"Le souverainisme est une attitude d'isolement. Je suis préoccupé parce qu'on entend des discours qui ressemblent à ceux d'Hitler en 1934. 'Nous d'abord. Nous...nous': ce sont des pensées qui font peur", a souligné le souverain pontife dans l'interview au quotidien turinois, sans évoquer de nom ni de pays en particulier. L'homme fort du gouvernement italien Matteo Salvini, chef de la Ligue, a fait éclater jeudi la coalition au pouvoir dans laquelle il était allié au Mouvement Cinq Etoiles (M5S, antisystème), provoquant une crise politique. En cas d'élections anticipées à l'automne, il devrait concourir seul et les sondages lui prédisent une large victoire avec l'appoint du parti post-fasciste Fratelli d'Italia. "Un pays doit être souverain, mais pas fermé. La souveraineté doit être défendue, mais les rapports avec d'autres pays, avec la Communauté européenne, doivent également être défendus. Le souverainisme est une exagération qui finit toujours mal: elle mène à la guerre", a ajouté le pape. Interrogé sur "le populisme", il a estimé qu'il s'agissait "du même discours". "Les populismes nous mènent aux souverainismes: ce suffixe en 'isme' ne fait jamais du bien", a-t-il asséné. Pour François, l'Europe, qui représente "l'unité", "ne doit pas se dissoudre". "Elle s'est affaiblie avec les années, aussi en raison de quelques problèmes de gouvernance, de dissensions internes. Mais il faut la sauver. Après les élections, j'espère qu'un processus de relance va commencer", a-t-il dit, en saluant la nomination d'une femme à la tête de la Commission européenne, l'Allemande Ursula von der Leyen. (Belga)