D'un mail interne que le journal Het Nieuwsblad a pu consulter, il ressort que le parti nationaliste flamand demande aux parlementaires de ses rangs de "ne pas se laisser presser par les médias ou par la base, que ce soit dans un sens positif ou négatif", et de ne pas exprimer d'opinion au sujet de la politique américaine jusqu'à ce que les services d'études et de communication ne leur aient communiqué des instructions. De préférence donc ne rien dire sur le fond, à moins que cela concerne notre pays.
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D'un mail interne que le journal Het Nieuwsblad a pu consulter, il ressort que le parti nationaliste flamand demande aux parlementaires de ses rangs de "ne pas se laisser presser par les médias ou par la base, que ce soit dans un sens positif ou négatif", et de ne pas exprimer d'opinion au sujet de la politique américaine jusqu'à ce que les services d'études et de communication ne leur aient communiqué des instructions. De préférence donc ne rien dire sur le fond, à moins que cela concerne notre pays. La seule chose qu'ils peuvent dire est que le style du nouveau président américain est "irréfléchi" et "impulsif", et qu'il constitue un risque pour l'Europe. Le seul axe où ils ont par contre pratiquement carte blanche c'est s'ils veulent pointer "l'hypocrisie morale de la gauche" et "l'industrie de l'indignation" concernant le milliardaire.Le porte-parole de la N-VA, Joachim Pohlmann, a réagi en indiquant qu'il n'était pas question d'une interdiction de s'exprimer, mais qu'il s'agissait d'avoir une "communication cohérente ". Matthias Diependaele, chef de fil de la N-VA au parlement flamand, a défendu cette ligne de conduite sur les ondes de Radio1. "Il ne s'agit que d'un mail qui a été envoyé à titre informatif aux parlementaires. Nous leur offrons un soutien pour que tout le monde puisse réagir de manière correcte. Mais pour cela il faut au préalable collecter des informations correctes et mesurer la portée de ces dernières. Mais ça, ce n'est que du bon sens. On ne souhaite pas participer à une escalade dans l'outrage. "Un exemple du respect des consignes est lorsque Kristof Calvo (Groen) a suggéré à tous les partis de signer une résolution contre Trump. Peter De Roover lui a juste répondu, cynique, que "cela allait sans aucun doute renverser les vagues de l'Atlantique." Pour le politologue Carl Devos (Universiteit Gent) interviewé par le Standaard, la N-VA se trouve en effet dans une position inconfortable. "Car quand il s'agit de Donald Trump, le parti se trouve coincé entre le Vlaams Belang d'un côté et les partis centristes de l'autre. Le Vlaams Belang joue à fond la carte Trump pour séduire ses électeurs de droite. Une frange d'électeurs que le parti aimerait bien aussi séduire, mais il ne peut copier le Vlaams Belang. Et de l'autre côté il y a les partis centristes qui sont contre Trump et qui ont le soutien d'une majorité de la population flamande. Pour ne perdre personne, le parti opte donc pour la voie médiane et nuancée d'un entre-deux. Et le parti n'est pas habitué à cela "dit Devos. La N-VA est habituée de donner le ton avec une communication propre et un message clair. Maintenant, elle est dans une position de suiveur. Ce qui explique ces règles strictes "Le Standaard précise que la note est signée par le porte-parole du parti Joachim Pohlmann et vient donc directement de Bart De Wever. Elle doit mettre fin au flou qui régnait ces derniers jours autour de la position de la N-VA. Joachim Pohlmann précise encore que "Ce document est le résultat d'une concertation interne. Avec cela nous souhaitons prendre nos distances avec le cirque médiatique des derniers jours qui a été si loin qu'on reprochait même à la N-VA en tant que parti de ne pas critiquer directement Trump"