailler à domicile en période Covid", a énuméré le magistrat, sur le plateau de Jeudi en prime (RTBF). "Depuis des années, on interpelle sur des problèmes fonctionnels et d'investissements", a ajouté M. Lipszyc, qui fut aussi conseiller du Premier ministre Charles Michel. "Il y a un désinvestissement de l'État", a-t-il dénoncé, citant aussi la Justice et la Santé. Il a rappelé que la commission parlementaire sur les attentats de Bruxelles avait déjà, en 2017, stigmatisé l'absence de banque de données commune aux deux services de renseignement: le SGRS (renseignement militaire) et la Sûreté de l'État (renseignement civil). Le premier "manque de 20% de personnel, ce n'est pas neuf", tandis que la seconde "est capable de suivre au quotidien 20% de ses dossiers", selon Serge Lipszyc. Des audits externes menés ces dernières années pour le Comité R sur le SGRS ont aussi déjà fait état de "non fonctionnements", ce qui a poussé le Comité à suggérer de modifier le management. "La structure totale du SGRS a été transformée en janvier 2020, ce qui ne se fait pas du jour au lendemain, il faut donc prendre en compte aussi ce contexte", a-t-il nuancé. Serge Lipszyc ne se montre pas convaincu à l'idée de fusionner les deux services de renseignement. "Ce n'est pas en mettant les deux structures ensemble qu'on va nécessairement faire mieux, donnons-leur d'abord les moyens nécessaires", a-t-il exhorté. En outre, en 2017, la commission parlementaire n'était pas parvenue à un accord politique sur une telle fusion, a-t-il rappelé. Le magistrat a aussi insisté sur la diversité de la menace, à Bruxelles en particulier, à travers l'espionnage international et la volonté d'ingérence d'États étrangers pour agir sur les communautés, les opposants politiques, via la manipulation ou la menace. "Il y a eu ces quatre dernières années dans le monde démocratique plus d'expulsions de diplomates (des espions sous couverture) que durant toute la Guerre froide", a-t-il illustré. Le Comité R doit rendre pour juillet un rapport d'enquête sur l'affaire Jürgen Conings, ce militaire fiché comme extrémiste potentiellement violent et en fuite depuis dix jours après avoir dérobé des armes et des munitions. (Belga)