"Protège-toi, protège-moi". C'est l'un des multiples slogans tagués à la craie sur le sol de cinq grandes villes -Charleroi, Mons, Louvain-la-Neuve, Bruxelles et Liège- par lesquel O'Yes, l'ASBL de promotion de la santé Ex Aequo et le Comité inter-universitaire des étudiants en médecine et en dentisterie (CIUM) espèrent attirer l'attention sur la question du dépistage. "Un délai potentiellement long peut s'écouler entre l'infection par le VIH et le diagnostic", pointait l'institut belge de la santé Sciensano dans son rapport 2018 sur l'état du virus en Belgique. Or, "l'absence de dépistage et les dépistages tardifs ne permettent pas de casser la chaîne de transmission du VIH et des autres infections sexuellement transmissibles", souligne O'Yes. Les associations organisent dès lors des dépistages gratuits sur plusieurs campus de Bruxelles, Woluwé, Louvain-la-Neuve, Liège et Namur, ainsi que des distributions de préservatifs et de rubans rouges, symbole de solidarité envers les personnes séropositives et souffrant du sida, dans les centres-villes. Si en 2018, l'âge moyen lors du diagnostic était de 38,7 ans chez les femmes adultes et de 39,7 ans chez les hommes adultes, soit une hausse de 1,9 an en 10 ans, cette augmentation serait surtout attribuable au vieillissement de la population belge et à une amélioration de l'espérance de vie des patients vivant avec le VIH, analyse Charlotte Pezeril, directrice de l'Observatoire du sida et des sexualités, à l'Université Saint-Louis de Bruxelles. "Il semblerait même que les jeunes utilisent moins le préservatif que la génération précédente et les connaissances ne semblent pas s'être particulièrement améliorées", déplore-t-elle. Jeunes et moins jeunes, chacun est donc concerné par le dépistage. "La problématique du vieillissement des personnes vivant avec le VIH pose aujourd'hui des enjeux importants" car "cette population est particulièrement fragile aux co-infections et co-morbidités, rencontre des discriminations dans les milieux d'accueil et de repos des personnes âgées et cumule donc un ensemble de facteurs avec également la baisse de revenus due au passage à la pension", souligne Mme Pezeril. Le virus de l'immunodéficience humaine se détecte au moyen d'une prise de sang, six semaines après la prise de risque, ou d'un dépistage démédicalisé, les autotests, trois mois après ce risque. Prendre un risque, c'est notamment avoir un rapport sexuel (avec ou sans pénétration) non protégé, partager une seringue usagée ou du matériel de sniff ou encore avoir un contact en ayant une lésion. (Belga)