Le maire Bill de Blasio a investi l'intérieur du bâtiment - un espace public ouvert à tous - avec plusieurs dizaines de sympathisants, pour dénoncer le bilan carbone de ce gratte-ciel de 58 étages, parmi les plus polluants de la capitale financière américaine. Trois semaines après l'adoption d'une loi obligeant les bâtiments de plus de 2.300 m2 à réduire leurs émissions de 40% d'ici 2030, le maire entendait ainsi se poser en leader de la lutte tant contre le réchauffement climatique que contre Donald Trump. "Nous avons adopté une loi qui oblige les bâtiments à cesser leurs émissions destructrices, et cela commence avec ce bâtiment, Trump Tower", a-t-il lancé, devant les escalators d'où Donald Trump avait lancé sa campagne pour la présidentielle en juin 2015. Selon M. de Blasio, la Trump Tower pourrait valoir à elle seule quelque 500.000 dollars d'amendes annuels au président américain s'il ne fait pas le nécessaire pour respecter la nouvelle loi. Et l'ensemble de ses huit gratte-ciel new-yorkais pourraient lui coûter au total 2,1 millions de dollars d'amendes, affirme la mairie. "Voilà mon message pour le président Trump: ne faîtes pas de bêtises dans notre ville (...) Respectez les New-Yorkais, suivez ce qui se passe dans votre ville natale, réparez vos bâtiments, et tant que vous y êtes, changez de politique, et revenez dans l'accord de Paris" sur le climat a ajouté M. de Blasio, traitant le président de "négationniste du changement climatique". Mais le maire a eu du mal à se faire entendre: une vingtaine de partisans du président républicain avaient prévu une petite mais bruyante contre-manifestation, montant et descendant les escalators en brandissant des pancartes dénonçant "le pire maire (que New York ait jamais eu)" ou tout simplement "Trump 2020". Bill de Blasio a précisé qu'il annoncerait "cette semaine" s'il allait ou non se lancer dans l'arène pour la présidentielle. Bien qu'il tâte le terrain depuis des mois, les sondages lui sont très défavorables, même parmi les New Yorkais. Le dernier, datant de début avril, indiquait que 76% de ses administrés ne voulaient pas le voir se lancer dans cette bataille. (Belga)