Déjà laissés pour compte en temps normal, les patients psychiatriques tombent encore davantage dans l'oubli en période de crise sanitaire. De nombreuses structures d'accueil, à l'instar des centres ou des hôpitaux de jours, ferment d'ailleurs leurs portes par crainte de contamination tandis que les équipes mobiles ne se déplacent plus. "Les patients se retrouvent ainsi souvent 'abandonnés' dans l'indifférence quasi générale", déplore le Dr Schepens. "Dans les services et hôpitaux psychiatriques, les patients sont tenus au confinement, sans sortie ni visite", abonde-t-il. Pour le professeur Charles Kornreich, ces patients vivent dès lors une double peine. "En plus de leur maladie mentale s'ajoute le confinement. Or, leur traitement passe par le soutien social. Ils accusent donc une perte considérable", pointe-t-il. "Allez faire comprendre à quelqu'un de délirant ou de paranoïaque qu'il va devoir rester dans sa chambre pendant deux semaines et qu'il ne pourra plus prendre ses repas avec les autres, ni participer à des activités de groupe", illustre le président de l'Association des médecins chefs d'hôpitaux psychiatriques francophones, Éric Constant. Les professionnels de la santé mentale relèvent le caractère "inédit" de cette crise sanitaire. "C'est la première fois qu'on arrive à une situation pareille et le personnel psychiatrique n'est clairement pas préparé pour faire face à une problématique somatique comme celle du coronavirus", observe M. Schepens. "On comprend que le gouvernement a mis l'accent sur les hôpitaux généraux, qui se trouvent en première ligne. Mais les autres structures sont complètement désarmées", s'inquiète Éric Constant. Celui-ci déplore le manque de directives reçues des autorités, alors que des milliers de travailleurs et de patients sont concernés. Les psychiatres mettent par ailleurs en garde contre l'angoisse de la population en général face à la crise sanitaire, surtout chez les personnes isolées et fragilisées. "Si les mesures de restrictions se prolongent, la situation va s'aggraver", alerte le Pr Charles Kornreich qui entrevoit une "petite bombe à retardement". (Belga)

Déjà laissés pour compte en temps normal, les patients psychiatriques tombent encore davantage dans l'oubli en période de crise sanitaire. De nombreuses structures d'accueil, à l'instar des centres ou des hôpitaux de jours, ferment d'ailleurs leurs portes par crainte de contamination tandis que les équipes mobiles ne se déplacent plus. "Les patients se retrouvent ainsi souvent 'abandonnés' dans l'indifférence quasi générale", déplore le Dr Schepens. "Dans les services et hôpitaux psychiatriques, les patients sont tenus au confinement, sans sortie ni visite", abonde-t-il. Pour le professeur Charles Kornreich, ces patients vivent dès lors une double peine. "En plus de leur maladie mentale s'ajoute le confinement. Or, leur traitement passe par le soutien social. Ils accusent donc une perte considérable", pointe-t-il. "Allez faire comprendre à quelqu'un de délirant ou de paranoïaque qu'il va devoir rester dans sa chambre pendant deux semaines et qu'il ne pourra plus prendre ses repas avec les autres, ni participer à des activités de groupe", illustre le président de l'Association des médecins chefs d'hôpitaux psychiatriques francophones, Éric Constant. Les professionnels de la santé mentale relèvent le caractère "inédit" de cette crise sanitaire. "C'est la première fois qu'on arrive à une situation pareille et le personnel psychiatrique n'est clairement pas préparé pour faire face à une problématique somatique comme celle du coronavirus", observe M. Schepens. "On comprend que le gouvernement a mis l'accent sur les hôpitaux généraux, qui se trouvent en première ligne. Mais les autres structures sont complètement désarmées", s'inquiète Éric Constant. Celui-ci déplore le manque de directives reçues des autorités, alors que des milliers de travailleurs et de patients sont concernés. Les psychiatres mettent par ailleurs en garde contre l'angoisse de la population en général face à la crise sanitaire, surtout chez les personnes isolées et fragilisées. "Si les mesures de restrictions se prolongent, la situation va s'aggraver", alerte le Pr Charles Kornreich qui entrevoit une "petite bombe à retardement". (Belga)