La menace d'une régionalisation progressive du Musée royal de l'armée (MRA) se précise. Il nous revient qu'un rapport dessine les lignes d'une restructuration en profondeur de l'institution. Le document a atterri sur le bureau de Ludivine Dedonder (PS), la ministre de la Défense, qui exerce la tutelle sur l'établissement scientifique fédéral, devenu, en 2017, un parastatal, le War Heritage Institute (WHI). Le projet vise à accroître les effectifs et budgets de quatre sites du WHI situés hors de Bruxelles.
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La menace d'une régionalisation progressive du Musée royal de l'armée (MRA) se précise. Il nous revient qu'un rapport dessine les lignes d'une restructuration en profondeur de l'institution. Le document a atterri sur le bureau de Ludivine Dedonder (PS), la ministre de la Défense, qui exerce la tutelle sur l'établissement scientifique fédéral, devenu, en 2017, un parastatal, le War Heritage Institute (WHI). Le projet vise à accroître les effectifs et budgets de quatre sites du WHI situés hors de Bruxelles.Une partie seulement de ce rapport de 118 pages a été approuvée par l'ensemble du comité de direction du WHI, glissent des sources internes: "La majorité a rejeté les derniers chapitres, qui portent précisément sur les sites, les budgets et le personnel, précise l'un de nos informateurs. Seul Michel Jaupart, directeur général du WHI, a signé le texte. Son conseil d'administration n'a donc pu le valider. Le rapport a néanmoins été transmis au cabinet Dedonder, ce qui contrevient aux règles du parastatal." Le projet de rééquilibrage des sites aurait été élaboré par un "comité stratégique" sans existence légale, à l'instigation d'un contractuel, Franky Bostyn, sous-directeur ad interim du WHI, et d'un chargé de mission, le général Robyns de Schneidauer. "Ils ont négocié en direct avec le président du conseil d'administration, le N-VA Koen Palinckx", assure notre insider.Sur le fond, le rapport, remanié à de nombreuses reprises, prévoirait, dans un délai de trois à quatre ans, la création de sites autogérés appelés "plateaux": deux en Flandre, deux en Wallonie. Le musée du Cinquantenaire, très nettement la principale entité du réseau jusqu'ici, ne serait plus qu'une structure comparable aux autres. La répartition des effectifs du War Heritage Institute (actuellement, environ 150 civils et militaires à Bruxelles, 30 à Bastogne, 10 à Breendonk et 4 à Brasschaat) serait modifiée au détriment du musée bruxellois. Trente-cinq agents seraient affectés au nouveau "plateau West-Vlaanderen post-1945", dont Franky Bostyn prendrait la tête. Son site phare sera l'"open dépôt" d'Ypres: 20.000 mètres carrés de hangars à aménager à grands frais (il faut notamment désamianter les toitures...) pour accueillir, d'ici à 2024, les blindés et pièces d'artillerie du MRA, actuellement stockés à Brasschaat. Ce pôle englobera le bunker du Mont Kemmel, construit pendant la guerre froide, et le Boyau de la mort, vestige de la Grande Guerre. Une vingtaine d'agents seraient mis à la disposition du fort de Breendonk, un doublement des effectifs pas vraiment justifié, selon nos sources.Équilibre communautaire oblige, les deux pôles wallons bénéficieraient ensemble de 55 agents, à répartir entre Bastogne Barracks et le hangar muséal de la base de Beauvechain, appelé à héberger des avions militaires issus du dépôt de Landen et de la collection du Hall de l'air du Cinquantenaire. "Avec la complicité de certains élus, on se prépare à siphonner le Musée de l'armée pour valoriser des sites régionaux, accuse l'un des chefs de collections de l'institution fédérale. L'aménagement des "plateaux" de Ypres et Beauvechain va coûter une fortune, alors qu'on nous demande chaque année de réaliser des économies drastiques. Cherchez l'erreur!"