L'avionneur américain Lockheed Martin, constructeur du chasseur F-35, a signé à Bruxelles un protocole d'accord avec l'entreprise américaine Esterline et quatre sociétés belges : Sonaca, Sabca, Ilias Solutions, Esterline Belgium (ex-Barco). Objectif : établir des "partenariats industriels" dans le cadre du marché de 4 à 5 milliards d'euros qui s'annonce pour le remplacement des F-16 belges. Jack Crisler, vice-président chez Lockheed Martin, chargé du développement commercial et de l'intégration stratégique du F-35, répond à nos questions.
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L'avionneur américain Lockheed Martin, constructeur du chasseur F-35, a signé à Bruxelles un protocole d'accord avec l'entreprise américaine Esterline et quatre sociétés belges : Sonaca, Sabca, Ilias Solutions, Esterline Belgium (ex-Barco). Objectif : établir des "partenariats industriels" dans le cadre du marché de 4 à 5 milliards d'euros qui s'annonce pour le remplacement des F-16 belges. Jack Crisler, vice-président chez Lockheed Martin, chargé du développement commercial et de l'intégration stratégique du F-35, répond à nos questions.LE VIF.BE : Qu'attendez-vous de cet accord avec des firmes belges ?Jack R. Crisler : L'idée est d'identifier toutes les possibilités de partenariats industriels que nous pourrions avoir en Belgique. Nous connaissons bien les entreprises concernées. Nous travaillons avec certaines d'entre-elles depuis des décennies. L'idée est d'aller plus loin. Le protocole d'accord répartit déjà certaines tâches.Le gouvernement belge n'a pas encore exprimé le souhait de joindre un volet de retombées économiques au marché. Quelles sont les perspectives ?Si le gouvernement belge prend la décision de remplacer les F-16, nous savons qu'il y aura des attentes en termes de retombées industrielles. Les conditions ne sont évidemment pas les mêmes que celles qui prévalaient lors du précédent "marché du siècle", celui du F-16. Nous allons identifier les partenariats possibles. Nous voulons déterminer quels types de coopérations technologiques et autres peuvent être envisagées. Il est prématuré de parler des retombées économiques, mais nous pourrions proposer des coopérations en matière d'armement, de cyber-défense... Au cas où la Belgique ferait le choix du F-35, où seront construits les appareils qui lui seront livrés ? En Italie, comme c'est le cas aujourd'hui pour les F-35 destinés aux Pays-Bas ?Cet aspect du contrat résultera d'un éventuel accord entre le gouvernement belge est les autorités américaines à Washington. Trois sites d'assemblage existent : l'usine de production de Fort Worth, au Texas, le site italien et celui du Japon. Cela dit, les F-35 sont construits partout de la même façon, selon les mêmes normes et standards de qualité et avec les mêmes capacités. Il y a quinze jours, le premier F-35A assemblé en Europe, sur la chaîne de l'avionneur Finmeccanica-Alenia Aermacchi, a effectué son vol inaugural au départ de la base aérienne de Cameri, en Italie.Les concurrents européens du F-35 et de nombreux experts pointent le prix très élevé de votre l'appareil, non seulement à l'achat, mais aussi par heure de vol. Un handicap pour Lockheed Martin, d'autant que plusieurs pays clients, dont l'Italie, ont réduit leur commande et envisagent de la diminuer encore ?Le coût unitaire de l'appareil tend à baisser. Pour la production 2017, le prix d'achat du F-35 est de 108 millions de dollars, moteur compris. Pour la production des avions entre 2018 et 2020, on devrait avoir un prix autour de 85 millions de dollars, ce qui est compétitif pour ce type d'appareil, un chasseur-bombardier de la 5e génération. C'est le seul avion furtif parmi les successeurs potentiels du F-16 et le seul dont l'armement est intégré dans la structure. En 2019, date à laquelle le gouvernement belge pourrait prendre la décision d'acheter de nouveaux chasseurs-bombardiers, un F-35 coûtera donc environ 85 millions de dollars, compte tenu de l'inflation.La fiabilité du moteur du F-35 est mise en cause dans plusieurs rapports et un pilote d'essai critique les performances de l'avion en combat aérien. Une hypothèque sur ses capacités opérationnelles ? Je vous recommande de tenir compte de l'opinion de ceux qui participent au développement de l'appareil et non de l'avis de "spécialistes" qui écrivent sur le sujet. L'armée américaine, par la voix de l'un de ses généraux trois étoiles, assure que le F-35 ne connaît pas de soucis techniques et sera déclaré opérationnel dans l'US Air Force en 2016. Le corps des Marines a déclaré, le 8 juillet, que les essais opérationnels du F-35B, la version à décollage court et à atterrissage vertical, ont été concluants. Quelque 150 appareils volent à ce jour et 38 000 heures de vol ont été accumulées. Des pilotes australiens, britanniques, néerlandais, italiens et israéliens ont commencé à s'entraîner.Le F-35 fait figure de favori à la succession du F-16 "belge". Vous êtes confiant ?La concurrence sera rude. Le plus fort l'emportera. On a l'intention de se battre.