Le Roi a accepté dimanche la démission des ministres et secrétaires d'Etat N-VA Jan Jambon, Johan Van Overtveldt, Sander Loones, Theo Francken et Zuhal Demir, et a nommé ministres Philippe De Backer (Open Vld) et Pieter De Crem (CD&V), anciennement secrétaires d'Etat. Remerciant les ministres N-VA pour le travail accompli, le Premier ministre Charles Michel a présenté dimanche les priorités de sa nouvelle équipe, resserrée sur le pouvoir d'achat, la sécurité et le climat. Il entend consulter les groupes parlementaires dans les prochains jours. Le gouvernement remanié gouvernera au cas par cas, cherchant le soutien de tout ou partie de l'opposition dossier par dossier. Or, il risque d'être confronté à un choix global dès le début.

Le Premier ministre Charles Michel va consulter sur fond de confiance en sursis

Le cabinet du Premier ministre Charles Michel déterminera lundi après-midi l'agenda et prendra des contacts en vue des consultations que le chef du gouvernement mènera mardi avec les différents groupes démocratiques du parlement, a indiqué lundi un porte-parole du Premier ministre, actuellement à Marrakech. M. Michel a annoncé ces consultations alors que son gouvernement minoritaire entend coopérer avec le parlement.

Des voix s'élèvent pour dénoncer une option pas suffisamment démocratique

"On est manifestement devant un nouveau gouvernement. Le départ de la N-VA, le plus gros parti de la coalition, constitue un changement majeur", analyse le professeur de l'Université Saint-Louis, alors que Charles Michel a acté samedi le retrait des nationalistes flamands de son exécutif, désormais minoritaire, et répartit leurs compétences parmi les trois partis restants. Le fait que le gouvernement ait avancé de nouvelles priorités - le pouvoir d'achat, la sécurité et le climat - justifie d'autant plus le passage devant le parlement, selon M. El Berhoumi. L'absence d'un vote sur une motion de confiance au parlement ne "permettrait pas de clarifier le jeu d'un gouvernement minoritaire", auquel il manque 24 sièges pour atteindre la majorité, insiste-t-il. "La question se pose donc de savoir quels seront les rapports entre les partis d'opposition et ce gouvernement."

Belga
© Belga

Cependant, la N-VA, le sp.a et les écologistes ont clairement posé la question de la confiance au gouvernement Michel II dans l'attente des explications que le Premier ministre doit fournir au parlement. Sans annoncer lui-même d'initiative, le PS votera contre une éventuelle motion de confiance du Premier ministre et soutiendra une éventuelle motion de méfiance déposée par un parti démocratique. Seul le PP a annoncé à ce jour le dépôt d'une motion de méfiance.

Le groupe PS fait de la demande d'éclaircissement au Premier ministre, en séance plénière, un préalable à toute consultation avec les groupes politiques. "Le Premier ministre doit prendre ses responsabilités, en séance plénière de la Chambre, pas lors d'une nouvelle conférence de presse à la télévision. Il doit expliquer quel est le périmètre de son action, préciser quels sont encore ses éventuels liens avec la N-VA qui, après avoir dirigé le gouvernement, semble continuer à diriger le parlement et le pays".

Le groupe cdH est disposé à entendre M. Michel dans son tour de consultations, mais les centristes viendront eux-même avec des propositions. Ils souhaitent s'assurer d'ici jeudi qu'il y a eu un véritable changement de cap de Michel Ier à Michel II. "Il faut qu'il nous explique son programme gouvernemental", a indiqué Catherine Fonck. Le cdH propose un pacte socio-économique et climatique. "Michel II compte-t-il mener la même politique demain, sans la N-VA ? Ou souhaite-t-il le coup de barre nécessaire ? C'est l'attente que nous avons pour ce jeudi", a asséné Benoît Lutgen.

Ecolo est également disposé à entendre ce que le Premier ministre a à dire dans son tour de consultations. "Nous avons plein de demandes à lui transmettre, on jugera sur place", a réagi Georges Gilkinet. "Nous ne sommes pas dupes, nous nous sommes opposés à ce mauvais gouvernement et nous attendons des solutions de justice climatique, sociale et fiscale. Nous sommes prêts à écouter, mais le 26 mai il y aura des élections permettant l'éclosion d'un projet de transition écologique", a-t-il ajouté.

La conférence des présidents de la Chambre, qui organise les travaux de l'assemblée, se réunit mardi midi. "Le parlement doit mettre de l'ordre dans le chaos", estime Kristof Calvo de Groen. Les services juridiques de la Chambre examinent actuellement la question sur le plan technique.

"Ce n'est pas un nouveau gouvernement", assure Wouter Beke

La nouvelle coalition n'est pas le gouvernement 'Michel II' mais "le gouvernement existant dont un parti a démissionné et au sein duquel un certain nombre de personnes ont été remplacées", a affirmé lundi le président du CD&V, Wouter Beke, à l'issue du Bureau du parti.

Belga
© Belga

"Le gouvernement veut poursuivre son programme, en bonne entente avec le parlement, sur des dossiers importants tels que le pouvoir d'achat, le climat et la sécurité", a-t-il dit. Selon Wouter Beke, "il faudra voir, dans les prochains jours et les prochaines semaines, comment trouver des majorités au parlement".

La N-VA réclame un vote de confiance au plut tôt à la Chambre

L'Orange bleue n'est pas la continuation du gouvernement Michel I, mais bien un nouveau gouvernement, affirme M. De Roover. C'est la raison pour laquelle cette coalition doit recevoir la confiance au parlement et établir une nouvelle déclaration gouvernementale, ajoute-t-il.

Belga
© Belga

"Je constate que (le vice-Premier) ministre Kris Peeters a dit que ce n'était pas un 'copy-paste' de Michel I, qu'il y a des noms nouveaux sur des compétences nouvelles et que la ministre Maggie De Block a déjà annoncé un changement de cap. Ce sont des raisons suffisantes pour clarifier la situation, afin de pouvoir reprendre le travail parlementaire aussi vite que possible".

"En tant que chef de groupe du plan grand groupe au parlement, je souhaite savoir quels sont ces accents. C'est la décence la plus élémentaire", a conclu M. De Roover.

"Au Premier ministre d'estimer si le gouvernement a besoin de la confiance"

"Il revient au Premier ministre d'estimer si le nouveau gouvernement Michel II doit demander le soutien du parlement", a indiqué lundi à son arrivée au Bureau du CD&V, le chef de groupe à la Chambre Servais Verherstraeten. "Le plus important est que le Premier ministre aura des contacts avec tous les groupes politiques au parlement sur le suivi des dossiers parlementaires", a-t-il précisé.

Le président du MR Olivier Chastel a quant à lui affirmé lundi matin sur La Première (RTBF) que l'actuelle équipe se concentrerait sur des priorités héritées de l'ancienne équipe. "Il n'y a pas eu de prestation de serment de nouveaux ministres", a-t-il fait observer. "C'est un gouvernement Michel restreint, centré sur des priorités tirées du programme de gouvernement précédent, c'est un gouvernement qui veut terminer cette législature", a-t-il précisé.

BRUNO FAHY/BELGAIMAGE
© BRUNO FAHY/BELGAIMAGE

"Tous les membres de ce gouvernement étaient déjà ministres ou secrétaires d'Etat avant ce week-end. Ils sont donc opérationnels immédiatement afin de poursuivre pour quelques mois la concrétisation de projets essentiels", a communiqué le Mouvement réformateur à l'issue de la réunion du Conseil. Pour le Conseil du MR, il est essentiel que ce gouvernement restreint soit concentré sur son travail jusqu'à la fin de la législature, afin de répondre aux préoccupations citoyennes. "Nous n'étions pas favorables à des élections anticipées car notre pays a besoin de stabilité", a ajouté Olivier Chastel dans un communiqué.

Sur les plateaux de télévision dimanche, même si les accents variaient, les représentants socialistes, écologistes, du cdH et de DéFI se sont montrés clairs: si l'équipe Michel II va chercher la N-VA pour voter son budget, elle signifie qu'en fait elle poursuit la même politique qu'avant. Dans ce cas, les chances d'un soutien futur sont compromises.

"Il serait logique que le Premier ministre demande la confiance", estime Groen

"Il serait logique que le Premier ministre demande la confiance", estime Groen, premier parti à s'exprimer de la sorte depuis l'annonce de la nouvelle équipe Michel II dimanche. Les écologistes flamands se demandent surtout comment la coalition orange-bleu précisera les trois grandes priorités qui animeront son action durant les prochains mois. En fonction des explications, il apparaîtra si Michel II dispose d'une confiance suffisante, a indiqué le chef de groupe Ecolo-Groen à la Chambre Kristof Calvo.

Kristof Calvo, Belga
Kristof Calvo © Belga

Du côté d'Ecolo, on confirme que la confiance n'a pas été demandée au parlement jusqu'à présent, dans l'attente des explications que le Premier ministre viendra donner au parlement. "En ce qui nous concerne, il serait logique que le Premier ministre Charles Michel demande la confiance au parlement, dans un délai raisonnable. Le gouvernement doit, quelque part, apporter de la sérénité", juge le chef de groupe. Ce dernier se réjouit de voir le climat retenu parmi les priorités du gouvernement, ainsi que le pouvoir d'achat. "Mais nous souhaitons savoir ce qu'il compte faire précisément. La confiance pourra se mesurer à l'aune de ces précisions", juge-t-il.

Quoi qu'il en soit, Michel II ne pourra être qu'un gouvernement "résiduaire", estime encore Kristof Calvo. Et comme le parlement est amené à endosser un rôle accru, il importe de baliser correctement la future coopération. "Nous n'avons pas l'intention de dépanner une politique gouvernementale qui n'est pas la nôtre mais si nous pouvons nous engager, nous le ferons volontiers", a-t-il répété.

Le PS demande des clarifications au Premier ministre

Le groupe PS à la Chambre persiste à vouloir obtenir du Premier ministre Charles Michel qu'il vienne solennellement en séance plénière de la Chambre fournir des clarifications sur ce qu'il compte faire avec le gouvernement fédéral, dès son retour de Marrakech. "Nous souhaitons savoir d'où il vient, où il en est, où il va".

Le chef de groupe Ahmed Laaouej a demandé dimanche une réunion urgente de la conférence des présidents de la Chambre permettant d'organiser cette séance solennelle. La conférence des présidents se réunira mardi midi. Les socialistes s'interrogent sur ce qu'il s'est produit ce week-end après la démission des ministres N-VA et la nomination de ministres en remplacement. Y a-t-il un changement de gouvernement, une nouvelle déclaration, un nouveau programme ? "Le Premier ministre doit prendre ses responsabilités, en séance plénière de la Chambre, pas lors d'une nouvelle conférence de presse à la télévision. Il doit expliquer quel est le périmètre de son action, préciser quels sont encore ses éventuels liens avec la N-VA qui, après avoir dirigé le gouvernement, semble continuer à diriger le parlement et le pays". Si une motion de confiance devait être déposée, le groupe PS voterait contre. Il voterait en faveur d'une éventuelle motion de méfiance déposée par un parti démocratique.

Pour la FGTB "On assiste à un hold-up démocratique et social"

"On aurait pu se réjouir du départ de la N-VA. Cela aurait pu marquer un frein dans la politique rétrograde menée par le gouvernement Michel-De Wever. Mais on assiste à un hold-up démocratique et social", a estimé lundi matin lors d'un point presse le président de la FGTB, Robert Vertenueil, au sujet de la nouvelle coalition fédérale. "Avec 52 sièges sur 150, qui ce gouvernement représente-t-il encore? "

Robert Vertenueil s'inquiète notamment du fait que le gouvernement ne demande pas la confiance du parlement. "Ça nous donne surtout un ton qui nous inquiète, car cela veut dire que ce gouvernement va continuer à s'asseoir sur des éléments fondamentaux d'un fonctionnement démocratique. (...) Il va continuer dans la ligne qui était la sienne. On a tout de suite compris que les accointances avec la N-VA vont continuer." "Nous ne sommes pas dupes", a-t-il ajouté en faisant écho aux priorités énoncées par le Premier ministre Charles Michel dimanche, qu'il s'agisse de la sécurité sociale, du pouvoir d'achat ou encore du climat. "Ce sont des thèmes choisis en fonction de l'actualité." La FGTB "prend acte" et déplore par ailleurs la volonté du monde patronal "de ne plus jouer le jeu" de la concertation sociale, puisqu'il "s'autorise à négocier les conditions de travail et de rémunération pour les années à venir directement avec le gouvernement". "Ils sont en train d'essayer de troquer avec ce gouvernement le fait qu'on appliquerait quand même le 'job deal' mais en contrepartie, ils disent qu'on pourrait essayer de dégager une marge. Or, je rappelle que la négociation de la marge, elle est censée se faire avec les partenaires sociaux, pas entre le gouvernement et les patrons. (...) J'espère que ce n'est qu'un mauvais signal et qu'ils vont se reprendre."

Robert Vertenueil, BELGAIMAGE
Robert Vertenueil © BELGAIMAGE

Les actions prévues vendredi prennent "d'autant plus de sens", poursuit le président du syndicat socialiste. "Il y a lieu de rétablir un semblant de démocratie dans ce pays. Nous allons mettre les patrons et les hommes politiques devant leurs responsabilités." Le syndicat prévient: il y aura des grèves en beaucoup d'endroits et de secteurs, avec des entreprises à l'arrêt. D'autres actions "plus originales" voire "plus ciblées" sont aussi prévues. La FGTB demande "très clairement" que le message sur la question du pouvoir d'achat soit entendu, et ne "se contentera pas de clopinettes pour nous endormir", assure Robert Vertenueil. "Nous voulons une marge salariale sérieuse, à la hauteur, et des résultats obtenus par les entreprises, et de l'augmentation de la productivité. C'est la seule manière de régler le problème." Le gouvernement doit aussi s'attaquer à une "véritable politique fiscale correcte, avec pour commencer une baisse de la TVA sur l'électricité et le mazout de chauffage". Enfin, la pension "doit être revalorisée avant d'imaginer toute autre" question à ce sujet, conclut-il. "Nous voulons un relèvement de l'âge légal à 65 ans, une revalorisation des pensions minimum avec 500 euros et la prise en compte sérieuse de la pénibilité." "On a un peu l'impression qu'on assiste à une grande farce, la farce des politiques", conclut Robert Vertenueil.

Le Roi a accepté dimanche la démission des ministres et secrétaires d'Etat N-VA Jan Jambon, Johan Van Overtveldt, Sander Loones, Theo Francken et Zuhal Demir, et a nommé ministres Philippe De Backer (Open Vld) et Pieter De Crem (CD&V), anciennement secrétaires d'Etat. Remerciant les ministres N-VA pour le travail accompli, le Premier ministre Charles Michel a présenté dimanche les priorités de sa nouvelle équipe, resserrée sur le pouvoir d'achat, la sécurité et le climat. Il entend consulter les groupes parlementaires dans les prochains jours. Le gouvernement remanié gouvernera au cas par cas, cherchant le soutien de tout ou partie de l'opposition dossier par dossier. Or, il risque d'être confronté à un choix global dès le début.Le cabinet du Premier ministre Charles Michel déterminera lundi après-midi l'agenda et prendra des contacts en vue des consultations que le chef du gouvernement mènera mardi avec les différents groupes démocratiques du parlement, a indiqué lundi un porte-parole du Premier ministre, actuellement à Marrakech. M. Michel a annoncé ces consultations alors que son gouvernement minoritaire entend coopérer avec le parlement. "On est manifestement devant un nouveau gouvernement. Le départ de la N-VA, le plus gros parti de la coalition, constitue un changement majeur", analyse le professeur de l'Université Saint-Louis, alors que Charles Michel a acté samedi le retrait des nationalistes flamands de son exécutif, désormais minoritaire, et répartit leurs compétences parmi les trois partis restants. Le fait que le gouvernement ait avancé de nouvelles priorités - le pouvoir d'achat, la sécurité et le climat - justifie d'autant plus le passage devant le parlement, selon M. El Berhoumi. L'absence d'un vote sur une motion de confiance au parlement ne "permettrait pas de clarifier le jeu d'un gouvernement minoritaire", auquel il manque 24 sièges pour atteindre la majorité, insiste-t-il. "La question se pose donc de savoir quels seront les rapports entre les partis d'opposition et ce gouvernement."Cependant, la N-VA, le sp.a et les écologistes ont clairement posé la question de la confiance au gouvernement Michel II dans l'attente des explications que le Premier ministre doit fournir au parlement. Sans annoncer lui-même d'initiative, le PS votera contre une éventuelle motion de confiance du Premier ministre et soutiendra une éventuelle motion de méfiance déposée par un parti démocratique. Seul le PP a annoncé à ce jour le dépôt d'une motion de méfiance. Le groupe PS fait de la demande d'éclaircissement au Premier ministre, en séance plénière, un préalable à toute consultation avec les groupes politiques. "Le Premier ministre doit prendre ses responsabilités, en séance plénière de la Chambre, pas lors d'une nouvelle conférence de presse à la télévision. Il doit expliquer quel est le périmètre de son action, préciser quels sont encore ses éventuels liens avec la N-VA qui, après avoir dirigé le gouvernement, semble continuer à diriger le parlement et le pays". Le groupe cdH est disposé à entendre M. Michel dans son tour de consultations, mais les centristes viendront eux-même avec des propositions. Ils souhaitent s'assurer d'ici jeudi qu'il y a eu un véritable changement de cap de Michel Ier à Michel II. "Il faut qu'il nous explique son programme gouvernemental", a indiqué Catherine Fonck. Le cdH propose un pacte socio-économique et climatique. "Michel II compte-t-il mener la même politique demain, sans la N-VA ? Ou souhaite-t-il le coup de barre nécessaire ? C'est l'attente que nous avons pour ce jeudi", a asséné Benoît Lutgen.Ecolo est également disposé à entendre ce que le Premier ministre a à dire dans son tour de consultations. "Nous avons plein de demandes à lui transmettre, on jugera sur place", a réagi Georges Gilkinet. "Nous ne sommes pas dupes, nous nous sommes opposés à ce mauvais gouvernement et nous attendons des solutions de justice climatique, sociale et fiscale. Nous sommes prêts à écouter, mais le 26 mai il y aura des élections permettant l'éclosion d'un projet de transition écologique", a-t-il ajouté.La conférence des présidents de la Chambre, qui organise les travaux de l'assemblée, se réunit mardi midi. "Le parlement doit mettre de l'ordre dans le chaos", estime Kristof Calvo de Groen. Les services juridiques de la Chambre examinent actuellement la question sur le plan technique.La nouvelle coalition n'est pas le gouvernement 'Michel II' mais "le gouvernement existant dont un parti a démissionné et au sein duquel un certain nombre de personnes ont été remplacées", a affirmé lundi le président du CD&V, Wouter Beke, à l'issue du Bureau du parti."Le gouvernement veut poursuivre son programme, en bonne entente avec le parlement, sur des dossiers importants tels que le pouvoir d'achat, le climat et la sécurité", a-t-il dit. Selon Wouter Beke, "il faudra voir, dans les prochains jours et les prochaines semaines, comment trouver des majorités au parlement". L'Orange bleue n'est pas la continuation du gouvernement Michel I, mais bien un nouveau gouvernement, affirme M. De Roover. C'est la raison pour laquelle cette coalition doit recevoir la confiance au parlement et établir une nouvelle déclaration gouvernementale, ajoute-t-il. "Je constate que (le vice-Premier) ministre Kris Peeters a dit que ce n'était pas un 'copy-paste' de Michel I, qu'il y a des noms nouveaux sur des compétences nouvelles et que la ministre Maggie De Block a déjà annoncé un changement de cap. Ce sont des raisons suffisantes pour clarifier la situation, afin de pouvoir reprendre le travail parlementaire aussi vite que possible". "En tant que chef de groupe du plan grand groupe au parlement, je souhaite savoir quels sont ces accents. C'est la décence la plus élémentaire", a conclu M. De Roover."Il revient au Premier ministre d'estimer si le nouveau gouvernement Michel II doit demander le soutien du parlement", a indiqué lundi à son arrivée au Bureau du CD&V, le chef de groupe à la Chambre Servais Verherstraeten. "Le plus important est que le Premier ministre aura des contacts avec tous les groupes politiques au parlement sur le suivi des dossiers parlementaires", a-t-il précisé.Le président du MR Olivier Chastel a quant à lui affirmé lundi matin sur La Première (RTBF) que l'actuelle équipe se concentrerait sur des priorités héritées de l'ancienne équipe. "Il n'y a pas eu de prestation de serment de nouveaux ministres", a-t-il fait observer. "C'est un gouvernement Michel restreint, centré sur des priorités tirées du programme de gouvernement précédent, c'est un gouvernement qui veut terminer cette législature", a-t-il précisé. "Tous les membres de ce gouvernement étaient déjà ministres ou secrétaires d'Etat avant ce week-end. Ils sont donc opérationnels immédiatement afin de poursuivre pour quelques mois la concrétisation de projets essentiels", a communiqué le Mouvement réformateur à l'issue de la réunion du Conseil. Pour le Conseil du MR, il est essentiel que ce gouvernement restreint soit concentré sur son travail jusqu'à la fin de la législature, afin de répondre aux préoccupations citoyennes. "Nous n'étions pas favorables à des élections anticipées car notre pays a besoin de stabilité", a ajouté Olivier Chastel dans un communiqué.Sur les plateaux de télévision dimanche, même si les accents variaient, les représentants socialistes, écologistes, du cdH et de DéFI se sont montrés clairs: si l'équipe Michel II va chercher la N-VA pour voter son budget, elle signifie qu'en fait elle poursuit la même politique qu'avant. Dans ce cas, les chances d'un soutien futur sont compromises. "Il serait logique que le Premier ministre demande la confiance", estime Groen, premier parti à s'exprimer de la sorte depuis l'annonce de la nouvelle équipe Michel II dimanche. Les écologistes flamands se demandent surtout comment la coalition orange-bleu précisera les trois grandes priorités qui animeront son action durant les prochains mois. En fonction des explications, il apparaîtra si Michel II dispose d'une confiance suffisante, a indiqué le chef de groupe Ecolo-Groen à la Chambre Kristof Calvo. Du côté d'Ecolo, on confirme que la confiance n'a pas été demandée au parlement jusqu'à présent, dans l'attente des explications que le Premier ministre viendra donner au parlement. "En ce qui nous concerne, il serait logique que le Premier ministre Charles Michel demande la confiance au parlement, dans un délai raisonnable. Le gouvernement doit, quelque part, apporter de la sérénité", juge le chef de groupe. Ce dernier se réjouit de voir le climat retenu parmi les priorités du gouvernement, ainsi que le pouvoir d'achat. "Mais nous souhaitons savoir ce qu'il compte faire précisément. La confiance pourra se mesurer à l'aune de ces précisions", juge-t-il.Quoi qu'il en soit, Michel II ne pourra être qu'un gouvernement "résiduaire", estime encore Kristof Calvo. Et comme le parlement est amené à endosser un rôle accru, il importe de baliser correctement la future coopération. "Nous n'avons pas l'intention de dépanner une politique gouvernementale qui n'est pas la nôtre mais si nous pouvons nous engager, nous le ferons volontiers", a-t-il répété. Le groupe PS à la Chambre persiste à vouloir obtenir du Premier ministre Charles Michel qu'il vienne solennellement en séance plénière de la Chambre fournir des clarifications sur ce qu'il compte faire avec le gouvernement fédéral, dès son retour de Marrakech. "Nous souhaitons savoir d'où il vient, où il en est, où il va".Le chef de groupe Ahmed Laaouej a demandé dimanche une réunion urgente de la conférence des présidents de la Chambre permettant d'organiser cette séance solennelle. La conférence des présidents se réunira mardi midi. Les socialistes s'interrogent sur ce qu'il s'est produit ce week-end après la démission des ministres N-VA et la nomination de ministres en remplacement. Y a-t-il un changement de gouvernement, une nouvelle déclaration, un nouveau programme ? "Le Premier ministre doit prendre ses responsabilités, en séance plénière de la Chambre, pas lors d'une nouvelle conférence de presse à la télévision. Il doit expliquer quel est le périmètre de son action, préciser quels sont encore ses éventuels liens avec la N-VA qui, après avoir dirigé le gouvernement, semble continuer à diriger le parlement et le pays". Si une motion de confiance devait être déposée, le groupe PS voterait contre. Il voterait en faveur d'une éventuelle motion de méfiance déposée par un parti démocratique."On aurait pu se réjouir du départ de la N-VA. Cela aurait pu marquer un frein dans la politique rétrograde menée par le gouvernement Michel-De Wever. Mais on assiste à un hold-up démocratique et social", a estimé lundi matin lors d'un point presse le président de la FGTB, Robert Vertenueil, au sujet de la nouvelle coalition fédérale. "Avec 52 sièges sur 150, qui ce gouvernement représente-t-il encore? "Robert Vertenueil s'inquiète notamment du fait que le gouvernement ne demande pas la confiance du parlement. "Ça nous donne surtout un ton qui nous inquiète, car cela veut dire que ce gouvernement va continuer à s'asseoir sur des éléments fondamentaux d'un fonctionnement démocratique. (...) Il va continuer dans la ligne qui était la sienne. On a tout de suite compris que les accointances avec la N-VA vont continuer." "Nous ne sommes pas dupes", a-t-il ajouté en faisant écho aux priorités énoncées par le Premier ministre Charles Michel dimanche, qu'il s'agisse de la sécurité sociale, du pouvoir d'achat ou encore du climat. "Ce sont des thèmes choisis en fonction de l'actualité." La FGTB "prend acte" et déplore par ailleurs la volonté du monde patronal "de ne plus jouer le jeu" de la concertation sociale, puisqu'il "s'autorise à négocier les conditions de travail et de rémunération pour les années à venir directement avec le gouvernement". "Ils sont en train d'essayer de troquer avec ce gouvernement le fait qu'on appliquerait quand même le 'job deal' mais en contrepartie, ils disent qu'on pourrait essayer de dégager une marge. Or, je rappelle que la négociation de la marge, elle est censée se faire avec les partenaires sociaux, pas entre le gouvernement et les patrons. (...) J'espère que ce n'est qu'un mauvais signal et qu'ils vont se reprendre." Les actions prévues vendredi prennent "d'autant plus de sens", poursuit le président du syndicat socialiste. "Il y a lieu de rétablir un semblant de démocratie dans ce pays. Nous allons mettre les patrons et les hommes politiques devant leurs responsabilités." Le syndicat prévient: il y aura des grèves en beaucoup d'endroits et de secteurs, avec des entreprises à l'arrêt. D'autres actions "plus originales" voire "plus ciblées" sont aussi prévues. La FGTB demande "très clairement" que le message sur la question du pouvoir d'achat soit entendu, et ne "se contentera pas de clopinettes pour nous endormir", assure Robert Vertenueil. "Nous voulons une marge salariale sérieuse, à la hauteur, et des résultats obtenus par les entreprises, et de l'augmentation de la productivité. C'est la seule manière de régler le problème." Le gouvernement doit aussi s'attaquer à une "véritable politique fiscale correcte, avec pour commencer une baisse de la TVA sur l'électricité et le mazout de chauffage". Enfin, la pension "doit être revalorisée avant d'imaginer toute autre" question à ce sujet, conclut-il. "Nous voulons un relèvement de l'âge légal à 65 ans, une revalorisation des pensions minimum avec 500 euros et la prise en compte sérieuse de la pénibilité." "On a un peu l'impression qu'on assiste à une grande farce, la farce des politiques", conclut Robert Vertenueil.