Personne ne voit comment former un nouveau gouvernement fédéral. Et c'est une nécessité urgente. Pas tant parce qu'il y a presque un an que nous avons un gouvernement en affaires courantes, mais parce que ce gouvernement ne peut pas compter sur une majorité. Après la sortie des ministres de la N-VA du gouvernement Michel, le 9 décembre 2018, Michel II pouvait encore compter sur 20 députés MR, 18 CD&V et 14 Open VLD. Après les élections du 26 mai, cet appui s'est encore érodé. Le MR avait 14 sièges au parlement, le CD&V et l'Open VLD 12 chacun. Avec 38 sièges sur 150 au Parlement, on ne peut rien faire.
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Personne ne voit comment former un nouveau gouvernement fédéral. Et c'est une nécessité urgente. Pas tant parce qu'il y a presque un an que nous avons un gouvernement en affaires courantes, mais parce que ce gouvernement ne peut pas compter sur une majorité. Après la sortie des ministres de la N-VA du gouvernement Michel, le 9 décembre 2018, Michel II pouvait encore compter sur 20 députés MR, 18 CD&V et 14 Open VLD. Après les élections du 26 mai, cet appui s'est encore érodé. Le MR avait 14 sièges au parlement, le CD&V et l'Open VLD 12 chacun. Avec 38 sièges sur 150 au Parlement, on ne peut rien faire.L'actuel gouvernement en affaires courantes est un oiseau auquel on a coupé les ailes. Le Parlement joue avec le gouvernement comme un chat avec une souris. Avec le soutien des socialistes, des écologistes et du Vlaams Belang, le PVDA/PTB a réussi à faire adopter un amendement qui prévoit 400 millions d'euros supplémentaires pour le secteur de la santé. C'était la seule façon d'approuver un budget d'urgence pour les mois de novembre et décembre. L'opposition jubile, mais ce n'est pas une politique sérieuse. Où ira-t-on chercher ces 400 millions d'euros? Ce n'est pas clair. Et soyons sûrs qu'en décembre, la mascarade sera répétée, et même de manière plus spectaculaire encore.Un gouvernement fédéral en affaires courantes qui peut compter sur à peine un quart des sièges parlementaires, c'est un cas désespéré. La situation devient tout à fait misérable lorsque des dirigeants tels que les vice-premiers ministres Kris Peeters (CD&V), Didier Reynders (MR) et le Premier ministre Charles Michel (MR) fuient ce gouvernement à vitesse grand V. Ils ont bien pris soin d'eux-mêmes. Ils abandonnent le navire qui coule.Depuis cent cinquante jours, on informe et on pré-forme, sans aucune perspective d'un gouvernement fédéral. Pour une coalition violette-jaune, les visions du PS et du N-VA restent trop éloignées l'une de l'autre, quand elles ne sont pas diamétralement opposées. Une coalition vert-violet n'est pas possible, car l'Open VLD ne veut pas être enfermé dans un gouvernement de gauche et ne veut pas former de coalition sans la N-VA. Il est parfois suggéré de remplacer le sp.a dans cette formule par le CD&V. Cela donnerait trois sièges supplémentaires à la majorité et permettrait à l'Open VLD de rester un peu à l'abri. Mais est-ce ce que souhaite le CD&V? Que veut réellement le CD&V ? Cela reste incertain, surtout jusqu'à ce qu'il y ait un nouveau président, peut-être pas avant le 6 décembre. Le MR et le sp.a vont également choisir un nouveau président. Et en mars 2020, il y aura l'Open VLD, où une telle élection entraîne toujours des troubles. Toutes ces élections présidentielles compliquent la formation déjà extrêmement difficile d'un gouvernement.Comment sortir de l'impasse ? Récemment, on a évoqué la possibilité d'un gouvernement d'experts. Mais quelle serait la politique d'un tel cabinet de professeurs, d'entrepreneurs et de fonctionnaires ? À quoi ressemblerait leur programme ? Et quelle serait leur légitimité démocratique ?Certains, par contre, pensent à un gouvernement proportionnel, comme en Suisse, qui inclut tous les grands partis. Qu'est-ce que cela pourrait signifier pour nous ? Par exemple, huit ministres flamands (trois N-VA, deux Vlaams Belang et un sp.a, Open VLD et CD&V) et sept ministres francophones (trois PS, deux MR et un Ecolo). Mais qui y croit vraiment ? Même si on n'inclut pas le Vlaams Belang ?On a également proposé un gouvernement miroir. Les partis qui sont dans les gouvernements régionaux - N-VA, Open VLD, CD&V, PS, MR et Ecolo - forment ensemble le gouvernement fédéral. Sans sp.a et Groen, en d'autres termes. À moins que vous n'incluiez également les partis du gouvernement bruxellois, mais alors il faut inclure DéFi, l'ancien FDF. La principale pierre d'achoppement dans ce scénario est que la N-VA et le PS doivent unir leurs forces au sein du gouvernement. Ni un gouvernement d'experts, ni un gouvernement proportionnel, ni un gouvernement miroir ne sont la solution aux problèmes du pays. Si un gouvernement fédéral ne peut être formé, il n'y a qu'une seule option : de nouvelles élections. Essentiellement, elles devraient traiter deux questions qui - de manière incompréhensible - n'ont pas été abordées lors de la campagne précédente : la réforme de l'État et les finances publiques. Quelle que soit la façon d'aborder le problème, c'est de cela qu'il s'agit en Belgique. Et c'est justement ce qui va continuer à pourrir sous un gouvernement en affaires finissantes.