Deux jours après le feu vert des députés à des législatives anticipées le 12 décembre, le chef du Labour a lancé sa campagne à Londres, espérant ravir à Boris Johnson les clés du 10 Downing street. S'exprimant le jour qui aurait dû être celui du Brexit, Jeremy Corbyn, 70 ans, a raillé la promesse non tenue de son adversaire conservateur de quitter l'Union européenne au 31 octobre. Lui propose d'organiser un nouveau référendum dans les six mois s'il arrive au pouvoir. Plus à l'aise sur les questions sociales, Jeremy Corbyn s'est concentré sur les services publics et la lutte contre les inégalités sociales. Appelant à ne pas ouvrir au privé le service public de santé britannique (NHS), il a déclenché des "Pas à vendre ! Pas à vendre ! ", scandés par les militants. Il a accusé les conservateurs de ne se soucier que de "quelques privilégiés", ciblant "fraudeurs fiscaux", "propriétaires peu scrupuleux", "mauvais patrons" et "gros pollueurs". "Ensemble, nous mettrons à bas un système corrompu pour construire un pays plus juste, qui se soucie véritablement de tous", a-t-il lancé. Beaucoup dans ses propres rangs désapprouvent la ligne très à gauche du leader travailliste, chef de l'opposition le plus impopulaire jamais enregistré dans les sondages, selon une étude Ipsos-MORI. Jeremy Corbyn se voit également reprocher son attentisme sur le Brexit, et son refus persistant de dire quelle serait sa position en cas de nouveau référendum. Ses proches répliquent que lors des élections de 2017, Corbyn a réussi à décrocher beaucoup plus de sièges qu'attendu, avec une campagne déjà centrée sur la critique de l'austérité. Parmi les militants, Clayton Pearce, un consultant de 45 ans, a voté pour le Brexit en 2016 mais s'inquiète plus aujourd'hui des services publics et de l'austérité imposée par le gouvernement conservateur. "Je fais du porte à porte depuis 10 ans, et j'ai vu comment les gens ont été touchés", a-t-il déclaré à l'AFP. "Peu importe ce que les gens ont voté auparavant, il faut qu'ils regardent vers l'avenir", a renchéri Maria McCaul, 50 ans, citant notamment le réchauffement climatique. Selon elle, le Brexit ne sera plus la principale préoccupation "quand nous serons submergés par les eaux". (Belga)