La proposition de la Commission de créer de nouvelles ressources propres pour rembourser à terme l'emprunt commun qui servira à financer son instrument de relance "Next Generation EU" (750 milliards) est appréciée. L'éventuelle conditionnalité des aides (subventions ou prêts) qui seront octroyées aux Etats et régions qui en ont besoin pour se relever de la crise du coronavirus est abordée de toutes parts. "Il est juste de faire preuve de solidarité mais juste aussi de demander à celui qui en bénéficie de mieux se préparer à l'avenir", a estimé Manfred Weber, président du premier groupe au Parlement, le PPE. "Nous ne sommes pas d'accord sur tous les détails mais je me félicite de cette approche. L'UE n'est pas un distributeur de billets mais un projet commun", a résumé Dacian Ciolos pour Renew. Il a prévenu que son groupe ne soutiendra le nouveau projet de cadre financier pluriannuel (CFP) 2021-2027, sur lequel s'appuie l'instrument de relance "Next Generation EU", "que si l'Etat de droit et le respect des valeurs européennes sont une condition pour bénéficier de fonds européens". Du côté des Verts/ALE, coprésidés par le Belge Philippe Lamberts, ce sont la "compatibilité avec le Green Deal et le respect de l'Etat de droit" qui sont mis en avant comme seules conditions valables à attacher au nouveau "fonds" de 750 milliards. L'ancrage de ce fonds dans le CFP "permet un véritable contrôle démocratique", salue-t-il via communiqué. Johan Van Overtveldt (N-VA), qui s'exprimait pour le groupe des conservateurs et des réformistes européens (CRE), a dit souhaiter un débat de fond sur la participation des géants du web aux finances de l'UE, "beaucoup trop limitée" pour le moment. Cela permettrait aussi de moins faire peser sur les épaules du citoyen européen le coût final de ce "plan de relance" à 1.850 milliards au total. Une "taxe digitale" est l'une des pistes mises en avant par l'exécutif d'Ursula von der Leyen mercredi pour de nouvelles ressources financières propres, avec une extension du système d'échanges de droits d'émission de CO2, un mécanisme d'"ajustement" carbone aux frontières extérieures ou encore des taxes sur les opérations des grandes entreprises. Mais le CFP nécessite parallèlement un feu vert unanime des 27 Etats membres au Conseil, ce qui ne sera "pas simple", a prédit Manfred Weber. Surtout quand on sait que les discussions coinçaient déjà depuis des mois entre les "frugaux", aux rangs desquels les Pays-Bas et l'Autriche, et les pays bénéficiant davantage des fonds structurels européens. Les premiers sont aussi ceux qui ne voyaient pas d'un bon oeil une forme d'endettement commun européen, y voyant une manière de mettre la main à la poche au bénéfice de pays du sud plus lâches sur le plan budgétaire. Une logique entre autres mise à mal mercredi par Dacian Ciolos, qui a rappelé que "tous les Etats membres" ont en réalité besoin de ce nouveau paquet financier, car "c'est le marché intérieur qui est en jeu". Autrement dit: si les Pays-Bas ne peuvent plus écouler des tulipes vers une Italie exsangue, leur économie en pâtira aussi. Son homologue des "Socialistes & Démocrates" (S&D), Iratxe Garcìa Pérez, en a profité pour manifester son exaspération quand à l'attitude des quatre frugaux, demandant à abandonner la règle de l'unanimité pour le CFP. "23 pays européens sont pris en otage par quatre autres, qui ont une logique nationale". "Il revient à vous de convaincre les membres du Conseil", a-t-elle lancé à Ursula von der Leyen. (Belga)

La proposition de la Commission de créer de nouvelles ressources propres pour rembourser à terme l'emprunt commun qui servira à financer son instrument de relance "Next Generation EU" (750 milliards) est appréciée. L'éventuelle conditionnalité des aides (subventions ou prêts) qui seront octroyées aux Etats et régions qui en ont besoin pour se relever de la crise du coronavirus est abordée de toutes parts. "Il est juste de faire preuve de solidarité mais juste aussi de demander à celui qui en bénéficie de mieux se préparer à l'avenir", a estimé Manfred Weber, président du premier groupe au Parlement, le PPE. "Nous ne sommes pas d'accord sur tous les détails mais je me félicite de cette approche. L'UE n'est pas un distributeur de billets mais un projet commun", a résumé Dacian Ciolos pour Renew. Il a prévenu que son groupe ne soutiendra le nouveau projet de cadre financier pluriannuel (CFP) 2021-2027, sur lequel s'appuie l'instrument de relance "Next Generation EU", "que si l'Etat de droit et le respect des valeurs européennes sont une condition pour bénéficier de fonds européens". Du côté des Verts/ALE, coprésidés par le Belge Philippe Lamberts, ce sont la "compatibilité avec le Green Deal et le respect de l'Etat de droit" qui sont mis en avant comme seules conditions valables à attacher au nouveau "fonds" de 750 milliards. L'ancrage de ce fonds dans le CFP "permet un véritable contrôle démocratique", salue-t-il via communiqué. Johan Van Overtveldt (N-VA), qui s'exprimait pour le groupe des conservateurs et des réformistes européens (CRE), a dit souhaiter un débat de fond sur la participation des géants du web aux finances de l'UE, "beaucoup trop limitée" pour le moment. Cela permettrait aussi de moins faire peser sur les épaules du citoyen européen le coût final de ce "plan de relance" à 1.850 milliards au total. Une "taxe digitale" est l'une des pistes mises en avant par l'exécutif d'Ursula von der Leyen mercredi pour de nouvelles ressources financières propres, avec une extension du système d'échanges de droits d'émission de CO2, un mécanisme d'"ajustement" carbone aux frontières extérieures ou encore des taxes sur les opérations des grandes entreprises. Mais le CFP nécessite parallèlement un feu vert unanime des 27 Etats membres au Conseil, ce qui ne sera "pas simple", a prédit Manfred Weber. Surtout quand on sait que les discussions coinçaient déjà depuis des mois entre les "frugaux", aux rangs desquels les Pays-Bas et l'Autriche, et les pays bénéficiant davantage des fonds structurels européens. Les premiers sont aussi ceux qui ne voyaient pas d'un bon oeil une forme d'endettement commun européen, y voyant une manière de mettre la main à la poche au bénéfice de pays du sud plus lâches sur le plan budgétaire. Une logique entre autres mise à mal mercredi par Dacian Ciolos, qui a rappelé que "tous les Etats membres" ont en réalité besoin de ce nouveau paquet financier, car "c'est le marché intérieur qui est en jeu". Autrement dit: si les Pays-Bas ne peuvent plus écouler des tulipes vers une Italie exsangue, leur économie en pâtira aussi. Son homologue des "Socialistes & Démocrates" (S&D), Iratxe Garcìa Pérez, en a profité pour manifester son exaspération quand à l'attitude des quatre frugaux, demandant à abandonner la règle de l'unanimité pour le CFP. "23 pays européens sont pris en otage par quatre autres, qui ont une logique nationale". "Il revient à vous de convaincre les membres du Conseil", a-t-elle lancé à Ursula von der Leyen. (Belga)