C'est, dit lui-même le président de la N-VA, un des historiens qui l'inspire : le Tchèque Miroslav Hroch a théorisé le développement des " petites nations ", jusqu'à leur éventuelle accession à l'indépendance. " Pour être couronné de succès, écrit Hroch, le nationalisme ne doit pas voir la nation comme un but. La nation doit être le moyen servant à aborder des thèmes qui vont toucher de larges groupes : moins d'impôts, une migration plus contrôlée, etc. Si, en tant que politicien, vous parvenez à bien faire passer ce message en l'étayant, c'est bingo. C'est ce que j'ai toujours visé avec la N-VA : la Flandre en tant que moyen et non en tant que but ", disait Bart De Wever au Standaard en 2011. Hroch observait, signalaient en 2016 Bruno De Wever (oui, le frère de), Frans-Jos Verdoodt et Antoon Vrints, dans un Courrier Hebdomadaire du Crisp (" Les Patriotes flamands et la construction de la nation ") qui appliquait à la Flandre la grille de Hroch, que " les petits mouvements nationaux sont couronnés de succès lorsque leur programme se fond avec les intérêts des classes sociales d'importance vitale, à savoir la classe ouvrière d'une part et les élites capitalistes d'autre part, et lorsque ces classes sociales trouvent leur place dans la petite nation, qui cesse par conséquent d'être "petite" (elle n'est plus subordonnée à la grande nation dans laquelle elle s'est développée) ". Le mouvement flamand, circonscrit à la petite classe moyenne, avait historiquement manqué la connexion avec les deux. Il s'est racheté aujourd'hui que, d'une part, " son vrai patron, c'est le Voka (NDLR : l'organisation patronale flamande) " (Bart De Wever dixit) et que, d'autre part, la classe ouvrière flamande s'est fondue dans une moins consciente mais plus grande " classe moyenne ". " La Wallonie a une identité industrielle et ouvrière forte, où l'on est fier d'être ouvrier. En Flandre, tout le monde veut être de la classe ...