"Le fonds devait être indexé, mais il ne l'a plus été depuis 2012", constate Alexandre Viviers, consultant pour la société Sia Partners en charge d'une étude pour quantifier les besoins et proposer des pistes de revalorisation. "Le montant est bloqué à 53 millions d'euros. En 2019, cela représente un manque à gagner de 6 millions d'euros. Et de 21 millions d'euros cumulés depuis 2012".

La Plateforme de lutte contre la précarité énergétique, qui regroupe producteurs, fournisseurs et distributeurs d'énergie, syndicats, sociétés de logement social, CPAS, experts académiques, formule des recommandations adressées au monde politique, dont la fin du gel de l'indexation du Fonds Gaz et Électricité. "Il faut un nouveau mécanisme qui reflète l'évolution réelle des besoins. C'est-à-dire à la fois l'augmentation de la précarité énergétique et l'augmentation exorbitante des factures", explique Bernard Hubeau, professeur émérite à l'UAntwerp et président du comité d'experts.

Un nouveau mécanisme d'indexation engendrerait un coût supplémentaire chiffré à 30 millions d'euros par an. Un montant qui pourrait être intégré aux factures, via la cotisation fédérale (qui finance déjà le fonds). Cela correspondrait à un surcoût de 2,67 euros par an pour les consommateurs résidentiels.

"Mais nous recommandons plutôt un financement du Fonds Gaz et Electricité par le SPF Economie, comme c'est déjà le cas pour le Fonds Mazout à hauteur de 70%", précise Bernard Hubeau. "Nous privilégions l'impôt plutôt que la consommation pour la revalorisation du fonds".