En janvier 2020, "l'accent était mis sur la diffusion de messages rassurants. Le Centre de Crise National n'a pas été informé des menaces de pandémie par le SPF Santé publique", a raconté M. De Crem. Ensuite, "jusqu'au déclenchement phase fédérale le 13 mars, le SPF Santé publique a toujours maintenu le pilotage, dans ce qui restait jusqu'à ce moment-là une 'crise sanitaire'. L'échange d'informations avec le SPF ne se faisait pas de façon optimale. Le Centre de Crise avait pourtant déployé des efforts pour proposer ses services et soutien", a-t-il déploré. Pieter De Crem a notamment cité une réunion intercabinets tenue le 26 février. "Le SPF ne s'est pas montré favorable à une coordination avec le Centre de Crise. 'Ce n'est pas une situation de crise", disait-on alors. 'La grippe mexicaine était une compétence exclusive du SPF' ou encore 'les mesures prises à l'étranger ne doivent pas être reprises et chacun doit garder la tête froide.'" L'ancien ministre de l'Intérieur a également fait référence à une déclaration de sa collègue de la Santé Maggie De Block sur Radio 1 (VRT) affirmant qu'un plan d'urgence était prêt, "mais le Centre de Crise n'en avait aucune information." Pieter De Crem a poursuivi en évoquant un cabinet restreint (kern) convoqué le 1er mars 2020. "J'y ai fourni une note pour demander à mes collègues une coordination interdépartementale. Mais il a été décidé que le SPF Santé publique garderait la main, même si j'ai obtenu que le Centre de Crise soit davantage impliqué. (...) J'ai bien collaboré avec Maggie De Block (ministre de la Santé, ndlr), mais il y a une espèce d'inclinaison dans les départements à défendre le pré carré de leurs compétences. Et avant le déclenchement de la phase fédérale, il n'en fut pas autrement." Et de poursuivre : "la Première ministre (Sophie Wilmès) assurait le croisement. Les informations arrivaient de tous les côtés. Et politiquement, les esprits n'étaient pas encore mûrs pour le déclenchement de la phase fédérale." Cependant, "il n'y a pas de normes pour définir à quel moment on passe en phase de crise", a-t-il nuancé, assumant que le passage en phase fédérale constituait bien une décision politique. "Et personnellement, je ne ferais pas (de normes), car on ne sait pas à quel type de crise nous pourrions être confrontés à l'avenir." Selon l'ancien ministre, ce n'est que le 12 mars, au moment où l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) déclare la pandémie, que l'on intégrera davantage de Centre de Crise. Le passage en phase fédérale de crise est alors décidé par le premier Conseil National de Sécurité, le seul organe permettant à ses yeux d'intégrer les ministres-présidents même s'il n'a (en temps normal) "pas de rôle à jouer au niveau de la gestion de crise." Lors de ce premier CNS, il y avait "un grand sentiment de collégialité", a-t-il décrit. "Nous nous rendions compte qu'à ce moment-là, par manque de tests et de masques, le confinement était la seule option qui s'offrait à nous pour éviter l'implosion du système de santé. La phase fédérale est tombée à pic." "Notre pays dispose de services de gestion de crise et de planification de crise efficaces," a-t-il conclu. "Les partenaires sont connus et reconnus dans leur sphère de compétence. Je plaide pour que ce système soit pleinement utilisé et que l'on évite la mise en place de structures parallèles." A ce titre, Pieter De Crem a estimé que le dispositif du "kern +10", rassemblant les dix partis soutenant les pouvoirs spéciaux "n'a pas fonctionné". Il a également jugé "nécessaire" l'établissement d'une loi pandémie. (Belga)

En janvier 2020, "l'accent était mis sur la diffusion de messages rassurants. Le Centre de Crise National n'a pas été informé des menaces de pandémie par le SPF Santé publique", a raconté M. De Crem. Ensuite, "jusqu'au déclenchement phase fédérale le 13 mars, le SPF Santé publique a toujours maintenu le pilotage, dans ce qui restait jusqu'à ce moment-là une 'crise sanitaire'. L'échange d'informations avec le SPF ne se faisait pas de façon optimale. Le Centre de Crise avait pourtant déployé des efforts pour proposer ses services et soutien", a-t-il déploré. Pieter De Crem a notamment cité une réunion intercabinets tenue le 26 février. "Le SPF ne s'est pas montré favorable à une coordination avec le Centre de Crise. 'Ce n'est pas une situation de crise", disait-on alors. 'La grippe mexicaine était une compétence exclusive du SPF' ou encore 'les mesures prises à l'étranger ne doivent pas être reprises et chacun doit garder la tête froide.'" L'ancien ministre de l'Intérieur a également fait référence à une déclaration de sa collègue de la Santé Maggie De Block sur Radio 1 (VRT) affirmant qu'un plan d'urgence était prêt, "mais le Centre de Crise n'en avait aucune information." Pieter De Crem a poursuivi en évoquant un cabinet restreint (kern) convoqué le 1er mars 2020. "J'y ai fourni une note pour demander à mes collègues une coordination interdépartementale. Mais il a été décidé que le SPF Santé publique garderait la main, même si j'ai obtenu que le Centre de Crise soit davantage impliqué. (...) J'ai bien collaboré avec Maggie De Block (ministre de la Santé, ndlr), mais il y a une espèce d'inclinaison dans les départements à défendre le pré carré de leurs compétences. Et avant le déclenchement de la phase fédérale, il n'en fut pas autrement." Et de poursuivre : "la Première ministre (Sophie Wilmès) assurait le croisement. Les informations arrivaient de tous les côtés. Et politiquement, les esprits n'étaient pas encore mûrs pour le déclenchement de la phase fédérale." Cependant, "il n'y a pas de normes pour définir à quel moment on passe en phase de crise", a-t-il nuancé, assumant que le passage en phase fédérale constituait bien une décision politique. "Et personnellement, je ne ferais pas (de normes), car on ne sait pas à quel type de crise nous pourrions être confrontés à l'avenir." Selon l'ancien ministre, ce n'est que le 12 mars, au moment où l'Organisation Mondiale de la Santé (OMS) déclare la pandémie, que l'on intégrera davantage de Centre de Crise. Le passage en phase fédérale de crise est alors décidé par le premier Conseil National de Sécurité, le seul organe permettant à ses yeux d'intégrer les ministres-présidents même s'il n'a (en temps normal) "pas de rôle à jouer au niveau de la gestion de crise." Lors de ce premier CNS, il y avait "un grand sentiment de collégialité", a-t-il décrit. "Nous nous rendions compte qu'à ce moment-là, par manque de tests et de masques, le confinement était la seule option qui s'offrait à nous pour éviter l'implosion du système de santé. La phase fédérale est tombée à pic." "Notre pays dispose de services de gestion de crise et de planification de crise efficaces," a-t-il conclu. "Les partenaires sont connus et reconnus dans leur sphère de compétence. Je plaide pour que ce système soit pleinement utilisé et que l'on évite la mise en place de structures parallèles." A ce titre, Pieter De Crem a estimé que le dispositif du "kern +10", rassemblant les dix partis soutenant les pouvoirs spéciaux "n'a pas fonctionné". Il a également jugé "nécessaire" l'établissement d'une loi pandémie. (Belga)