C'est du moins ce qu'affirment deux études de la KuLeuven et de l'Université de Gand réalisées à la demande du Centre national de coopération au développement 11.11.11 et relayées par le journal De Morgen.
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C'est du moins ce qu'affirment deux études de la KuLeuven et de l'Université de Gand réalisées à la demande du Centre national de coopération au développement 11.11.11 et relayées par le journal De Morgen. Les chercheurs ont analysé 1528 déclarations de politiciens prononcées dans les quotidiens, les journaux télévisés et sur les réseaux sociaux. Ils constatent que "dans la très grande majorité des cas" ces derniers diffusent des messages négatifs sur les migrants. Les scientifiques distinguent quatre visions courantes de la migration : on considère les migrants soit comme des envahisseurs, soit comme des victimes, soit comme des gens qui viennent ici pour notre mode de vie et avec qui il faut être solidaire, soit comme des forces positives qui contribuent à notre économie et à notre société. Envahisseurs Interrogée par de Morgen, la spécialiste en communication Sarah Van Leuven (Université de Gand) explique que dans près de trois quarts de leurs déclarations, les politiciens décrivent les migrants comme des "envahisseurs" qu'il faut arrêter, contrôler, sanctionner, et renvoyer. À en croire les chercheurs, près d'une déclaration sur quatre de ce type provient de la N-VA. Et sans surprise, le Secrétaire d'État à l'Asile et à la Migration Theo Francken assure 35% d'entre elles. Hormis le Vlaams Belang, les autres partis qualifient les migrants de victimes qu'il faut aider. À l'étonnement des chercheurs, cette polarisation ne se retrouve pas parmi la population. L'enquête réalisée parmi un échantillon représentatif de mille Flamands montre qu'ils sont plutôt indécis à l'égard de la migration. Sur une échelle qui va de "forte aversion" à "grande sympathie", le plus grand groupe, près d'un quart des citoyens du nord du pays, adopte une position neutre. Le deuxième groupe au niveau du nombre, près d'un sur cinq, se montre un peu plus positif et le troisième groupe l'est encore un peu plus. Un Flamand sur trois considère les migrants comme des victimes. "On sent intuitivement que ce sont des victimes, mais on doute qu'il soit possible de les aider", explique Baldwin Van Gorp, professeur en études médiatiques à la KuLeuven.Gagnant-gagnant Aussi 11.11.11 plaide-t-il pour une vision davantage basée sur le gagnant-gagnant et la solidarité qui selon son porte-parole Bogdan Vanden Berghe, "ne reflète pas seulement mieux la réalité, mais qui offre une vision positive très peu présente dans le débat". Van Gorp n'hésite d'ailleurs pas à prodiguer quelques conseils à Francken. "Les gens qui soutiennent Francken continuent à le faire quand il envoie un tweet plus positif à l'égard des migrants. Si avec ses tweets, il souhaite atteindre à la fois ses sympathisants et les citoyens moins bien disposés à son égard, il a intérêt à relayer une vision gagnant-gagnant. Il ne chassera pas ses fidèles, et il en séduira d'autres", déclare-t-il au Morgen.