Malgré les retombées du mouvement #MeToo et du hashtag #balancetonporc, l'enquête révèle que, dans la communauté médicale comme ailleurs, le concept de harcèlement reste une notion aux contours encore assez flous. Environ 20% des répondants ont en effet déclaré avoir vécu des comportements "hors cadre" de la part de leurs patients sans toutefois les considérer comme du harcèlement sexuel. Parmi les comportements les plus fréquemment rapportés, on retrouve la demande d'un rendez-vous galant (16%), la tentative de contacts physiques (toucher, caresser, se frotter - 14%), des manifestations claires d'ordre sexuel (8%), des envois de lettres ou photos (3%) ou encore la sollicitation de rapport sexuel (3%). "N'oublions pas les cas de harcèlement sexuel entre confrères, qui sont aussi une réalité. Parmi nos répondants, 15 médecins, principalement des femmes, ont expliqué avoir été victimes d'un comportement sexuel non sollicité de la part d'un confrère", indique le Dr Eric Mertens, directeur médical Benelux chez MediQuality. Dans la plupart des cas, l'auteur n'a pas été dénoncé. Les résultats de cette enquête ne sont donc "peut-être que la partie émergée de l'iceberg", avance le Dr Mertens, qui a osé la comparaison avec les abus sexuels au sein du clergé. "Avant, personne non plus n'osait parler des prêtres pédophiles." L'enquête met encore en évidence que seuls 15% des répondants connaîtraient la procédure à appliquer en cas de harcèlement sexuel, tandis qu'ils sont à peine 3% des sondés à être au courant d'une formation obligatoire sur le sujet. "Cela montre une certaine omerta car les victimes ne savent pas vers qui se tourner, à qui parler", commente le Dr Mertens, qui espère, avec cette enquête, délier les langues et encourager les témoignages. "Il est plus que temps de mettre en place des initiatives afin de lutter contre le harcèlement d'ordre sexuel dans le secteur de la santé." D'autant plus que la grande majorité des répondants (2/3) admet que ces types de comportements ont un impact négatif sur la qualité des soins prodigués. Le Dr Mertens appelle dès lors à ce qu'une réflexion soit menée sur la prise en charge d'événements à caractère sexuel dans le monde médical et demande à informer la communauté médicale sur ce qui est acceptable et ce qui ne l'est pas. Il souhaite également que des groupes de travail soient créés. L'étude en ligne a été réalisée, en octobre 2019, par Mediquality (filiale de Medscape) auprès de médecins et autres acteurs du secteur de la santé. Au total, 360 enquêtes complètes ont été retenues pour analyse. Parmi celles-ci, 61% ont été remplies par des médecins spécialistes, 35% par des généralistes et 4% par d'autres professionnels de la santé. (Belga)

Malgré les retombées du mouvement #MeToo et du hashtag #balancetonporc, l'enquête révèle que, dans la communauté médicale comme ailleurs, le concept de harcèlement reste une notion aux contours encore assez flous. Environ 20% des répondants ont en effet déclaré avoir vécu des comportements "hors cadre" de la part de leurs patients sans toutefois les considérer comme du harcèlement sexuel. Parmi les comportements les plus fréquemment rapportés, on retrouve la demande d'un rendez-vous galant (16%), la tentative de contacts physiques (toucher, caresser, se frotter - 14%), des manifestations claires d'ordre sexuel (8%), des envois de lettres ou photos (3%) ou encore la sollicitation de rapport sexuel (3%). "N'oublions pas les cas de harcèlement sexuel entre confrères, qui sont aussi une réalité. Parmi nos répondants, 15 médecins, principalement des femmes, ont expliqué avoir été victimes d'un comportement sexuel non sollicité de la part d'un confrère", indique le Dr Eric Mertens, directeur médical Benelux chez MediQuality. Dans la plupart des cas, l'auteur n'a pas été dénoncé. Les résultats de cette enquête ne sont donc "peut-être que la partie émergée de l'iceberg", avance le Dr Mertens, qui a osé la comparaison avec les abus sexuels au sein du clergé. "Avant, personne non plus n'osait parler des prêtres pédophiles." L'enquête met encore en évidence que seuls 15% des répondants connaîtraient la procédure à appliquer en cas de harcèlement sexuel, tandis qu'ils sont à peine 3% des sondés à être au courant d'une formation obligatoire sur le sujet. "Cela montre une certaine omerta car les victimes ne savent pas vers qui se tourner, à qui parler", commente le Dr Mertens, qui espère, avec cette enquête, délier les langues et encourager les témoignages. "Il est plus que temps de mettre en place des initiatives afin de lutter contre le harcèlement d'ordre sexuel dans le secteur de la santé." D'autant plus que la grande majorité des répondants (2/3) admet que ces types de comportements ont un impact négatif sur la qualité des soins prodigués. Le Dr Mertens appelle dès lors à ce qu'une réflexion soit menée sur la prise en charge d'événements à caractère sexuel dans le monde médical et demande à informer la communauté médicale sur ce qui est acceptable et ce qui ne l'est pas. Il souhaite également que des groupes de travail soient créés. L'étude en ligne a été réalisée, en octobre 2019, par Mediquality (filiale de Medscape) auprès de médecins et autres acteurs du secteur de la santé. Au total, 360 enquêtes complètes ont été retenues pour analyse. Parmi celles-ci, 61% ont été remplies par des médecins spécialistes, 35% par des généralistes et 4% par d'autres professionnels de la santé. (Belga)