Les eurodéputés insistent depuis un certain temps sur l'importance d'avoir accès aux informations essentielles de ces contrats conclus par la Commission en collaboration avec les 27: les prix, les clauses de responsabilité en cas de défaut, les livraisons trimestrielles sur lesquelles se sont engagées les firmes, les droits de propriété intellectuelle, etc. La Commission a déjà bouclé des contrats d'achat anticipé de vaccins, une sorte de "précommande" au nom des Etats membres, avec 6 entreprises (ou duos), et continue d'en négocier d'autres. Mais ces contrats sont confidentiels. Sur insistance des élus, l'Allemande CureVac a accepté la semaine dernière de mettre à leur disposition, dans une salle de lecture, son contrat avec la Commission. C'était la première société à le faire, mais elle devrait être rejointe par le duo BioNTech-Pfizer, développeur du premier vaccin autorisé dans l'UE, selon les dires de la commissaire Kyriakides. Elle n'a pas précisé si le contrat sera visible dans son intégralité. Or, sur le document de CureVac, de nombreux passages essentiels étaient barrés de noir, ce que plusieurs eurodéputés ont critiqué avec virulence. "Il n'y a pas d'arguments qui puissent justifier le manque de transparence. Ces achats sont payés par de l'argent public", a lancé Dacian Ciolos, président du groupe Renew (centristes, libéraux) au Parlement. Le Belge Marc Botenga (PTB, La Gauche) a été applaudi au moment de féliciter ironiquement la Commission pour avoir "laissé l'entreprise décider de ce que les députés peuvent lire". "Vous avez privatisé la transparence, il fallait le faire", a-t-il pointé, accusant l'exécutif européen de s'aplatir face aux lobbies pharma. Ce sont en grande partie "des fonds publics qui ont payé la recherche & développement, et qui ont payé les capacités de production", a-t-il martelé. "Cette opacité est une insulte à la démocratie", a de son côté estimé Philippe Lamberts, co-président du groupe des Verts/ALE. Il a rappelé que la légitimité des décideurs vient de la délégation des citoyens, dont le Parlement est l'assemblée représentative. "Au delà des prix, il est crucial de savoir qui sera responsable en cas d'effet négatif ou de problème provoqué par les vaccins; les labos ou les autorités publiques? Nous n'en savons rien". La commissaire Kyriakides a soutenu que la Commission est "à 100% en faveur de la transparence" mais ne peut pas dévoiler d'informations confidentielles des contrats sans l'accord de l'entreprise concernée. Quant à la responsabilité, "sous l'autorisation conditionnelle de mise sur le marché, elle reste à la charge des détenteurs et producteurs", a-t-elle ajouté. (Belga)

Les eurodéputés insistent depuis un certain temps sur l'importance d'avoir accès aux informations essentielles de ces contrats conclus par la Commission en collaboration avec les 27: les prix, les clauses de responsabilité en cas de défaut, les livraisons trimestrielles sur lesquelles se sont engagées les firmes, les droits de propriété intellectuelle, etc. La Commission a déjà bouclé des contrats d'achat anticipé de vaccins, une sorte de "précommande" au nom des Etats membres, avec 6 entreprises (ou duos), et continue d'en négocier d'autres. Mais ces contrats sont confidentiels. Sur insistance des élus, l'Allemande CureVac a accepté la semaine dernière de mettre à leur disposition, dans une salle de lecture, son contrat avec la Commission. C'était la première société à le faire, mais elle devrait être rejointe par le duo BioNTech-Pfizer, développeur du premier vaccin autorisé dans l'UE, selon les dires de la commissaire Kyriakides. Elle n'a pas précisé si le contrat sera visible dans son intégralité. Or, sur le document de CureVac, de nombreux passages essentiels étaient barrés de noir, ce que plusieurs eurodéputés ont critiqué avec virulence. "Il n'y a pas d'arguments qui puissent justifier le manque de transparence. Ces achats sont payés par de l'argent public", a lancé Dacian Ciolos, président du groupe Renew (centristes, libéraux) au Parlement. Le Belge Marc Botenga (PTB, La Gauche) a été applaudi au moment de féliciter ironiquement la Commission pour avoir "laissé l'entreprise décider de ce que les députés peuvent lire". "Vous avez privatisé la transparence, il fallait le faire", a-t-il pointé, accusant l'exécutif européen de s'aplatir face aux lobbies pharma. Ce sont en grande partie "des fonds publics qui ont payé la recherche & développement, et qui ont payé les capacités de production", a-t-il martelé. "Cette opacité est une insulte à la démocratie", a de son côté estimé Philippe Lamberts, co-président du groupe des Verts/ALE. Il a rappelé que la légitimité des décideurs vient de la délégation des citoyens, dont le Parlement est l'assemblée représentative. "Au delà des prix, il est crucial de savoir qui sera responsable en cas d'effet négatif ou de problème provoqué par les vaccins; les labos ou les autorités publiques? Nous n'en savons rien". La commissaire Kyriakides a soutenu que la Commission est "à 100% en faveur de la transparence" mais ne peut pas dévoiler d'informations confidentielles des contrats sans l'accord de l'entreprise concernée. Quant à la responsabilité, "sous l'autorisation conditionnelle de mise sur le marché, elle reste à la charge des détenteurs et producteurs", a-t-elle ajouté. (Belga)