Le Premier ministre populiste a bâti sa fortune, la cinquième de la République tchèque, en tant que propriétaire de la holding tchèque Agrofert (agro-alimentaire, chimie, médias). M. Babis affirme qu'il a transféré la propriété de la holding à deux fonds fiduciaires en février 2017, lorsqu'il était ministre des Finances, pour se conformer à une loi anti-corruption taillée sur mesure à son intention et baptisée "Loi Babis". Mais des documents accessibles au public montrent qu'il est toujours le véritable propriétaire d'Agrofert. La Commission européenne est arrivée à la même conclusion dans son rapport d'audit publié vendredi, version actualisée d'un précédent texte rendu public en 2019. Selon la Commission, "M. Babis exerce actuellement une influence décisive sur les fonds fiduciaires" et "l'exercice impartial et objectif de ses fonctions a été compromis par son implication dans des décisions qui concernaient aussi le groupe Agrofert". Au Parlement européen, la plus grande famille politique réclame désormais d'activer le nouveau mécanisme conditionnant les fonds européens au respect de l'État de droit. "Les futurs décaissements de fonds doivent être interrompus", a indiqué le PPE dans un communiqué. "En ne prévenant pas et en ne sanctionnant pas les conflits d'intérêts du Premier ministre tchèque, la République tchèque ne respecte pas la législation de l'UE et la conditionnalité de la protection du budget de l'Union. La Commission doit déclencher le mécanisme dès maintenant", a affirmé Monika Hohlmeier, députée européenne et présidente de la commission du contrôle budgétaire du Parlement européen. Le PPE réclame en outre à Andrej Babis - dont le parti politique est inscrit dans la famille libérale Renew Europe - la restitution immédiate de plus de 6 millions d'euros "payés illégalement à Agrofert par les contribuables tchèques." Le mécanisme conditionnant les fonds européens au respect de l'État de droit est une nouveauté du budget pluriannuel de l'UE (2021-2027). La Pologne et la Hongrie, déjà dans le collimateur de la Commission européenne pour atteintes à l'État de droit, le contestent devant la Justice européenne. Les Vingt-sept s'étaient entendus à la fin de l'année dernière pour le mettre en application après que la Cour de Justice de l'UE se sera prononcée, mais le mécanisme est déjà entré en vigueur et le Parlement pousse pour y recourir. (Belga)

Le Premier ministre populiste a bâti sa fortune, la cinquième de la République tchèque, en tant que propriétaire de la holding tchèque Agrofert (agro-alimentaire, chimie, médias). M. Babis affirme qu'il a transféré la propriété de la holding à deux fonds fiduciaires en février 2017, lorsqu'il était ministre des Finances, pour se conformer à une loi anti-corruption taillée sur mesure à son intention et baptisée "Loi Babis". Mais des documents accessibles au public montrent qu'il est toujours le véritable propriétaire d'Agrofert. La Commission européenne est arrivée à la même conclusion dans son rapport d'audit publié vendredi, version actualisée d'un précédent texte rendu public en 2019. Selon la Commission, "M. Babis exerce actuellement une influence décisive sur les fonds fiduciaires" et "l'exercice impartial et objectif de ses fonctions a été compromis par son implication dans des décisions qui concernaient aussi le groupe Agrofert". Au Parlement européen, la plus grande famille politique réclame désormais d'activer le nouveau mécanisme conditionnant les fonds européens au respect de l'État de droit. "Les futurs décaissements de fonds doivent être interrompus", a indiqué le PPE dans un communiqué. "En ne prévenant pas et en ne sanctionnant pas les conflits d'intérêts du Premier ministre tchèque, la République tchèque ne respecte pas la législation de l'UE et la conditionnalité de la protection du budget de l'Union. La Commission doit déclencher le mécanisme dès maintenant", a affirmé Monika Hohlmeier, députée européenne et présidente de la commission du contrôle budgétaire du Parlement européen. Le PPE réclame en outre à Andrej Babis - dont le parti politique est inscrit dans la famille libérale Renew Europe - la restitution immédiate de plus de 6 millions d'euros "payés illégalement à Agrofert par les contribuables tchèques." Le mécanisme conditionnant les fonds européens au respect de l'État de droit est une nouveauté du budget pluriannuel de l'UE (2021-2027). La Pologne et la Hongrie, déjà dans le collimateur de la Commission européenne pour atteintes à l'État de droit, le contestent devant la Justice européenne. Les Vingt-sept s'étaient entendus à la fin de l'année dernière pour le mettre en application après que la Cour de Justice de l'UE se sera prononcée, mais le mécanisme est déjà entré en vigueur et le Parlement pousse pour y recourir. (Belga)