Le "super kern", les dix partis soutenant les pouvoirs spéciaux, se sont entendus ce samedi sur une batterie de nouvelles mesures de soutien à l'économie dans le cadre de la crise du coronavirus. Pour relancer la consommation dans les secteurs en difficultés comme l'Horeca ou la culture, un chèque consommation de 300 euros sera instauré. Il ne sera pas octroyé automatiqement à toute la population mais uniquement si un employeur décide de le proposer à son personnel.
...

Le "super kern", les dix partis soutenant les pouvoirs spéciaux, se sont entendus ce samedi sur une batterie de nouvelles mesures de soutien à l'économie dans le cadre de la crise du coronavirus. Pour relancer la consommation dans les secteurs en difficultés comme l'Horeca ou la culture, un chèque consommation de 300 euros sera instauré. Il ne sera pas octroyé automatiqement à toute la population mais uniquement si un employeur décide de le proposer à son personnel. "C'est un chèque de 300 euros que les employeurs pourront donner à leurs travailleurs et qui pourra être utilisés dans l'horeca mais aussi dans les loisirs et la culture", a indiqué Alexander De Croo (Open Vld), le ministre des Finances, à la sortie du Kern.Ce chèque aura plus ou moins la même valeur que les chèques repas actuels. "Vous pourrez l'utiliser pour acheter un livre, aller à Walibi, aller manger un bout au restaurant, ou acheter une entrée dans une salle de théâtre", précise David Clarinval, ministre du Budget et de la Fonction publique. Ce chèque ne servira qu'à l'économie locale, pas question donc de l'utiliser sur un site en ligne comme Amazon. L'objectif est de donner un coup de pouce aux secteurs les plus fragilisés. Il s'agit surtout soutenir la demande intérieure et de soutenir les entreprises qui en ont le plus besoin", a fait savoir de son côté Paul Magnette, le président du PS.Tout le monde n'en profitera toutefois pas automatiquement. Ils seront proposés par les employeurs à leur personnel, sur base volontaire. L'entreprise qui souscrira à cette démarche devra prendre les coûts à sa charge tout en bénéficiant d'une défiscalisation avantageuse de 100%. Sur les ondes de la RTBF, l'économiste Etienne De Callatai pense que de nombreuses sociétés opteront pour ce chèque: "Il est vraisemblable qu'une bonne part des entreprises qui peuvent se le permettre octroieront ces chèques à leurs employeurs. Dans un contexte où beaucoup d'employés ont pris des risques, ce serait refuser un avantage pour les employés et je ne pense pas que beaucoup d'employeurs souhaiteront avoir cette attitude très peu positive ".Selon l'économiste, l'octroi de ce chèque euros est avant tout une opération symbolique. Interrogé dans le JT de la RTBF, il a estimé que "l'octroi de ce chèque n'aura pas beaucoup d'impact, il coûtera relativement cher aux entreprises pour relativement peu d'impact car bon nombre des personnes qui vont bénéficier de ces chèques auraient de toute façon été au restaurant. Au lieu de payer avec de l'argent liquide, ils payeront avec ces chèques et réserveront leurs paiements en cash à d'autres achats"."Un coup mal ciblé ", analyse encore Etienne De Callatay. "Quand on voit le coup de la mesure, il aurait mieux valu mieux la cibler [...] cette mesure c'est finalement donner un chèque par les entreprises qui vont bien, aux employés qui ont la chance de ne pas avoir perdu leur emploi. Il aurait mieux valu soutenir le pouvoir d'achat en augmentant temporairement les allocations de chômage pour ceux qui ont eu réellement à souffrir du coronavirus", argue l'économiste. Et même si cette mesure aura, un "petit" effet positif pour les secteurs concernés, il faut admettre que c'est une mesure qui pourrait coûter cher à l'Etat.Toutes ces mesures pèseront indéniablement sur le budget, même s'il est encore trop tôt pour en préciser le coût. Des changements ont déjà été apportés par rapport aux propositions qui étaient sur la table. Le ministre du Budget, David Clarinval, a donc été chargé d'évaluer ce coût pour le prochain "superkern", a-t-on appris auprès de son cabinet.