"Depuis que le confinement a été mis en place il y a un an, cette crise n'est plus uniquement sanitaire mais aussi sociale, économique, psychologique", avance le collectif. Or, "nous ne pouvons que regretter de voir que l'on se limite à l'expertise médicale et virologique dans la gestion de cette crise multiforme", poursuit-il. Souhaitant ouvrir le débat public et scientifique, les universitaires plaident pour l'élaboration d'un cadastre hospitalier précis. "À peu près un tiers de la capacité standard de nos lits de soins intensifs sont occupés par des patients Covid-positifs. Combien d'entre eux souffrent réellement de complications liées au Covid? (...) Quel est le profil de ces patients (durée d'hospitalisation, durée en soins intensifs, pathologies, âge, localité, déterminants sociaux)? Nous l'ignorons", déplore Raphaël Jungers, ingénieur en mathématiques appliquées (UCLouvain). Pour lui, l'État doit rassembler et partager les données de la crise. "Même les données que Sciensano possède ne sont pas toutes accessibles pour l'ensemble de la communauté scientifique", enchaîne-t-il . D'autre part, les mesures prises doivent faire l'objet d'une évaluation post-hoc, selon le professeur: "La manière dont des courbes sont agitées devant le grand public, sans aucune explication ni remise en question, est trompeuse pour l'opinion publique, qui par conséquent ne sait plus à quel saint se vouer". À titre d'exemple, les annonces du Comité de concertation (Codeco) de la semaine dernière sont remises en question par les membres du think tank. "La communication qui a entouré cette nouvelle salve de mesures nous laisse perplexes. La présentation extrêmement lacunaire et probablement biaisée des chiffres de contaminations dans les écoles était trompeuse pour le grand public. Qui plus est, les chiffres de cette semaine confirment que l'épidémie entame naturellement un reflux", relèvent-ils. Le collectif réclame, enfin, un renforcement des soins de santé, dont la crise a montré "les faiblesses et les limites". "Pourquoi ne pas renforcer ce système, à commencer par augmenter la capacité de riposte hospitalière pour l'adapter aux besoins saisonniers, revaloriser les professions infirmières et renforcer le rôle de la première ligne?, s'interroge-t-il. "Cela serait très probablement plus efficient que d'arrêter toute une économie, de priver les enfants d'école et de creuser les inégalités sociales". Le think tank Covid rationnel rassemble pêle-mêle des médecins, des ingénieurs, des mathématiciens, des virologues et des professeurs en sciences humaines. Il se dit ouvert à de nouveaux membres, mais également à la collaboration avec tout chercheur ou initiative intéressé(e) par la gestion de cette crise. (Belga)

"Depuis que le confinement a été mis en place il y a un an, cette crise n'est plus uniquement sanitaire mais aussi sociale, économique, psychologique", avance le collectif. Or, "nous ne pouvons que regretter de voir que l'on se limite à l'expertise médicale et virologique dans la gestion de cette crise multiforme", poursuit-il. Souhaitant ouvrir le débat public et scientifique, les universitaires plaident pour l'élaboration d'un cadastre hospitalier précis. "À peu près un tiers de la capacité standard de nos lits de soins intensifs sont occupés par des patients Covid-positifs. Combien d'entre eux souffrent réellement de complications liées au Covid? (...) Quel est le profil de ces patients (durée d'hospitalisation, durée en soins intensifs, pathologies, âge, localité, déterminants sociaux)? Nous l'ignorons", déplore Raphaël Jungers, ingénieur en mathématiques appliquées (UCLouvain). Pour lui, l'État doit rassembler et partager les données de la crise. "Même les données que Sciensano possède ne sont pas toutes accessibles pour l'ensemble de la communauté scientifique", enchaîne-t-il . D'autre part, les mesures prises doivent faire l'objet d'une évaluation post-hoc, selon le professeur: "La manière dont des courbes sont agitées devant le grand public, sans aucune explication ni remise en question, est trompeuse pour l'opinion publique, qui par conséquent ne sait plus à quel saint se vouer". À titre d'exemple, les annonces du Comité de concertation (Codeco) de la semaine dernière sont remises en question par les membres du think tank. "La communication qui a entouré cette nouvelle salve de mesures nous laisse perplexes. La présentation extrêmement lacunaire et probablement biaisée des chiffres de contaminations dans les écoles était trompeuse pour le grand public. Qui plus est, les chiffres de cette semaine confirment que l'épidémie entame naturellement un reflux", relèvent-ils. Le collectif réclame, enfin, un renforcement des soins de santé, dont la crise a montré "les faiblesses et les limites". "Pourquoi ne pas renforcer ce système, à commencer par augmenter la capacité de riposte hospitalière pour l'adapter aux besoins saisonniers, revaloriser les professions infirmières et renforcer le rôle de la première ligne?, s'interroge-t-il. "Cela serait très probablement plus efficient que d'arrêter toute une économie, de priver les enfants d'école et de creuser les inégalités sociales". Le think tank Covid rationnel rassemble pêle-mêle des médecins, des ingénieurs, des mathématiciens, des virologues et des professeurs en sciences humaines. Il se dit ouvert à de nouveaux membres, mais également à la collaboration avec tout chercheur ou initiative intéressé(e) par la gestion de cette crise. (Belga)