"C'est terminé. On ne peut plus tolérer ces actes de violences", a indiqué Tommy Leclercq, gouverneur du Hainaut, jeudi après-midi à l'agence Belga. Les événements des dernières nuits dans la zone routière et autoroutière autour de Feluy ont déclenché une série de mesures prises par les autorités visant à empêcher les actes de violence gratuite.

"L'action des gilets jaunes, personnes issues en général de la classe moyenne, est d'apporter un message à la société, pacifiquement", a indiqué le gouverneur du Hainaut.

"Mais ces gilets jaunes ont été infiltrés par des individus qui ont beaucoup de forme mais aucun fond. Les gilets jaunes ont quitté la zone de Feluy hier vers minuit. Cinq ou six sont certes restés sur place, à Feluy. A leur place, nous avons été confrontés à quelque 400 personnes en noir, sans slogan, avec des comportements délictueux. Il y a donc une mutation du mouvement social hérité des Français, avec des gens, qui, au départ, ont des choses à dire sur le fond. A présent, c'est terminé."

300 policiers

Mercredi soir, la réserve fédérale a été utilisée à Feluy, en concertation avec le centre de crise et le ministre de l'Intérieur. Le dispositif de sécurité sera élargi jeudi soir. "Des 120 policiers des zones locales qui avaient été mobilisés pour privilégier le dialogue, nous passerons dès jeudi à 18 heures à 300 policiers", a poursuivi Tommy Leclercq.

"Un périmètre de sécurité est établi autour de Feluy et les personnes qui s'en approcheront seront réellement interpellées. Si elles ont des motifs réels d'y pénétrer, elles pourront passer, sinon, elles seront invitées à faire demi-tour. Nous devons aussi protéger la raffinerie de Feluy qui est un site Seveso, surtout quand on sait qu'un camion-citerne a été incendié par les casseurs lundi soir."

Une porte-parole de Total indiquait par ailleurs que le site de Feluy était à nouveau fermé jeudi après-midi. Les forces de l'ordre souhaitent sécuriser un maximum l'implantation.

Des manifestants bloquent le dépôt de Total à Neder-Over-Heembeek

Des gilets jaunes bloquent le dépôt de Total à Neder-Over-Heembeek depuis jeudi après-midi, a indiqué Brafco, la Fédération belge des Négociants en Combustibles et Carburants.

Le mouvement de grogne restait limité à la Wallonie ces derniers jours mais s'est désormais étendu à la Région bruxelloise et à la Flandre, où le dépôt de Vilvorde est également bloqué depuis ce jeudi.

Puiser dans les réserves stratégiques pas à l'ordre du jour

Puiser dans les réserves stratégiques pour pallier aux pénuries dans les stations-services n'est pas à l'ordre du jour, a-t-on appris jeudi auprès du SPF Economie, responsable de la sécurité d'approvisionnement. "Nous suivons la situation au jour le jour", explique le porte-parole du SPF.

Les états-membres de l'UE doivent maintenir une réserve de pétrole stratégique qui peut être utilisée lorsque la sécurité d'approvisionnement est menacée. En Belgique, cette réserve est gérée par l'agence APETRA. Selon le SPF Economie, il n'y a pas de problème pour la sécurité d'approvisionnement - il y a suffisamment de pétrole - mais il y a par contre un problème de sécurité actuellement. "Le pétrole doit être livré aux stations. Nous travaillons en étroite collaboration avec nos collègues de l'Intérieur", précise-t-on au SPF Economie. Les problèmes de sécurité causés par des protestataires sont traités par les gouverneurs de province et les forces de l'ordre locales.