Des revendications transmises à la FEB, mais pas de "véritable négociation"

Des délégués syndicaux FGTB, CSC et CGSLB ont exposé dans une courte présentation d'une demi-heure leurs revendications à la Fédération des entreprises belges (FEB) à Bruxelles en début d'après-midi vendredi, après une action conjointe des trois syndicats devant le siège de l'institution patronale. "Il n'y a pas eu d'avancée significative, même si la FEB s'est montrée à l'écoute", a indiqué Michaël Dufrane, secrétaire permanent à la CGSLB Bruxelles, à l'issue de cette rencontre.

"Nous avons rappelé nos exigences en matière de pénibilité du travail, de pouvoir d'achat ainsi que nos ambitions pour le prochain accord inter-professionnel", a-t-il détaillé. Les représentants de la FEB "ont écouté attentivement mais n'ont pas mis de moyens en avant" pour répondre aux demandes des travailleurs, a précisé M. Dufrane.

"Parvenir à un accord est une nécessité, il faut montrer aux gens que la concertation sociale fonctionne", a-t-il conclu. De son côté, la FEB a confirmé avoir accueilli la délégation mais qu'il y avait pour le moment "peu de choses à commenter".

Belga
© Belga

La FGTB vandalise la façade du MR à Namur, de nouvelles actions envisagées en janvier

Des syndicalistes de la FGTB ont vandalisé vendredi matin la façade du siège du MR à Bouge (Namur). Thierry Bodson, le secrétaire général du syndicat en Wallonie, a également annoncé que de nouvelles actions devraient avoir lieu en janvier à l'issue d'un entretien avec David Clarinval, le chef de groupe MR à la Chambre.

C'est sur le coup de 11h15 vendredi qu'une dizaine de manifestants de la FGTB parmi les 200 à 300 présents ont vandalisé le bâtiment du MR à Bouge. Ils ont notamment jeté de l'eau colorée sur la façade pour représenter le bain de sang social et placardé des affiches sur les vitres. Sur l'une d'elles, on pouvait lire "Bienvenue à la FEB, ici on décide, au MR on exécute".

Après un entretien avec David Clarinval, M. Bodson s'est montré plus remonté que jamais. "Nous avons pu faire part de nos revendications et M. Clarinval a promis de les exposer au Premier ministre mais nous savons qu'il faudra encore agir pour obtenir de réelles avancées", a-t-il déclaré. "Nous avons d'ailleurs été très étonnés de constater que M. Clarinval n'avait pas conscience de la situation des travailleurs à temps partiel ou de la façon dont la majorité des employeurs se conduisent en ne signant que des contrats de 20 ou 24 heures."

Lors son discours devant les syndicalistes, le secrétaire général de la FGTB en Wallonie a également appelé à une nouvelle mobilisation en janvier. Une réunion rassemblant les leaders de la FGTB à l'échelle nationale est prévue en ce sens mercredi prochain en soirée et le syndicat avisera en fonction des négociations de mardi et mercredi après-midi.

"Si rien n'avance, si nous ne sommes pas écoutés, nous serons de retour la deuxième ou troisième semaine de janvier", a-t-il affirmé. "Le MR tente de se racheter une conduite et une virginité avec sa séparation de la N-VA mais nous n'oublierons pas ce qui s'est passé pendant quatre ans. Il faut absolument que ça change rapidement ou en tout cas aux prochaines élections."

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La FGTB et les autres syndicats réclament une réelle marge de négociation pour une augmentation salariale en 2019 et 2020, un accord interprofessionnel prévoyant une réelle augmentation pour tous les travailleurs ainsi qu'une augmentation du salaire minimum à 14 euros/heure ou 2.300 euros/mois. Ils demandent également le retour de l'âge légal de la pension à 65 ans avec un minimum de 1.500 euros par mois. Enfin, ils appellent à des régimes de prépension et de fin de carrière accessibles avec le maintien des conditions actuelles et la prise en compte de la pénibilité du travail.

La façade du siège de la FEB aspergée de peinture par les syndicats

La rue Ravenstein à Bruxelles était verte et rouge de monde vendredi matin dès 10h30, devant le siège de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB). Au rythme de Daft Punk puis des tambours, un millier de manifestants, d'après une première estimation sur place de la police, se sont réunis dans la bonne humeur, avant d'asperger la façade du bâtiment de la FEB de peinture rouge.

"Devenir des zombies au travail, voilà notre perspective", a déclaré un représentant CGSLB. "La pénibilité est réelle, au lieu de le reconnaître les employeurs tirent sur la corde." Les revendications concernant le pouvoir d'achat, la pension à 65 ans, le crédit-temps à 55 ans et la prépension à 60 ans ont ensuite été soumises à l'applaudimètre. "On est fâché!", a résumé la déléguée FGTB Bruxelles Estelle Ceulemans. "Pour beaucoup de travailleurs, les fins de mois ne sont pas difficiles, elles sont tout simplement impossibles", a-t-elle martelé.

Dans la foule, les manifestants brandissaient des banderoles réclamant "une fin de carrière décente" ou dénonçant les inégalités sociales en lettres rouges et noires: "Pour les riches, le paradis fiscal, pour nous l'enfer social".

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L'action devant le siège du patronat, organisée en front commun par la CSC, la CGSLB et la FGTB, se veut le point d'orgue d'une matinée de grèves à travers tout le pays. Les syndicats dénoncent la "déresponsabilisation" des patrons et les politiques "anti-sociales" du gouvernement.

Une centaine de militants du SETCa devant l'hôpital Saint-Joseph à Mons

Le mouvement lancé par le SETCa Mons-Borinage a vu une centaine de militants, vendredi en fin de matinée, manifester devant l'hôpital Saint-Joseph à Mons. Certains étaient grimés et vieillis pour mettre l'accent sur la pénibilité de leur travail et l'accès à la pension à 67 ans, un âge jugé trop avancé par les syndicats.

"Certains des militants étaient vieillis par grimage pour symboliser, notamment, leur fin de carrière", a indiqué Patrick Salvi, du SETCa. "Le personnel de la santé est confronté à des horaires difficiles, des prestations de week-end, de nuit, auxquelles s'ajoute une charge émotionnelle". La perte de pouvoir d'achat était également au centre des revendications des travailleurs de la santé à Mons.

Les collectes de déchets perturbées à des degrés divers en Wallonie et à Bruxelles

Les collectes de déchets sont perturbées à des degrés divers en Wallonie et à Bruxelles. Plusieurs secteurs sont touchés ce vendredi par des mouvements de grève et des actions syndicales contre la réforme des pensions du gouvernement fédéral et les problèmes de pouvoir d'achat.

A Bruxelles, "les collectes sont en grande partie assurées, mais tôt ce matin un piquet de grève a empêché l'accès des camions au centre de valorisation énergétique", indique le porte-parole de Bruxelles Propreté, Etienne Cornesse. Le piquet a été levé vers 10h00. "Les équipes sont à présent en mesure de continuer leurs tournées des sacs blancs et jaunes", ajoute-t-il. "Des rattrapages seront organisés progressivement dès cet après-midi, en fonction de nos capacités opérationnelles".

Les collectes des sacs verts et orange ne devraient pas être perturbées. Tous les parcs à conteneurs (Recyparcs) sont par ailleurs ouverts.

La région liégeoise connaît un problème similaire, "le service de collecte est assuré normalement, mais le centre de traitement des déchets est fermé, les camions ne pourront donc pas décharger leur contenu", affirme le porte-parole d'Intradel, Jean-Jacques De Paoli. Les prochaines collectes seront reportées aux dates suivantes.

Dans la région du centre, "95% de la collecte en porte-à-porte est assurée. Seule une camionnette chargée de récolter les déchets dans les petites rues et impasses des communes d'Hensies, Boussu et Honnelles n'a pas pris le service. Un rattrapage est prévu samedi", détaille-t-on chez Hygea.

A Charleroi, les agents de l'intercommunale Tibi mèneront une "opération escargot" vers 11h00 dans le centre-ville. Les collectes qui ne seront pas terminées seront annulées ou reportées. Seuls quatre Recyparcs sont par ailleurs ouverts au public. Il s'agit de Charleroi I (Couillet 1), Charleroi II (Ransart), Charleroi III (Couillet 2) et Montigny-le-Tilleul.

A Namur, la collecte de déchets est assurée normalement. En revanche, 16 Recyparcs sur 33 sont fermés.

Dans le Brabant wallon, la plupart des Recyparcs sont fermés. D'après l'intercommunale inBW, certaines collectes de déchets en porte-à-porte seront postposées.

600 marcheurs pour la solidarité à Louvain, des entreprises brabançonnes perturbées

La journée nationale d'actions syndicales, à l'appel des syndicats socialiste, libéral et chrétien, perturbe vendredi les services publics de la ville d'Anvers, tandis qu'une marche a rassemblé environ 600 manifestants à Louvain et que des actions bloquent des entreprises du côté de Gand et dans le Brabant flamand, entre autres. Le besoin d'un pouvoir d'achat renforcé et les craintes quant aux pensions et fins de carrière sont sur toutes les lèvres, également au nord du pays.

A l'initiative du syndicat socialiste (ABVV-FGTB), 600 personnes ont marché à travers la ville de Louvain, dans le Brabant flamand, pour appeler à une société solidaire avec davantage de pouvoir d'achat, du travail faisable, de l'investissement dans les services publics et des pensions honnêtes. "Nous voulons une société dans laquelle les gens prennent soin des autres et où la pauvreté n'a plus sa place", résume le secrétaire provincial pour le Brabant flamand Steven Marchand. Différentes associations s'étaient jointes à la manifestation, qui ne concernaient donc pas seulement des militants syndicaux.

Dans le Brabant flamand plus largement, des entreprises ont été bloquées par des actions de grogne plus locales. Ce sont surtout dans les grosses sociétés des secteurs alimentaire, métal et transport que l'appel des syndicats a été entendu. Sur les sites d'AB Inbev à Louvain et Hoegaarden, et d'Haacht à Boortmeerbeek, des travailleurs ont ainsi décidé de se croiser les bras, selon Bert Verhoogen de la centrale ABVV dédiée à l'alimentation et l'horeca. Chez JAVA Foodservice à Rotselaar c'est également le cas, mais, à la fureur des grévistes, l'employeur a mis en service des intérimaires pour pallier l'absence de ses travailleurs. Par ailleurs, une partie de la chaîne de production de Danone, sur la même commune, est à l'arrêt, et des divisions du dépôt de Colruyt à Hal et de Kellogg's à Zaventem ne fonctionnent pas. A la Raffinerie Tirlemontoise, on n'est pas sûr de pouvoir assurer vendredi l'emballage des produits, toujours selon les explications de Bert Verhoogen.

A Anvers, la métropole du nord, la ville indique que le ramassage des déchets et le fonctionnement des parcs à conteneurs, tous fermés comme annoncé, sont perturbés vendredi, tandis qu'une école primaire sur quatre, parmi celles qui dépendent de la ville, est fermée. Une bibliothèque de Deurne est elle aussi restée portes closes dans le cadre des actions syndicales, tout comme certains musées de la ville.

Dans le Limbourg, à Genk, une soixantaine de personnes rassemblées par le BBTK (SETCa) à partir de 10h00 ont marché à travers le centre et vers la maison communale, distribuant des pamphlets pour sensibiliser le grand public. "Nous avons parlé avec le bourgmestre Wim Dries, qui confirme que lui-même rencontre chaque jour des personnes qui ont du mal à joindre les deux bouts", précise Carine Meuwis, présidente du BBTK Limbourg. "Les prix augmentent constamment, mais les salaires n'augmentent pas suffisamment. La charge de travail et la flexibilité exercent une pression grandissante. (...) Nous voulons pousser les employeurs et les secteurs à partager les bénéfices. Ils ont déjà reçu beaucoup de cadeaux du gouvernement", indique-t-elle. Pour réclamer davantage de pouvoir d'achat, des actions supplémentaires à l'avenir sont possibles, des "actions plus dures ainsi que d'autres grèves".

A Gand, des actions sur la voie publique avaient été organisées en matinée et se clôturaient petit à petit en milieu de journée, après avoir entrainé des heures d'embarras de circulation. Un rassemblement final a eu lieu aux alentours de midi sur le Meulestedebrug, qui a ensuite été dégagé. Les blocages d'entreprises devraient en revanche se poursuivre toute la journée, vu que l'appel à la grève valait pour 24 heures. Angeline Van Den Rijse, de l'ABVV (FGTB), se dit satisfaite des actions: "Il y a eu des piquets de grève dans 90 entreprises en Flandre orientale et une quarantaine de sociétés ont vu leur production fortement perturbée", énumère-t-elle. Le but principal était pourtant d'"informer", selon les mots de Sylvia Van Goethem, du syndicat libéral, face aux militants sur le Meulestedebrug. "Il s'agissait de pointer divers problèmes: que les possibilités de se mettre en prépension ou pension sont constamment réduites, que les gens vivent dans l'insécurité, que le travail faisable reste une boîte vide", lance-t-elle.

Sebbe Vandeputte, de l'ACV (CSC), explique pourquoi les actions décentralisées dans différentes entreprises ont été privilégiées pour cette journée: "Ce sont les employeurs qui ont fait capoter le règlement des métiers pénibles. Dans de nombreuses usines, mais aussi dans le secteur des soins, les gens ne peuvent plus supporter leur travail. En ce qui concerne le pouvoir d'achat, nous regardons aussi en premier lieu du côté des chefs d'entreprises. La productivité dans les entreprises ne cesse d'augmenter, mais le pouvoir d'achat recule. Il y a un partage non-équitable de la galette".

A Louvain, dans la "warmste manif" ("la manifestation la plus chaude"), le secrétaire provincial ABVV Steven Marchand a tenu un véritable plaidoyer pour la sécurité "sociale". "Les gens s'inquiètent beaucoup de la sécurité, entre autres parce qu'ils y sont poussés par un gouvernement qui sème la peur. Mais les citoyens ne peuvent se sentir en sécurité qu'en sachant qu'ils s'en sortiront en fin de mois et que leurs enfants iront dans les meilleurs écoles ou dans un bon service d'accueil. Les gens se sentent davantage en sécurité s'ils savent qu'en cas de maladie ou d'accident ils recevront les meilleurs soins, même s'ils n'ont pas beaucoup d'argent. Et s'ils savent que dans leur vieillesse ils pourront payer leur maison de retraire. Tout cela, ce n'est pas une simple sécurité, mais une sécurité sociale", a-t-il lancé.

Brussels Airlines peu perturbée

La compagnie aérienne Brussels Airlines n'a été que peu perturbée par les actions syndicales de vendredi, ayant notamment placé son propre personnel pour pallier aux absences du côté du bagagiste Swissport, indique une porte-parole.

Plus tôt dans la semaine, la compagnie avait déjà décidé d'annuler préventivement 11 vols prévus ce vendredi. "Nous n'avons pas dû en annuler d'autres", indique Maaike Andries.

Plus de 14.000 travailleurs du métal en grève ou empêchés de travailler, selon Agoria

Vendredi, journée d'actions syndicales à travers tout le pays contre la réforme des pensions et pour le pouvoir d'achat et la prise en compte de la pénibilité des métiers, un total de 14.407 travailleurs du secteur du métal ne se sont pas présentés à leur poste, selon la fédération de l'industrie technologique Agoria. Cela représente, toujours selon l'organisation, un travailleur sur 10 dans ce secteur. Tous n'étaient pas grévistes: certains ont été bloqués et n'ont pas été en mesure de rejoindre leur lieu de travail.

La fédération indique regretter l'action, son CEO Marc Lambotte estimant qu'"à nouveau on porte préjudice à nos entreprises, aussi bien de manière directe par la perte en production (34 sociétés du métal sont quasi complètement à l'arrêt vendredi selon Agoria, NDLR) que de manière indirecte via les dommages causés à l'image de la société concernée et du monde de l'entreprise en général".

Selon le patron de la fédération Agoria, les syndicats ont tort de s'en prendre aux entreprises "sur des choix principalement politiques que les entreprises n'ont pas elles-mêmes en main".

Du côté de la CSC-Metea, on indique vendredi qu'il est quasi impossible de connaitre le nombre de grévistes, mais que le mouvement, avec des appels à la grève dans certaines régionales, a été "très bien suivi", selon Gabriel Smal, secrétaire général. "Mais il n'y avait pas que des piquets de grève, il y avait aussi des actions sectorielles en-dehors des entreprises, à Bruxelles, Charleroi,...", indique-t-il. "On voit qu'il y a une grande volonté des travailleurs de se faire entendre, et une vraie rage contre les mesures de fin de carrière que vise le gouvernement fédéral". L'échec des négociations sur les métiers pénibles reste clairement en travers des gorges dans le secteur métallurgique, où l'on espère des "critères corrects", selon les mots de Gabriel Smal.

S'il a été décidé de se tourner vers les entreprises, ce que regrette spécifiquement Agoria, c'est parce que les travailleurs "espèrent que les employeurs relayeront leurs inquiétudes au niveau des fédérations patronales", justifie le syndicaliste. Ces employeurs ont parfois "tendance à s'accommoder de certaines mesures" que la FEB dicte au gouvernement, selon le message de Gabriel Smal.

La CSC se dit satisfaite de son entretien avec l'UCM à Namur

Entre 100 et 150 syndicalistes, selon les organisateurs, se sont rassemblés vendredi devant le siège de l'Union des Classes Moyennes (UCM) vendredi à Wierde (Namur). Une délégation de la CSC y a été reçue par le président de la fédération patronale, Pierre-Frédéric Nyst, et s'est dite satisfaite du dialogue amorcé. Cette action s'inscrivait dans le cadre de la journée nationale de protestation organisée en front commun par la FGTB, la CSC et la CGSLB.

"L'UCM est représentée au Groupe de 10 et au Conseil national du travail donc c'est un interlocuteur important", a expliqué Isabelle Meerhaeghe, secrétaire fédérale de la CSC Namur-Dinant. "C'est d'autant plus vrai que les petites et moyennes entreprises sont particulièrement touchées par la mauvaise politique en matière d'emploi".

"La réunion a été constructive et nous avons senti une réelle écoute", a-t-elle ajouté. "Maintenant, il faut poursuivre notre échange pour dégager du concret."

Il a notamment été question du régime de crédit-temps en fin de carrière. "Les patrons sont ouverts mais le problème est que dans les petites entreprises il est très difficile de remplacer quelqu'un qui bénéficie de ce régime par un autre collaborateur", a expliqué M. Meerhaehge. "Il faut maintenant que nous trouvions une solution."

"Il en va de même pour la reconnaissance des métiers pénibles, a-t-elle ajouté. "L'UCM veut bien appuyer notre demande pour l'établissement de critères mais il faut qu'ils soient clairs et objectifs".

M. Nyst s'est aussi accordé avec la délégation de la CSC pour dire que certains travailleurs avaient des salaires trop bas pour vivre décemment. Les patrons des TPE et PME affiliées à l'UCM devraient donc se positionner pour leur augmentation.

Le président de la fédération patronale s'est en revanche abstenu de se prononcer quant à la demande d'une augmentation salariale de 1,5% demandée par la CSC dans le cadre de l'accord interprofessionnel. Il a également fait de même concernant le passage de l'âge légal de la pension de 67 à 65 ans, estimant qu'il n'avait pas assez de données.

La FGTB vandalise la façade du MR à Namur, de nouvelles actions envisagées en janvier

Des syndicalistes de la FGTB ont vandalisé vendredi matin la façade du siège du MR à Bouge (Namur). Thierry Bodson, le secrétaire général du syndicat en Wallonie, a également annoncé que de nouvelles actions devraient avoir lieu en janvier à l'issue d'un entretien avec David Clarinval, le chef de groupe MR à la Chambre.

C'est sur le coup de 11h15 vendredi qu'une dizaine de manifestants de la FGTB parmi les 200 à 300 présents ont vandalisé le bâtiment du MR à Bouge. Ils ont notamment jeté de l'eau colorée sur la façade pour représenter le bain de sang social et placardé des affiches sur les vitres. Sur l'une d'elles, on pouvait lire "Bienvenue à la FEB, ici on décide, au MR on exécute".

Après un entretien avec David Clarinval, M. Bodson s'est montré plus remonté que jamais. "Nous avons pu faire part de nos revendications et M. Clarinval a promis de les exposer au Premier ministre mais nous savons qu'il faudra encore agir pour obtenir de réelles avancées", a-t-il déclaré. "Nous avons d'ailleurs été très étonnés de constater que M. Clarinval n'avait pas conscience de la situation des travailleurs à temps partiel ou de la façon dont la majorité des employeurs se conduisent en ne signant que des contrats de 20 ou 24 heures."

Lors son discours devant les syndicalistes, le secrétaire général de la FGTB en Wallonie a également appelé à une nouvelle mobilisation en janvier. Une réunion rassemblant les leaders de la FGTB à l'échelle nationale est prévue en ce sens mercredi prochain en soirée et le syndicat avisera en fonction des négociations de mardi et mercredi après-midi.

"Si rien n'avance, si nous ne sommes pas écoutés, nous serons de retour la deuxième ou troisième semaine de janvier", a-t-il affirmé. "Le MR tente de se racheter une conduite et une virginité avec sa séparation de la N-VA mais nous n'oublierons pas ce qui s'est passé pendant quatre ans. Il faut absolument que ça change rapidement ou en tout cas aux prochaines élections."

La FGTB et les autres syndicats réclament une réelle marge de négociation pour une augmentation salariale en 2019 et 2020, un accord interprofessionnel prévoyant une réelle augmentation pour tous les travailleurs ainsi qu'une augmentation du salaire minimum à 14 euros/heure ou 2.300 euros/mois. Ils demandent également le retour de l'âge légal de la pension à 65 ans avec un minimum de 1.500 euros par mois. Enfin, ils appellent à des régimes de prépension et de fin de carrière accessibles avec le maintien des conditions actuelles et la prise en compte de la pénibilité du travail.

Des délégués syndicaux FGTB, CSC et CGSLB ont exposé dans une courte présentation d'une demi-heure leurs revendications à la Fédération des entreprises belges (FEB) à Bruxelles en début d'après-midi vendredi, après une action conjointe des trois syndicats devant le siège de l'institution patronale. "Il n'y a pas eu d'avancée significative, même si la FEB s'est montrée à l'écoute", a indiqué Michaël Dufrane, secrétaire permanent à la CGSLB Bruxelles, à l'issue de cette rencontre."Nous avons rappelé nos exigences en matière de pénibilité du travail, de pouvoir d'achat ainsi que nos ambitions pour le prochain accord inter-professionnel", a-t-il détaillé. Les représentants de la FEB "ont écouté attentivement mais n'ont pas mis de moyens en avant" pour répondre aux demandes des travailleurs, a précisé M. Dufrane."Parvenir à un accord est une nécessité, il faut montrer aux gens que la concertation sociale fonctionne", a-t-il conclu. De son côté, la FEB a confirmé avoir accueilli la délégation mais qu'il y avait pour le moment "peu de choses à commenter". Des syndicalistes de la FGTB ont vandalisé vendredi matin la façade du siège du MR à Bouge (Namur). Thierry Bodson, le secrétaire général du syndicat en Wallonie, a également annoncé que de nouvelles actions devraient avoir lieu en janvier à l'issue d'un entretien avec David Clarinval, le chef de groupe MR à la Chambre.C'est sur le coup de 11h15 vendredi qu'une dizaine de manifestants de la FGTB parmi les 200 à 300 présents ont vandalisé le bâtiment du MR à Bouge. Ils ont notamment jeté de l'eau colorée sur la façade pour représenter le bain de sang social et placardé des affiches sur les vitres. Sur l'une d'elles, on pouvait lire "Bienvenue à la FEB, ici on décide, au MR on exécute". Après un entretien avec David Clarinval, M. Bodson s'est montré plus remonté que jamais. "Nous avons pu faire part de nos revendications et M. Clarinval a promis de les exposer au Premier ministre mais nous savons qu'il faudra encore agir pour obtenir de réelles avancées", a-t-il déclaré. "Nous avons d'ailleurs été très étonnés de constater que M. Clarinval n'avait pas conscience de la situation des travailleurs à temps partiel ou de la façon dont la majorité des employeurs se conduisent en ne signant que des contrats de 20 ou 24 heures." Lors son discours devant les syndicalistes, le secrétaire général de la FGTB en Wallonie a également appelé à une nouvelle mobilisation en janvier. Une réunion rassemblant les leaders de la FGTB à l'échelle nationale est prévue en ce sens mercredi prochain en soirée et le syndicat avisera en fonction des négociations de mardi et mercredi après-midi. "Si rien n'avance, si nous ne sommes pas écoutés, nous serons de retour la deuxième ou troisième semaine de janvier", a-t-il affirmé. "Le MR tente de se racheter une conduite et une virginité avec sa séparation de la N-VA mais nous n'oublierons pas ce qui s'est passé pendant quatre ans. Il faut absolument que ça change rapidement ou en tout cas aux prochaines élections." La FGTB et les autres syndicats réclament une réelle marge de négociation pour une augmentation salariale en 2019 et 2020, un accord interprofessionnel prévoyant une réelle augmentation pour tous les travailleurs ainsi qu'une augmentation du salaire minimum à 14 euros/heure ou 2.300 euros/mois. Ils demandent également le retour de l'âge légal de la pension à 65 ans avec un minimum de 1.500 euros par mois. Enfin, ils appellent à des régimes de prépension et de fin de carrière accessibles avec le maintien des conditions actuelles et la prise en compte de la pénibilité du travail.La rue Ravenstein à Bruxelles était verte et rouge de monde vendredi matin dès 10h30, devant le siège de la Fédération des entreprises de Belgique (FEB). Au rythme de Daft Punk puis des tambours, un millier de manifestants, d'après une première estimation sur place de la police, se sont réunis dans la bonne humeur, avant d'asperger la façade du bâtiment de la FEB de peinture rouge."Devenir des zombies au travail, voilà notre perspective", a déclaré un représentant CGSLB. "La pénibilité est réelle, au lieu de le reconnaître les employeurs tirent sur la corde." Les revendications concernant le pouvoir d'achat, la pension à 65 ans, le crédit-temps à 55 ans et la prépension à 60 ans ont ensuite été soumises à l'applaudimètre. "On est fâché!", a résumé la déléguée FGTB Bruxelles Estelle Ceulemans. "Pour beaucoup de travailleurs, les fins de mois ne sont pas difficiles, elles sont tout simplement impossibles", a-t-elle martelé.Dans la foule, les manifestants brandissaient des banderoles réclamant "une fin de carrière décente" ou dénonçant les inégalités sociales en lettres rouges et noires: "Pour les riches, le paradis fiscal, pour nous l'enfer social".L'action devant le siège du patronat, organisée en front commun par la CSC, la CGSLB et la FGTB, se veut le point d'orgue d'une matinée de grèves à travers tout le pays. Les syndicats dénoncent la "déresponsabilisation" des patrons et les politiques "anti-sociales" du gouvernement. Le mouvement lancé par le SETCa Mons-Borinage a vu une centaine de militants, vendredi en fin de matinée, manifester devant l'hôpital Saint-Joseph à Mons. Certains étaient grimés et vieillis pour mettre l'accent sur la pénibilité de leur travail et l'accès à la pension à 67 ans, un âge jugé trop avancé par les syndicats. "Certains des militants étaient vieillis par grimage pour symboliser, notamment, leur fin de carrière", a indiqué Patrick Salvi, du SETCa. "Le personnel de la santé est confronté à des horaires difficiles, des prestations de week-end, de nuit, auxquelles s'ajoute une charge émotionnelle". La perte de pouvoir d'achat était également au centre des revendications des travailleurs de la santé à Mons.Les collectes de déchets sont perturbées à des degrés divers en Wallonie et à Bruxelles. Plusieurs secteurs sont touchés ce vendredi par des mouvements de grève et des actions syndicales contre la réforme des pensions du gouvernement fédéral et les problèmes de pouvoir d'achat.A Bruxelles, "les collectes sont en grande partie assurées, mais tôt ce matin un piquet de grève a empêché l'accès des camions au centre de valorisation énergétique", indique le porte-parole de Bruxelles Propreté, Etienne Cornesse. Le piquet a été levé vers 10h00. "Les équipes sont à présent en mesure de continuer leurs tournées des sacs blancs et jaunes", ajoute-t-il. "Des rattrapages seront organisés progressivement dès cet après-midi, en fonction de nos capacités opérationnelles". Les collectes des sacs verts et orange ne devraient pas être perturbées. Tous les parcs à conteneurs (Recyparcs) sont par ailleurs ouverts. La région liégeoise connaît un problème similaire, "le service de collecte est assuré normalement, mais le centre de traitement des déchets est fermé, les camions ne pourront donc pas décharger leur contenu", affirme le porte-parole d'Intradel, Jean-Jacques De Paoli. Les prochaines collectes seront reportées aux dates suivantes. Dans la région du centre, "95% de la collecte en porte-à-porte est assurée. Seule une camionnette chargée de récolter les déchets dans les petites rues et impasses des communes d'Hensies, Boussu et Honnelles n'a pas pris le service. Un rattrapage est prévu samedi", détaille-t-on chez Hygea. A Charleroi, les agents de l'intercommunale Tibi mèneront une "opération escargot" vers 11h00 dans le centre-ville. Les collectes qui ne seront pas terminées seront annulées ou reportées. Seuls quatre Recyparcs sont par ailleurs ouverts au public. Il s'agit de Charleroi I (Couillet 1), Charleroi II (Ransart), Charleroi III (Couillet 2) et Montigny-le-Tilleul. A Namur, la collecte de déchets est assurée normalement. En revanche, 16 Recyparcs sur 33 sont fermés. Dans le Brabant wallon, la plupart des Recyparcs sont fermés. D'après l'intercommunale inBW, certaines collectes de déchets en porte-à-porte seront postposées.La journée nationale d'actions syndicales, à l'appel des syndicats socialiste, libéral et chrétien, perturbe vendredi les services publics de la ville d'Anvers, tandis qu'une marche a rassemblé environ 600 manifestants à Louvain et que des actions bloquent des entreprises du côté de Gand et dans le Brabant flamand, entre autres. Le besoin d'un pouvoir d'achat renforcé et les craintes quant aux pensions et fins de carrière sont sur toutes les lèvres, également au nord du pays.A l'initiative du syndicat socialiste (ABVV-FGTB), 600 personnes ont marché à travers la ville de Louvain, dans le Brabant flamand, pour appeler à une société solidaire avec davantage de pouvoir d'achat, du travail faisable, de l'investissement dans les services publics et des pensions honnêtes. "Nous voulons une société dans laquelle les gens prennent soin des autres et où la pauvreté n'a plus sa place", résume le secrétaire provincial pour le Brabant flamand Steven Marchand. Différentes associations s'étaient jointes à la manifestation, qui ne concernaient donc pas seulement des militants syndicaux.Dans le Brabant flamand plus largement, des entreprises ont été bloquées par des actions de grogne plus locales. Ce sont surtout dans les grosses sociétés des secteurs alimentaire, métal et transport que l'appel des syndicats a été entendu. Sur les sites d'AB Inbev à Louvain et Hoegaarden, et d'Haacht à Boortmeerbeek, des travailleurs ont ainsi décidé de se croiser les bras, selon Bert Verhoogen de la centrale ABVV dédiée à l'alimentation et l'horeca. Chez JAVA Foodservice à Rotselaar c'est également le cas, mais, à la fureur des grévistes, l'employeur a mis en service des intérimaires pour pallier l'absence de ses travailleurs. Par ailleurs, une partie de la chaîne de production de Danone, sur la même commune, est à l'arrêt, et des divisions du dépôt de Colruyt à Hal et de Kellogg's à Zaventem ne fonctionnent pas. A la Raffinerie Tirlemontoise, on n'est pas sûr de pouvoir assurer vendredi l'emballage des produits, toujours selon les explications de Bert Verhoogen. A Anvers, la métropole du nord, la ville indique que le ramassage des déchets et le fonctionnement des parcs à conteneurs, tous fermés comme annoncé, sont perturbés vendredi, tandis qu'une école primaire sur quatre, parmi celles qui dépendent de la ville, est fermée. Une bibliothèque de Deurne est elle aussi restée portes closes dans le cadre des actions syndicales, tout comme certains musées de la ville. Dans le Limbourg, à Genk, une soixantaine de personnes rassemblées par le BBTK (SETCa) à partir de 10h00 ont marché à travers le centre et vers la maison communale, distribuant des pamphlets pour sensibiliser le grand public. "Nous avons parlé avec le bourgmestre Wim Dries, qui confirme que lui-même rencontre chaque jour des personnes qui ont du mal à joindre les deux bouts", précise Carine Meuwis, présidente du BBTK Limbourg. "Les prix augmentent constamment, mais les salaires n'augmentent pas suffisamment. La charge de travail et la flexibilité exercent une pression grandissante. (...) Nous voulons pousser les employeurs et les secteurs à partager les bénéfices. Ils ont déjà reçu beaucoup de cadeaux du gouvernement", indique-t-elle. Pour réclamer davantage de pouvoir d'achat, des actions supplémentaires à l'avenir sont possibles, des "actions plus dures ainsi que d'autres grèves". A Gand, des actions sur la voie publique avaient été organisées en matinée et se clôturaient petit à petit en milieu de journée, après avoir entrainé des heures d'embarras de circulation. Un rassemblement final a eu lieu aux alentours de midi sur le Meulestedebrug, qui a ensuite été dégagé. Les blocages d'entreprises devraient en revanche se poursuivre toute la journée, vu que l'appel à la grève valait pour 24 heures. Angeline Van Den Rijse, de l'ABVV (FGTB), se dit satisfaite des actions: "Il y a eu des piquets de grève dans 90 entreprises en Flandre orientale et une quarantaine de sociétés ont vu leur production fortement perturbée", énumère-t-elle. Le but principal était pourtant d'"informer", selon les mots de Sylvia Van Goethem, du syndicat libéral, face aux militants sur le Meulestedebrug. "Il s'agissait de pointer divers problèmes: que les possibilités de se mettre en prépension ou pension sont constamment réduites, que les gens vivent dans l'insécurité, que le travail faisable reste une boîte vide", lance-t-elle. Sebbe Vandeputte, de l'ACV (CSC), explique pourquoi les actions décentralisées dans différentes entreprises ont été privilégiées pour cette journée: "Ce sont les employeurs qui ont fait capoter le règlement des métiers pénibles. Dans de nombreuses usines, mais aussi dans le secteur des soins, les gens ne peuvent plus supporter leur travail. En ce qui concerne le pouvoir d'achat, nous regardons aussi en premier lieu du côté des chefs d'entreprises. La productivité dans les entreprises ne cesse d'augmenter, mais le pouvoir d'achat recule. Il y a un partage non-équitable de la galette". A Louvain, dans la "warmste manif" ("la manifestation la plus chaude"), le secrétaire provincial ABVV Steven Marchand a tenu un véritable plaidoyer pour la sécurité "sociale". "Les gens s'inquiètent beaucoup de la sécurité, entre autres parce qu'ils y sont poussés par un gouvernement qui sème la peur. Mais les citoyens ne peuvent se sentir en sécurité qu'en sachant qu'ils s'en sortiront en fin de mois et que leurs enfants iront dans les meilleurs écoles ou dans un bon service d'accueil. Les gens se sentent davantage en sécurité s'ils savent qu'en cas de maladie ou d'accident ils recevront les meilleurs soins, même s'ils n'ont pas beaucoup d'argent. Et s'ils savent que dans leur vieillesse ils pourront payer leur maison de retraire. Tout cela, ce n'est pas une simple sécurité, mais une sécurité sociale", a-t-il lancé.La compagnie aérienne Brussels Airlines n'a été que peu perturbée par les actions syndicales de vendredi, ayant notamment placé son propre personnel pour pallier aux absences du côté du bagagiste Swissport, indique une porte-parole. Plus tôt dans la semaine, la compagnie avait déjà décidé d'annuler préventivement 11 vols prévus ce vendredi. "Nous n'avons pas dû en annuler d'autres", indique Maaike Andries.Vendredi, journée d'actions syndicales à travers tout le pays contre la réforme des pensions et pour le pouvoir d'achat et la prise en compte de la pénibilité des métiers, un total de 14.407 travailleurs du secteur du métal ne se sont pas présentés à leur poste, selon la fédération de l'industrie technologique Agoria. Cela représente, toujours selon l'organisation, un travailleur sur 10 dans ce secteur. Tous n'étaient pas grévistes: certains ont été bloqués et n'ont pas été en mesure de rejoindre leur lieu de travail.La fédération indique regretter l'action, son CEO Marc Lambotte estimant qu'"à nouveau on porte préjudice à nos entreprises, aussi bien de manière directe par la perte en production (34 sociétés du métal sont quasi complètement à l'arrêt vendredi selon Agoria, NDLR) que de manière indirecte via les dommages causés à l'image de la société concernée et du monde de l'entreprise en général". Selon le patron de la fédération Agoria, les syndicats ont tort de s'en prendre aux entreprises "sur des choix principalement politiques que les entreprises n'ont pas elles-mêmes en main". Du côté de la CSC-Metea, on indique vendredi qu'il est quasi impossible de connaitre le nombre de grévistes, mais que le mouvement, avec des appels à la grève dans certaines régionales, a été "très bien suivi", selon Gabriel Smal, secrétaire général. "Mais il n'y avait pas que des piquets de grève, il y avait aussi des actions sectorielles en-dehors des entreprises, à Bruxelles, Charleroi,...", indique-t-il. "On voit qu'il y a une grande volonté des travailleurs de se faire entendre, et une vraie rage contre les mesures de fin de carrière que vise le gouvernement fédéral". L'échec des négociations sur les métiers pénibles reste clairement en travers des gorges dans le secteur métallurgique, où l'on espère des "critères corrects", selon les mots de Gabriel Smal. S'il a été décidé de se tourner vers les entreprises, ce que regrette spécifiquement Agoria, c'est parce que les travailleurs "espèrent que les employeurs relayeront leurs inquiétudes au niveau des fédérations patronales", justifie le syndicaliste. Ces employeurs ont parfois "tendance à s'accommoder de certaines mesures" que la FEB dicte au gouvernement, selon le message de Gabriel Smal. Entre 100 et 150 syndicalistes, selon les organisateurs, se sont rassemblés vendredi devant le siège de l'Union des Classes Moyennes (UCM) vendredi à Wierde (Namur). Une délégation de la CSC y a été reçue par le président de la fédération patronale, Pierre-Frédéric Nyst, et s'est dite satisfaite du dialogue amorcé. Cette action s'inscrivait dans le cadre de la journée nationale de protestation organisée en front commun par la FGTB, la CSC et la CGSLB."L'UCM est représentée au Groupe de 10 et au Conseil national du travail donc c'est un interlocuteur important", a expliqué Isabelle Meerhaeghe, secrétaire fédérale de la CSC Namur-Dinant. "C'est d'autant plus vrai que les petites et moyennes entreprises sont particulièrement touchées par la mauvaise politique en matière d'emploi". "La réunion a été constructive et nous avons senti une réelle écoute", a-t-elle ajouté. "Maintenant, il faut poursuivre notre échange pour dégager du concret." Il a notamment été question du régime de crédit-temps en fin de carrière. "Les patrons sont ouverts mais le problème est que dans les petites entreprises il est très difficile de remplacer quelqu'un qui bénéficie de ce régime par un autre collaborateur", a expliqué M. Meerhaehge. "Il faut maintenant que nous trouvions une solution." "Il en va de même pour la reconnaissance des métiers pénibles, a-t-elle ajouté. "L'UCM veut bien appuyer notre demande pour l'établissement de critères mais il faut qu'ils soient clairs et objectifs". M. Nyst s'est aussi accordé avec la délégation de la CSC pour dire que certains travailleurs avaient des salaires trop bas pour vivre décemment. Les patrons des TPE et PME affiliées à l'UCM devraient donc se positionner pour leur augmentation. Le président de la fédération patronale s'est en revanche abstenu de se prononcer quant à la demande d'une augmentation salariale de 1,5% demandée par la CSC dans le cadre de l'accord interprofessionnel. Il a également fait de même concernant le passage de l'âge légal de la pension de 67 à 65 ans, estimant qu'il n'avait pas assez de données. Des syndicalistes de la FGTB ont vandalisé vendredi matin la façade du siège du MR à Bouge (Namur). Thierry Bodson, le secrétaire général du syndicat en Wallonie, a également annoncé que de nouvelles actions devraient avoir lieu en janvier à l'issue d'un entretien avec David Clarinval, le chef de groupe MR à la Chambre.C'est sur le coup de 11h15 vendredi qu'une dizaine de manifestants de la FGTB parmi les 200 à 300 présents ont vandalisé le bâtiment du MR à Bouge. Ils ont notamment jeté de l'eau colorée sur la façade pour représenter le bain de sang social et placardé des affiches sur les vitres. Sur l'une d'elles, on pouvait lire "Bienvenue à la FEB, ici on décide, au MR on exécute". Après un entretien avec David Clarinval, M. Bodson s'est montré plus remonté que jamais. "Nous avons pu faire part de nos revendications et M. Clarinval a promis de les exposer au Premier ministre mais nous savons qu'il faudra encore agir pour obtenir de réelles avancées", a-t-il déclaré. "Nous avons d'ailleurs été très étonnés de constater que M. Clarinval n'avait pas conscience de la situation des travailleurs à temps partiel ou de la façon dont la majorité des employeurs se conduisent en ne signant que des contrats de 20 ou 24 heures." Lors son discours devant les syndicalistes, le secrétaire général de la FGTB en Wallonie a également appelé à une nouvelle mobilisation en janvier. Une réunion rassemblant les leaders de la FGTB à l'échelle nationale est prévue en ce sens mercredi prochain en soirée et le syndicat avisera en fonction des négociations de mardi et mercredi après-midi. "Si rien n'avance, si nous ne sommes pas écoutés, nous serons de retour la deuxième ou troisième semaine de janvier", a-t-il affirmé. "Le MR tente de se racheter une conduite et une virginité avec sa séparation de la N-VA mais nous n'oublierons pas ce qui s'est passé pendant quatre ans. Il faut absolument que ça change rapidement ou en tout cas aux prochaines élections." La FGTB et les autres syndicats réclament une réelle marge de négociation pour une augmentation salariale en 2019 et 2020, un accord interprofessionnel prévoyant une réelle augmentation pour tous les travailleurs ainsi qu'une augmentation du salaire minimum à 14 euros/heure ou 2.300 euros/mois. Ils demandent également le retour de l'âge légal de la pension à 65 ans avec un minimum de 1.500 euros par mois. Enfin, ils appellent à des régimes de prépension et de fin de carrière accessibles avec le maintien des conditions actuelles et la prise en compte de la pénibilité du travail.