Le déficit structurel serait de 6,93 milliards d'euros fin 2019, soit 2,15 milliards d'euros de plus par rapport à la fin 2018, écrit 'L'Echo'. Par rapport aux objectifs du programme de stabilité 2019-2022, il se creuse même de 3,8 milliards d'euros.

Le gouvernement en affaires courantes est en principe dans l'incapacité de réagir alors que le projet de budget 2019 a été remisé et qu'aucun contrôle budgétaire n'a eu lieu. L'Etat fonctionne actuellement avec des douzièmes provisoires votés tous les trimestres par le parlement. A la mi-octobre, la Belgique doit remettre à l'Europe une épure de budget qui doit, en principe, s'inscrire dans le cadre d'un programme de stabilité.

Selon le comité de monitoring, les recettes fiscales sont en retrait, en raison de la moindre croissance économique. Par ailleurs, les dépenses sociales augmentent en conséquence du vieillissement de la population.

Mais pour le PS, l'actuel ministre ne doit pas fuir ses responsabilités. "Le PS n'est pas responsable de la politique d'austérité qui pèse sur la croissance. Et le ministre De Croo ne doit pas confondre les affaires courantes avec les affaires coulantes", a réagi le chef de groupe PS à la Chambre, Ahmed Laaouej, l'invitant à faire preuve de "volonté politique en matière de lutte contre la fraude fiscale et de recouvrement de l'impôt notamment". Il s'agit de "faire tourner l'administration", a-t-il dit à l'agence Belga.

Pour la ministre du Budget, Sophie Wilmès (MR), citée dans un communiqué, "il sera nécessaire de maintenir la prudence budgétaire". Un certain nombre de dépenses "continueront de faire l'objet d'un contrôle administratif et budgétaire renforcé", a-t-elle précisé.

© belga

"Les chiffres du budget doivent être un signal de réveil pour les négociations" (De Croo)

Le ministre des Finances Alexander De Croo (Open Vld) espère que les chiffres du comité de monitoring sur le budget constituent un "signal de réveil" pour les négociations de formation d'un gouvernement fédéral. "En tant que pays, nous ne pouvons pas nous permettre de continuer à dire que nous avons le temps, comme cela a été le cas ces derniers mois", a-t-il ainsi déclaré lundi sur le plateau de 'Terzake' (VRT).

D'après le comité de monitoring, qui réunit des hauts fonctionnaires, le déficit budgétaire structurel s'élève aujourd'hui à 1,5% du PIB, soit 7,2 milliards d'euros. Cela signifie que depuis la chute du gouvernement Michel, le budget fédéral a dérapé de 3,8 milliards d'euros.

"Il n'y a en fait qu'une seule solution: avoir un gouvernement ayant les pleins pouvoirs le plus rapidement possible", a réagi Alexander De Croo à ces chiffres. "Il y a deux partis qui sont les plus grands: la N-VA en Flandre et le PS en Wallonie et à Bruxelles. Il serait irresponsable que ces deux partis ne considèrent pas ce qui est sorti aujourd'hui comme un 'wake-upcall'", estime-t-il. "Chaque mois que nous laissons derrière nous rend les choses plus difficiles pour un gouvernement, qui devra ensuite payer double."

Un gouvernement d'urgence, comme l'avait proposé Paul Magnette (PS) il y a plus d'un mois, ne résoudra rien, selon le ministre. "Un gouvernement d'urgence ne peut faire qu'un budget d'urgence. Ce dont nous avons besoin, c'est d'un gouvernement à part entière qui agisse de manière durable."

Au cours de l'émission, ce dernier a également été interrogé sur les dissensions au sein du parti libéral flamand. "Nous sommes pour le moment dans une période de négociations importantes et je ne pense pas que nous, en tant que parti, devrions soudainement avoir cette discussion interne dans la presse", a-t-il confié.

Alexander De Croo ne partage d'ailleurs pas les critiques de Vincent Van Quickenborne, selon qui le parti aurait trop bougé vers la gauche. "Je ne suis absolument pas d'accord avec cela. Je pense que le gouvernement précédent a été l'un des gouvernements les plus à la droite de notre pays de ces dernières décennies. Et nous en avons fait partie."