Concourant dans la catégorie des longs métrages de fiction de cette session des JCC, "Noura rêve" (2019) s'est vu attribuer samedi soir le Tanit d'or, la plus haute distinction du festival cinématographique tunisien, dont la 30e édition avait débuté le 26 octobre. "Recueillant quasiment l'unanimité, ce film magnifique nous a séduits de par sa facture cinématographique. Audacieux et actuel, il constitue une sorte de témoignage très cru sur l'état de la société tunisienne d'aujourd'hui dans les milieux populaires. Il expose le combat d'une femme contre les tabous, contre l'institution judiciaire ou encore contre les violences conjugales. L'?uvre est également particulièrement réussie en termes de maîtrise technique, de création, de qualité des dialogues", précise le réalisateur Mahmoud Ben Mahmoud, membre du jury de la compétition officielle. Lui aussi Belgo-Tunisien, le cinéaste résidant à Uccle avait remporté le concours l'an dernier avec son long métrage "Fatwa" (2018), qui aborde le thème de la radicalisation salafiste. "Coproduits par la Belgique, plusieurs films de cette édition 2019 des JCC ont porté le festival vers le haut. Le cinéma tunisien doit en ce moment beaucoup à la présence très forte de la coproduction belge et de l'enseignement du cinéma en Belgique", ajoute Mahmoud Ben Mahmoud. L'adultère, dans un pays qui le condamne encore sévèrement, constitue le thème principal de "Noura rêve" dans laquelle l'actrice vedette tunisienne Hend Sabri interprète le rôle principal. Alors que son mari Jamel est emprisonné, Noura tombe éperdument amoureuse de Lassad avec lequel elle envisage un avenir commun. C'est néanmoins sans compter sur la libération inattendue de Jamel, qui contraindra la jeune mère de famille à reprendre une vie normale... (Belga)