Réuni dans la ville septentrionale de Banja Luka, chef-lieu de la Republika Srpska (RS), le Parlement de l'entité serbe de Bosnie a donné au gouvernement un délai de six mois pour organiser ce départ de trois institutions cruciales de l'État central: l'armée, la justice et les impôts. "La Bosnie va dans une direction que nous n'avions pas convenue en signant l'accord de paix de Dayton", qui avait mis fin à la guerre intercommunautaire en 1995, a lancé le leader politique des Serbes de Bosnie, Milorad Dodik. "C'est le moment de la conquête de la liberté pour la Republika Srpska". L'homme politique de 62 ans, actuellement membre serbe de la présidence collégiale bosnienne, martèle inlassablement que le pays qu'il co-dirige est "impossible". Il brandit depuis des années la menace de sécession mais semble cette fois-ci décidé à faire des pas dans cette direction. L'accord de Dayton a mis fin au conflit qui avait fait 100.000 morts mais consacré la division de la Bosnie en deux entités, la RS et une entité croato-musulmane, tout en instituant un millefeuille administratif censé prévenir des violences interethniques futures. Dans les années qui ont suivi, un faible État central s'est doté d'institutions communes, armée, justice, impôts ou renseignements, sous la pression des puissances occidentales. Milorad Dodik affirme qu'il s'agit au total de 140 décisions de transfert de pouvoirs des entités vers le gouvernement central et qu'il veut tout reprendre. Jadis un modéré protégé des Occidentaux, aujourd'hui un nationaliste soutenu par la Russie, il accuse les premiers d'avoir au fil des années affaibli la RS en renforçant l'État central par des réformes imposées, un processus souhaité par les Bosniaques musulmans. Après huit heures de débats, les députés ont adopté le texte proposé par 49 voix pour et trois contre. S'il a réussi par le passé à rassembler toutes les forces politiques en RS, Milorad Dodik n'a pas fait l'unanimité cette fois et les députés de l'opposition ont boycotté le vote. "Je pense que celui qui croit pouvoir faire ça sans la guerre se trompe largement", a lancé Mirko Sarovic, un des chefs de cette opposition. "La voie que vous avez choisie, M. Dodik, est dangereuse." "Cela équivaut à une sécession sans la proclamer", avait affirmé début novembre le Haut représentant international en Bosnie, l'Allemand Christian Schmidt, dans un rapport à l'ONU. La présidente de la Republika Srpska, Zeljka Cvijanovic, a assuré vendredi que "la guerre et la sécession ne sont pas à l'agenda politique" de la RS. (Belga)

Réuni dans la ville septentrionale de Banja Luka, chef-lieu de la Republika Srpska (RS), le Parlement de l'entité serbe de Bosnie a donné au gouvernement un délai de six mois pour organiser ce départ de trois institutions cruciales de l'État central: l'armée, la justice et les impôts. "La Bosnie va dans une direction que nous n'avions pas convenue en signant l'accord de paix de Dayton", qui avait mis fin à la guerre intercommunautaire en 1995, a lancé le leader politique des Serbes de Bosnie, Milorad Dodik. "C'est le moment de la conquête de la liberté pour la Republika Srpska". L'homme politique de 62 ans, actuellement membre serbe de la présidence collégiale bosnienne, martèle inlassablement que le pays qu'il co-dirige est "impossible". Il brandit depuis des années la menace de sécession mais semble cette fois-ci décidé à faire des pas dans cette direction. L'accord de Dayton a mis fin au conflit qui avait fait 100.000 morts mais consacré la division de la Bosnie en deux entités, la RS et une entité croato-musulmane, tout en instituant un millefeuille administratif censé prévenir des violences interethniques futures. Dans les années qui ont suivi, un faible État central s'est doté d'institutions communes, armée, justice, impôts ou renseignements, sous la pression des puissances occidentales. Milorad Dodik affirme qu'il s'agit au total de 140 décisions de transfert de pouvoirs des entités vers le gouvernement central et qu'il veut tout reprendre. Jadis un modéré protégé des Occidentaux, aujourd'hui un nationaliste soutenu par la Russie, il accuse les premiers d'avoir au fil des années affaibli la RS en renforçant l'État central par des réformes imposées, un processus souhaité par les Bosniaques musulmans. Après huit heures de débats, les députés ont adopté le texte proposé par 49 voix pour et trois contre. S'il a réussi par le passé à rassembler toutes les forces politiques en RS, Milorad Dodik n'a pas fait l'unanimité cette fois et les députés de l'opposition ont boycotté le vote. "Je pense que celui qui croit pouvoir faire ça sans la guerre se trompe largement", a lancé Mirko Sarovic, un des chefs de cette opposition. "La voie que vous avez choisie, M. Dodik, est dangereuse." "Cela équivaut à une sécession sans la proclamer", avait affirmé début novembre le Haut représentant international en Bosnie, l'Allemand Christian Schmidt, dans un rapport à l'ONU. La présidente de la Republika Srpska, Zeljka Cvijanovic, a assuré vendredi que "la guerre et la sécession ne sont pas à l'agenda politique" de la RS. (Belga)