De l'argent pour le verdissement, il y en aura : 7,5 milliards d'euros en provenance d'un " Fonds pour une transition juste ". Et il y en aura pour tout le monde, quoiqu'à doses plus ou moins modérées. Pour la Belgique, le coup de pouce s'annonce bien modeste, de l'ordre de 68 millions. Mais pour la Flandre, ce sera carrément la grande misère sur table. " Nougatbollen, niets, nul ", pour reprendre le cri d'indignation d'un élu Vlaams Belang, horrifié de découvrir que toute la part du gâteau atterrira en Wallonie et que c'est le Hainaut et rien que le Hainaut qui pourra y mordre à belles dents. C'est ajouter l...

De l'argent pour le verdissement, il y en aura : 7,5 milliards d'euros en provenance d'un " Fonds pour une transition juste ". Et il y en aura pour tout le monde, quoiqu'à doses plus ou moins modérées. Pour la Belgique, le coup de pouce s'annonce bien modeste, de l'ordre de 68 millions. Mais pour la Flandre, ce sera carrément la grande misère sur table. " Nougatbollen, niets, nul ", pour reprendre le cri d'indignation d'un élu Vlaams Belang, horrifié de découvrir que toute la part du gâteau atterrira en Wallonie et que c'est le Hainaut et rien que le Hainaut qui pourra y mordre à belles dents. C'est ajouter l'affront à la pingrerie. Bien sûr, l'Union européenne peut tout expliquer : le territoire hennuyer n'est pas encore tout à fait remis de son passé minier, il compte encore trop de travailleurs dans des industries polluantes, il est urgent que son tissu économique se restructure et qu'il y soit apporté une solide touche verte. L'impérieux coup de rein mérite d'être financé. Mais le gouvernement flamand apprécie peu le sens du partage de l'Union européenne : le ministre-président Jan Jambon (N-VA) a relayé officiellement ce courroux auprès d'Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission européenne. Ce " Fonds pour une transition juste " sera terriblement injuste envers une Flandre bien mal récompensée " pour les investissements conséquents que nous avons déjà consentis pour transformer notre économie et faire baisser nos émissions ". C'est aussi ignorer la Flandre qui pollue toujours, avec ses clusters industriels autour d'Anvers et de Gand responsables de plus de 60 % des émissions totales de CO2 de la Belgique, avec ses ports qui ont besoin d'investir dans des technologiques respectueuses de l'environnement. Et puis d'abord, de quoi j'me mêle ? Le gouvernement flamand ne tolérera pas que l'argent européen du climat file sans discuter vers le Hainaut et nulle part ailleurs en Belgique. " Ce dossier devra être à l'agenda des négociations fédérales ", assure Zuhal Demir (N-VA), ministre régionale de l'Energie et de l'Environnement, aussi consternée que peut l'être un élu Vlaams Belang par la triste morale de cette histoire. " Les plus gros pollueurs sont favorisés ", a-t-elle clamé par voie de communiqué. Et c'est la Flandre qui se fait doublement rouler : une première fois, autant que les Wallons, par la maigreur de l'enveloppe prévue pour la Belgique, une seconde fois par l'attribution de cette modeste part au Hainaut. Un scandale dans le scandale. Qui privera la Flandre de son dû : 39 des 68 millions, un minimum, prévient Zuhal Demir. Merci qui ? Merci l'Union européenne. En passe de créer un transfert Nord-Sud, un de plus. Et d'offrir aux nationalistes flamands le scénario qu'ils raffolent et le casting qui va avec : le Hainaut, bastion du socialisme, terroir de Paul Magnette et d'Elio Di Rupo, l'incorrigible mauvais élève wallon récompensé une fois encore au nez et à la barbe d'une Flandre appliquée et consciencieuse. A la veille de possibles/probables/inévitables élections, l'argument de campagne n'a pas de prix.