J'avais été agréablement surpris par les propos tenus par Georges-Louis Bouchez lors de sa campagne pour la présidence du MR : Je veux le gouvernement avec l'assise démocratique la plus large possible. Je ne vais pas dire sans un ou avec un autre à tout prix. Mais, en Flandre, si vous excluez le Vlaams Belang, de manière tout à fait légitime, et qu'en plus vous excluez la N-VA, vous excluez 46% de l'électorat flamand et vous avez une bombe à retardement dans la maison Belgique. Et d'ajouter : Un gouvernement à six, ce n'est pas tenable.

Cette approche, nettement plus ouverte que celle affichée par les autres responsables francophones, témoignait d'une certaine compréhension de la réalité flamande.

En découvrant aujourd'hui l'interview accordée, fin décembre, par l'intéressé au magazine "Wilfried", ma déception est totale.

Ainsi, alors qu'il venait d'être désigné informateur royal, le nouveau président du MR tenait un langage bien différent : Je suis unitariste. Moi, je suis pour un Etat unitaire. Je ne parle pas d'efficacité quand je vous dis ça, mais d'attachement sentimental. Des améliorations liées aux réformes de l'Etat ? Je n'en vois aucune en ce qui concerne les grandes compétences. Si jamais on devait procéder à une évaluation des six réformes de l'Etat, je peux déjà vous donner la conclusion. La conclusion, c'est qu'on doit tout remettre au niveau national. Si ça ne tenait qu'à moi - mais je ne suis pas tout seul - on remet tout à un niveau central.

Avec ce plaidoyer, c'est un véritable pied de nez que Georges-Louis Bouchez adresse à la Flandre. Celle-ci a tout fait pour se libérer du corset belge, au départ de la formule : Ce que nous faisons nous-mêmes, nous le faisons mieux. Et les résultats sont là pour en attester.

On sait, en effet, que le Nord doit sa prospérité économique à une gestion basée sur l'entreprenariat privé, gestion à laquelle l'influente organisation patronale Voka veille scrupuleusement ; Voka qui vient d'ailleurs de se prononcer ouvertement en faveur de la régionalisation de l'emploi et de la sécurité sociale !

Georges-Louis Bouchez semble avoir oublié aussi la réaction négative de la N-VA et du CD&V à la proposition de Maggie De Block (Open VLD) visant à refédéraliser les compétences en matière de santé. La mise au point de Wouter Beke, alors président des démocrates- chrétiens flamands, était on ne peut plus claire : La Flandre a reçu au fil de différentes réformes de l'Etat plusieurs compétences en matière de soins de santé. Nous étions alors partis du constat qu'une politique menée au niveau fédéral ne répondait pas, ou de manière insuffisante, aux besoins des Flamands. Lors de la sixième réforme de l'Etat, les entités fédérées ont reçu de nouvelles compétences. Celles-ci ont été transposées dans une politique flamande propre qui fait le lien entre santé, bien-être et enseignement. Cette politique intégrée est la meilleure garantie pour une plus grande qualité de vie pour tous les Flamands. Le passé nous a montrés qu'une politique fédérale unifiée n'était pas une réponse. D'une refédéralisation, il ne peut donc être question. La sixième réforme de l'Etat n'est d'ailleurs pas la dernière. D'autres suivront, de nouveaux pas en matière de soins de santé devront être posés.

Georges-Louis Bouchez dit ne constater aucune amélioration liée aux réformes successives de l'Etat.

Le fait est que, contrairement à la Flandre, la Wallonie n'a pas su tirer profit des moyens que la régionalisation a mis à sa disposition depuis 1980.

La Flandre a opté d'emblée pour l'efficacité et l'économie des moyens en fusionnant ses institutions et en les regroupant à Bruxelles. Elle a également tout misé sur un réseau de PME innovantes et performantes, qui lui permet aujourd'hui de réaliser à elle seule plus de 80% des exportations belges (les statistiques belges à cet égard sont réalisée au départ des entreprises, non du port d'Anvers ou de l'aéroport de Zaventem)

En 1986, alors qu'il était ministre-président wallon, le social-chrétien Melchior Wathelet avait préfacé l'ouvrage "Grands Wallons" de Jo Gérard. Il écrivait notamment : A l'heure où l'institution wallonne s'éveille à elle-même, où la Wallonie rassemble ses forces vives pour réaliser une autonomie régionale adulte et réussir la reconversion de son infrastructure industrielle, il m'est particulièrement agréable de préfacer cet ouvrage qui, dès le titre, nous inspire fierté et confiance.

Las, trente-quatre plus tard, force est de constater que le redressement wallon ne s'est toujours pas opéré. La Wallonie n'a pas décollé, reconnaît Philippe Destatte, le directeur de l'Institut Jules Destrée.

La vérité, c'est que, de 1988 à 2017, la ministre-présidence wallonne a été confiée, sans interruption, au PS. Une gestion marquée fortement à gauche et davantage soucieuse de la sauvegarde des droits acquis que de la promotion de l'initiative privée. Ce n'est pas un hasard si, en 2017, les Wallons ont totalisé 110 jours de grève, contre 39 pour la Flandre.

C'est cet état des choses que la Flandre critique et qui l'amène à remettre en cause la solidarité financière.

Pour en revenir à Georges-Louis Bouchez, il est évident que ses derniers propos ne sont pas de nature à faciliter la formation d'un nouveau gouvernement fédéral.

L'homme ne semble toujours pas avoir compris que la Flandre a réussi, au prix d'un long combat, à s'ériger en Nation, une évolution qui rend totalement impossible la survie de la Belgique. Car comme le précise fort bien un dicton africain : Il n'y a pas place pour deux sur la peau du léopard.

Si, comme tout nous laisse à penser, de nouvelles élections seront inévitables, elles ne feront que confirmer l'ingouvernabilité du pays. Et la conclusion s'imposera d'elle-même : un pays sans gouvernement est un pays qui n'existe plus !

J'avais été agréablement surpris par les propos tenus par Georges-Louis Bouchez lors de sa campagne pour la présidence du MR : Je veux le gouvernement avec l'assise démocratique la plus large possible. Je ne vais pas dire sans un ou avec un autre à tout prix. Mais, en Flandre, si vous excluez le Vlaams Belang, de manière tout à fait légitime, et qu'en plus vous excluez la N-VA, vous excluez 46% de l'électorat flamand et vous avez une bombe à retardement dans la maison Belgique. Et d'ajouter : Un gouvernement à six, ce n'est pas tenable.Cette approche, nettement plus ouverte que celle affichée par les autres responsables francophones, témoignait d'une certaine compréhension de la réalité flamande.En découvrant aujourd'hui l'interview accordée, fin décembre, par l'intéressé au magazine "Wilfried", ma déception est totale.Ainsi, alors qu'il venait d'être désigné informateur royal, le nouveau président du MR tenait un langage bien différent : Je suis unitariste. Moi, je suis pour un Etat unitaire. Je ne parle pas d'efficacité quand je vous dis ça, mais d'attachement sentimental. Des améliorations liées aux réformes de l'Etat ? Je n'en vois aucune en ce qui concerne les grandes compétences. Si jamais on devait procéder à une évaluation des six réformes de l'Etat, je peux déjà vous donner la conclusion. La conclusion, c'est qu'on doit tout remettre au niveau national. Si ça ne tenait qu'à moi - mais je ne suis pas tout seul - on remet tout à un niveau central. Avec ce plaidoyer, c'est un véritable pied de nez que Georges-Louis Bouchez adresse à la Flandre. Celle-ci a tout fait pour se libérer du corset belge, au départ de la formule : Ce que nous faisons nous-mêmes, nous le faisons mieux. Et les résultats sont là pour en attester.On sait, en effet, que le Nord doit sa prospérité économique à une gestion basée sur l'entreprenariat privé, gestion à laquelle l'influente organisation patronale Voka veille scrupuleusement ; Voka qui vient d'ailleurs de se prononcer ouvertement en faveur de la régionalisation de l'emploi et de la sécurité sociale !Georges-Louis Bouchez semble avoir oublié aussi la réaction négative de la N-VA et du CD&V à la proposition de Maggie De Block (Open VLD) visant à refédéraliser les compétences en matière de santé. La mise au point de Wouter Beke, alors président des démocrates- chrétiens flamands, était on ne peut plus claire : La Flandre a reçu au fil de différentes réformes de l'Etat plusieurs compétences en matière de soins de santé. Nous étions alors partis du constat qu'une politique menée au niveau fédéral ne répondait pas, ou de manière insuffisante, aux besoins des Flamands. Lors de la sixième réforme de l'Etat, les entités fédérées ont reçu de nouvelles compétences. Celles-ci ont été transposées dans une politique flamande propre qui fait le lien entre santé, bien-être et enseignement. Cette politique intégrée est la meilleure garantie pour une plus grande qualité de vie pour tous les Flamands. Le passé nous a montrés qu'une politique fédérale unifiée n'était pas une réponse. D'une refédéralisation, il ne peut donc être question. La sixième réforme de l'Etat n'est d'ailleurs pas la dernière. D'autres suivront, de nouveaux pas en matière de soins de santé devront être posés.Georges-Louis Bouchez dit ne constater aucune amélioration liée aux réformes successives de l'Etat.Le fait est que, contrairement à la Flandre, la Wallonie n'a pas su tirer profit des moyens que la régionalisation a mis à sa disposition depuis 1980. La Flandre a opté d'emblée pour l'efficacité et l'économie des moyens en fusionnant ses institutions et en les regroupant à Bruxelles. Elle a également tout misé sur un réseau de PME innovantes et performantes, qui lui permet aujourd'hui de réaliser à elle seule plus de 80% des exportations belges (les statistiques belges à cet égard sont réalisée au départ des entreprises, non du port d'Anvers ou de l'aéroport de Zaventem)En 1986, alors qu'il était ministre-président wallon, le social-chrétien Melchior Wathelet avait préfacé l'ouvrage "Grands Wallons" de Jo Gérard. Il écrivait notamment : A l'heure où l'institution wallonne s'éveille à elle-même, où la Wallonie rassemble ses forces vives pour réaliser une autonomie régionale adulte et réussir la reconversion de son infrastructure industrielle, il m'est particulièrement agréable de préfacer cet ouvrage qui, dès le titre, nous inspire fierté et confiance.Las, trente-quatre plus tard, force est de constater que le redressement wallon ne s'est toujours pas opéré. La Wallonie n'a pas décollé, reconnaît Philippe Destatte, le directeur de l'Institut Jules Destrée.La vérité, c'est que, de 1988 à 2017, la ministre-présidence wallonne a été confiée, sans interruption, au PS. Une gestion marquée fortement à gauche et davantage soucieuse de la sauvegarde des droits acquis que de la promotion de l'initiative privée. Ce n'est pas un hasard si, en 2017, les Wallons ont totalisé 110 jours de grève, contre 39 pour la Flandre. C'est cet état des choses que la Flandre critique et qui l'amène à remettre en cause la solidarité financière.Pour en revenir à Georges-Louis Bouchez, il est évident que ses derniers propos ne sont pas de nature à faciliter la formation d'un nouveau gouvernement fédéral. L'homme ne semble toujours pas avoir compris que la Flandre a réussi, au prix d'un long combat, à s'ériger en Nation, une évolution qui rend totalement impossible la survie de la Belgique. Car comme le précise fort bien un dicton africain : Il n'y a pas place pour deux sur la peau du léopard. Si, comme tout nous laisse à penser, de nouvelles élections seront inévitables, elles ne feront que confirmer l'ingouvernabilité du pays. Et la conclusion s'imposera d'elle-même : un pays sans gouvernement est un pays qui n'existe plus !