L'ensemble des forces de sécurité ont été mises en alerte dès jeudi soir par le gouvernement d'Adel Abdel Mahdi, arrivé il y a tout juste un an au pouvoir.Dans la nuit, elles ont fait entrer en action leurs canons à eau pour disperser des dizaines de manifestants arrivés à la porte principale de la Zone verte, où siègent les autorités et l'ambassade américaine, ont indiqué des témoins. Cette dispersion intervient quelques heures avant la mobilisations des partisans de Moqtada Sadr, qui entend mettre tout son poids dans le mouvement de contestation qui dénonce la corruption des dirigeants et réclame des emplois et des services fonctionnels dans un pays riche en pétrole mais en pénurie chronique d'électricité et d'eau potable. Cet ex-chef de milice devenu héraut des manifestants anticorruption a appelé ses partisans à manifester et a demandé à ses combattants de se tenir prêts à "protéger les manifestants", faisant redouter de nouvelles violences. Début octobre, 157 personnes ont été tuées, en majorité des manifestants, selon un bilan officiel. Aux cris de "Tous des voleurs", des centaines de personnes ont manifesté sur l'emblématique place Tahrir de Bagdad, qui a été début octobre l'épicentre de la contestation - uniquement séparée de la Zone verte par le pont al-Joumhouriya. Le ministre de l'Intérieur, Yassine al-Yasseri, s'y est rendu pour affirmer aux manifestants que les policiers étaient là "pour les protéger". A Nassiriya, à 300 kilomètres plus au sud, les manifestants ont appelé à des "sit-in jusqu'à la chute du régime". A Diwaniya, également dans le sud, ils étaient également massés sur une place du centre. Les manifestations devraient grossir vendredi matin. Et dans l'après-midi, elles seront rejointes par les partisans de Moqtada Sadr, vainqueur des élections législatives et partie de la coalition gouvernementale, qui a réclamé la démission du cabinet et des élections anticipées dans le pays à majorité chiite. (Belga)