Le gouvernement bruxellois installé depuis le mois de juillet dernier maintient l'objectif d'équilibre budgétaire poursuivi par son prédécesseur depuis quelques années. Il choisit lui aussi de ne pas intégrer dans le calcul de ce point d'équilibre, les investissements stratégiques en matière de mobilité et de sécurité à hauteur de quelque 500 millions d'euros par an. Selon la Cour des Comptes, ce faisant, Bruxelles n'est pas dans les clous sur le plan légal au sens strict, mais elle n'est pas la seule à procéder de la sorte. La Flandre fait de même avec des dépenses d'investissement à hauteur d'un milliard d'euros. Des débats politiques au sein de la commission commenceront mardi sur le projet d'ajustement 2019 et la semaine prochaine sur le projet de budget initial 2020. Lundi, le ministre Gatz a souligné que le projet de budget 2020 était structurellement en équilibre. L'ensemble des postes de fonctionnement du gouvernement de la Région de Bruxelles-Capitale sont couverts par les recettes régionales. En outre, Bruxelles investit à hauteur de 500 millions d'euros en infrastructures pour la mobilité (473,7 millions) et la sécurité (26,3 millions) en vue de répondre aux importants défis urbains. Ces chantiers s'intègrent dans le Pacte national pour les investissements stratégiques, a-t-il souligné. Pour résoudre l'équation de l'équilibre budgétaire l'an prochain, le gouvernement bruxellois est parti à la recherche de 983,6 millions d'euros dont 282,6 millions de dépenses incompressibles. Celle-ci sont liées notamment à un saut d'index (23,2 millions d'euros); au surcoût temporaire du nouveau dispositif d'allocations familiales (30 millions d'euros); à un montant de 25,5 millions d'euros versé aux commissions communautaires (CoCoF, VGC et Commission communautaire commune); à un autre de 2,8 millions d'euros destiné au parlement bruxellois; et à 7,6 millions de dépenses supplémentaires pour l'Agence Bruxelles Propreté. Le gouvernement a également comptabilisé 194,5 millions de dépenses liées à l'application, dans les différents départements ministériels, de mesures politiques existantes, sans y changer quoi que ce soit. Ces montants seront compensés, selon Sven Gatz, par un montant de 23,2 millions d'euros constitué de provisions de l'année an cours; par une sous-utilisation des moyens budgétaires estimée à 240 millions d'euros, et par la non prise en compte dans le calcul du budget annuel des 500 millions d'euros de dépenses stratégiques. Par ailleurs, le gouvernement bruxellois réalisera également près de 200 millions d'économie, dans chaque département ministériel. D'après Sven Gatz, le budget sera contrôlé minutieusement, chaque mois, et il y aura des contrôles de dépenses supplémentaires. Il se confirme aussi que le contrôle budgétaire du printemps prochain ne sera pas anodin: on y a reporté la question du choix des politiques nouvelles à activer en fonction des priorités de l'accord de majorité de l'été dernier. (Belga)