Les tensions concernent deux villes jadis habitées par une majorité de Polonais. La capitale lituanienne Vilnius avait fait partie de la Pologne dans l'entre deux guerres. Tout comme Lviv, aujourd'hui ukrainienne. En outre, le royaume de Pologne et le grand duché de Lituanie ont formé un seul Etat entre 1569 et 1795. Et Lviv avait été ville polonaise entre 1386 et 1772. Le projet du passeport avait suscité des tensions en août dernier entre Varsovie d'une part, Vilnius et Kiev d'autre part, lorsque les premières esquisses du fond de page avaient été connues. Le chargé d'affaires ukrainien en Pologne avait critiqué une image du Cimetière des Aiglons à Lviv, où reposent notamment les jeunes défenseurs polonais de la ville lors de la guerre avec les forces ukrainiennes en 1919. A Vilnius, l'ambassadeur polonais a été convoqué au ministère des Affaires étrangères où on lui a signifié le mécontentement des Lituaniens au sujet d'une image de la Porte de l'Aurore à Vilnius, un lieu de pèlerinage catholique particulièrement vénéré par les Polonais. Varsovie semble avoir tenu compte de ces réserves, mais sans renoncer complètement à évoquer la présence polonaise à Lviv et à Vilnius. Car le nouveau passeport doit marquer le centième anniversaire de l'indépendance que la Pologne avait reconquise en 1918, après 123 ans d'occupation russe, prussienne et autrichienne. Ainsi, si le Cimetière des Aiglons ne figure plus dans le passeport, une des pages destinées à recevoir les visas étrangers a pour fond le portrait d'Antos Petrykiewicz, le plus jeune "aiglon" de Lviv, mort à 13 ans. On y trouve aussi l'image du mausolée de la mère du maréchal Jozef Pilsudski à Vilnius, qui contient également le coeur de celui qui est considéré en Pologne comme le père de l'indépendance nationale. Mais en Lituanie, Pilsudski est vu surtout comme l'inspirateur d'une opération militaire en 1920 qui a abouti à l'intégration de Vilnius et de sa région à la Pologne. Le recours à l'image du mausolée a fait dès septembre l'objet d'un commentaire ironique du chef de la diplomatie lituanienne Linas Linkevicius. "Si on manque en Pologne de sites historiques, peut-être pouvons-nous leur en prêter ? ", a-t-il dit. (Belga)

Les tensions concernent deux villes jadis habitées par une majorité de Polonais. La capitale lituanienne Vilnius avait fait partie de la Pologne dans l'entre deux guerres. Tout comme Lviv, aujourd'hui ukrainienne. En outre, le royaume de Pologne et le grand duché de Lituanie ont formé un seul Etat entre 1569 et 1795. Et Lviv avait été ville polonaise entre 1386 et 1772. Le projet du passeport avait suscité des tensions en août dernier entre Varsovie d'une part, Vilnius et Kiev d'autre part, lorsque les premières esquisses du fond de page avaient été connues. Le chargé d'affaires ukrainien en Pologne avait critiqué une image du Cimetière des Aiglons à Lviv, où reposent notamment les jeunes défenseurs polonais de la ville lors de la guerre avec les forces ukrainiennes en 1919. A Vilnius, l'ambassadeur polonais a été convoqué au ministère des Affaires étrangères où on lui a signifié le mécontentement des Lituaniens au sujet d'une image de la Porte de l'Aurore à Vilnius, un lieu de pèlerinage catholique particulièrement vénéré par les Polonais. Varsovie semble avoir tenu compte de ces réserves, mais sans renoncer complètement à évoquer la présence polonaise à Lviv et à Vilnius. Car le nouveau passeport doit marquer le centième anniversaire de l'indépendance que la Pologne avait reconquise en 1918, après 123 ans d'occupation russe, prussienne et autrichienne. Ainsi, si le Cimetière des Aiglons ne figure plus dans le passeport, une des pages destinées à recevoir les visas étrangers a pour fond le portrait d'Antos Petrykiewicz, le plus jeune "aiglon" de Lviv, mort à 13 ans. On y trouve aussi l'image du mausolée de la mère du maréchal Jozef Pilsudski à Vilnius, qui contient également le coeur de celui qui est considéré en Pologne comme le père de l'indépendance nationale. Mais en Lituanie, Pilsudski est vu surtout comme l'inspirateur d'une opération militaire en 1920 qui a abouti à l'intégration de Vilnius et de sa région à la Pologne. Le recours à l'image du mausolée a fait dès septembre l'objet d'un commentaire ironique du chef de la diplomatie lituanienne Linas Linkevicius. "Si on manque en Pologne de sites historiques, peut-être pouvons-nous leur en prêter ? ", a-t-il dit. (Belga)