Après le retrait "chaotique" des troupes alliées d'Afghanistan, l'UE doit clairement avancer dans son idée d'"autonomie stratégique". Le sommet informel des dirigeants qui a lieu mardi soir sera l'occasion d'un premier pas concret, a insisté l'élue N-VA. Un débat sur l'avenir des relations UE - Etats-Unis avait lieu mardi matin dans l'hémicycle à Strasbourg. Il mènera au vote d'une résolution mercredi. Le social-démocrate croate Tonino Picula (groupe S&D), auteur du rapport, a estimé que l'UE devait évoluer d'une "soft power" vers de la "smart power". "Nous avons besoin d'un partenariat transatlantique renouvelé et renforcé pour faire face aux défis, qu'ils soient bien connus ou issus de nouvelles dynamiques mondiales", a-t-il expliqué. S'il a appelé à reconnaitre tous les aspects positifs de la collaboration avec Washington (échanges commerciaux, nouveau Conseil UE-US commerce et technologies, etc.), il a aussi invité à ne pas être naïfs. Les Etats-Unis font "prioritairement ce qui cadre dans leur agenda". C'est à l'UE de développer elle aussi ses priorités en termes de défense et à faire en sorte de pouvoir "agir de manière autonome là où c'est nécessaire, pour poursuivre ses intérêts légitimes". Il est nécessaire de "redéfinir la relation avec les USA, davantage sur un pied d'égalité. Cela veut dire: défendre nos intérêts si nécessaire, mais aussi prendre davantage de responsabilités", a exposé le Croate. Hilde Vautmans (Open Vld, Renew), Assita Kanko et Benoit Lutgen (cdH, PPE) n'ont pas dit autre chose. La première s'est dit "déçue" par le nouveau président américain Joe Biden. "Les USA ne continueront pas de payer la part du lion de l'OTAN. Nous devons faire notre part (du boulot) et lancer notre communauté de défense et une armée européenne, non pas pour affaiblir l'OTAN mais pour la renforcer", a-t-elle lancé. L'élu cdH à quant à lui appelé à la nuance. "Qui peut croire que nous pourrions réussir le défi climatique sans un accord fort avec les Etats-Unis, ou faire face à une Chine envahissante sans un lien puissant avec les Américains?", a-t-il interrogé. "Cela étant, qui peut croire que nous serons respectés par les Etats-Unis tant que nous n'aurons pas une stratégie forte au niveau de la défense, de la sécurité", ajoute-t-il. "Les Etats-Unis ont des défauts, parfois un allié peut faire un croche pied, (...) nous en avons aussi quelques-uns". Josep Borrell, chef de la diplomatie de l'UE, a quant à lui reconnu qu'il semblait que Washington revoie ses priorités, avec son retrait d'Afghanistan et un intérêt renouvelé pour la rivalité avec la Chine. L'Europe doit s'adapter. Elle a un rôle à jouer, a-t-il souligné. L'Espagnol rencontrera la semaine prochaine le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken à Washington, a-t-il indiqué. (Belga)

Après le retrait "chaotique" des troupes alliées d'Afghanistan, l'UE doit clairement avancer dans son idée d'"autonomie stratégique". Le sommet informel des dirigeants qui a lieu mardi soir sera l'occasion d'un premier pas concret, a insisté l'élue N-VA. Un débat sur l'avenir des relations UE - Etats-Unis avait lieu mardi matin dans l'hémicycle à Strasbourg. Il mènera au vote d'une résolution mercredi. Le social-démocrate croate Tonino Picula (groupe S&D), auteur du rapport, a estimé que l'UE devait évoluer d'une "soft power" vers de la "smart power". "Nous avons besoin d'un partenariat transatlantique renouvelé et renforcé pour faire face aux défis, qu'ils soient bien connus ou issus de nouvelles dynamiques mondiales", a-t-il expliqué. S'il a appelé à reconnaitre tous les aspects positifs de la collaboration avec Washington (échanges commerciaux, nouveau Conseil UE-US commerce et technologies, etc.), il a aussi invité à ne pas être naïfs. Les Etats-Unis font "prioritairement ce qui cadre dans leur agenda". C'est à l'UE de développer elle aussi ses priorités en termes de défense et à faire en sorte de pouvoir "agir de manière autonome là où c'est nécessaire, pour poursuivre ses intérêts légitimes". Il est nécessaire de "redéfinir la relation avec les USA, davantage sur un pied d'égalité. Cela veut dire: défendre nos intérêts si nécessaire, mais aussi prendre davantage de responsabilités", a exposé le Croate. Hilde Vautmans (Open Vld, Renew), Assita Kanko et Benoit Lutgen (cdH, PPE) n'ont pas dit autre chose. La première s'est dit "déçue" par le nouveau président américain Joe Biden. "Les USA ne continueront pas de payer la part du lion de l'OTAN. Nous devons faire notre part (du boulot) et lancer notre communauté de défense et une armée européenne, non pas pour affaiblir l'OTAN mais pour la renforcer", a-t-elle lancé. L'élu cdH à quant à lui appelé à la nuance. "Qui peut croire que nous pourrions réussir le défi climatique sans un accord fort avec les Etats-Unis, ou faire face à une Chine envahissante sans un lien puissant avec les Américains?", a-t-il interrogé. "Cela étant, qui peut croire que nous serons respectés par les Etats-Unis tant que nous n'aurons pas une stratégie forte au niveau de la défense, de la sécurité", ajoute-t-il. "Les Etats-Unis ont des défauts, parfois un allié peut faire un croche pied, (...) nous en avons aussi quelques-uns". Josep Borrell, chef de la diplomatie de l'UE, a quant à lui reconnu qu'il semblait que Washington revoie ses priorités, avec son retrait d'Afghanistan et un intérêt renouvelé pour la rivalité avec la Chine. L'Europe doit s'adapter. Elle a un rôle à jouer, a-t-il souligné. L'Espagnol rencontrera la semaine prochaine le secrétaire d'Etat américain Antony Blinken à Washington, a-t-il indiqué. (Belga)