"Les États membres se mènent une concurrence dommageable. Ils réduisent les impôts, les salaires et les mesures de protection des travailleurs en espérant attirer les investisseurs et améliorer leur compétitivité externe", a affirmé le Belge au terme de visites auprès des instances européennes. M. Schutter souligne que détricoter les droits sociaux ne viole pas seulement les obligations internationales, cela porte également atteinte aux entreprises, aux travailleurs et aux travailleuses ainsi qu'aux caisses publiques. Entre 160 et 190 milliards d'euros sont perdus chaque année en raison de la concurrence fiscale, selon lui. "Au bout du compte, la charge fiscale est transférée des grandes entreprises et des particuliers fortunés vers les travailleurs et travailleuses et les consommateurs". Celui qui fut déjà rapporteur spécial de l'ONU pour le droit à l'alimentation (2008-2014) reconnaît que l'UE a progressé ces dernières années sur la voie de l'éradication de la pauvreté. Mais elle n'en a pas moins "échoué largement" dans son engagement à sortir 20 millions de personnes de la pauvreté pour 2020, alors qu'elle a connu une croissance économique et une augmentation de l'emploi constantes jusqu'il y a peu. "La raison de cet échec est que les bénéfices n'ont pas été distribués de manière équitable. C'est une défaite pour les droits sociaux", a dénoncé M. De Schutter, qui en Belgique se présente régulièrement sur des listes Ecolo en tant que candidat indépendant. En outre, la crise déclenchée par la Covid-19 a affecté de nombreuses personnes en Europe qui n'avaient jamais connu la pauvreté auparavant, insiste-t-il. "J'ai parlé avec des personnes qui connaissent la faim pour la première fois de leur vie, qui sont exclues parce qu'elles n'ont pas de domicile, et qui sont maltraitées parce qu'elles sont pauvres", a déclaré l'expert de l'ONU. Il a aussi souligné les difficultés des personnes qui n'ont pas d'accès aisé à internet ou vivent dans des buildings surpeuplés. S'il juge que la lutte contre la pauvreté est "la pièce manquante" du Pacte vert européen, il dit attendre la présentation du plan d'action pour la mise en ?uvre du Socle européen des droits sociaux, qui devrait inclure le programme de "Garantie enfant" et une proposition pour un revenu minimum adéquat généralisé dans toute l'UE. Il s'agit là de priorités mises en avant par le Portugal, qui assure actuellement la présidence semestrielle du Conseil de l'UE. (Belga)

"Les États membres se mènent une concurrence dommageable. Ils réduisent les impôts, les salaires et les mesures de protection des travailleurs en espérant attirer les investisseurs et améliorer leur compétitivité externe", a affirmé le Belge au terme de visites auprès des instances européennes. M. Schutter souligne que détricoter les droits sociaux ne viole pas seulement les obligations internationales, cela porte également atteinte aux entreprises, aux travailleurs et aux travailleuses ainsi qu'aux caisses publiques. Entre 160 et 190 milliards d'euros sont perdus chaque année en raison de la concurrence fiscale, selon lui. "Au bout du compte, la charge fiscale est transférée des grandes entreprises et des particuliers fortunés vers les travailleurs et travailleuses et les consommateurs". Celui qui fut déjà rapporteur spécial de l'ONU pour le droit à l'alimentation (2008-2014) reconnaît que l'UE a progressé ces dernières années sur la voie de l'éradication de la pauvreté. Mais elle n'en a pas moins "échoué largement" dans son engagement à sortir 20 millions de personnes de la pauvreté pour 2020, alors qu'elle a connu une croissance économique et une augmentation de l'emploi constantes jusqu'il y a peu. "La raison de cet échec est que les bénéfices n'ont pas été distribués de manière équitable. C'est une défaite pour les droits sociaux", a dénoncé M. De Schutter, qui en Belgique se présente régulièrement sur des listes Ecolo en tant que candidat indépendant. En outre, la crise déclenchée par la Covid-19 a affecté de nombreuses personnes en Europe qui n'avaient jamais connu la pauvreté auparavant, insiste-t-il. "J'ai parlé avec des personnes qui connaissent la faim pour la première fois de leur vie, qui sont exclues parce qu'elles n'ont pas de domicile, et qui sont maltraitées parce qu'elles sont pauvres", a déclaré l'expert de l'ONU. Il a aussi souligné les difficultés des personnes qui n'ont pas d'accès aisé à internet ou vivent dans des buildings surpeuplés. S'il juge que la lutte contre la pauvreté est "la pièce manquante" du Pacte vert européen, il dit attendre la présentation du plan d'action pour la mise en ?uvre du Socle européen des droits sociaux, qui devrait inclure le programme de "Garantie enfant" et une proposition pour un revenu minimum adéquat généralisé dans toute l'UE. Il s'agit là de priorités mises en avant par le Portugal, qui assure actuellement la présidence semestrielle du Conseil de l'UE. (Belga)