En lançant ce samedi à Namur le processus de refondation du cdH, son président Maxime Prévot se dit persuadé de la nécessité de "se mettre en danger" pour développer un nouveau mouvement politique appelé à se substituer à un parti qui n'est plus que le 5e du paysage politique francophone.

"Le 26 mai nous a sanctionnés, mais pas que nous: l'ensemble des partis traditionnels, et cela au profit de partis extrémistes et identitaires. C'est la fin d'une époque. On a peut-être trop défendu un héritage, une gestion, alors qu'on a besoin comme de pain de nouvelles utopies", expose-t-il dans un entretien à Belga.

"Les défis nouveaux, c'est le rapport au temps, à l'argent, aux déplacements, à l'environnement... Tout cela, avec la révolution numérique, crée un cocktail d'attentes nouvelles par rapport à la période de l'État providence, où la croissance était toujours au rendez-vous et permettait une redistribution plus aisée du gâteau."

"Aujourd'hui, le gâteau ne croît plus et donc, le ressentiment s'accroît au détriment de l'autre, qu'il soit le chômeur, le migrant, le grand patron. Il nous faut basculer du 'toujours plus' vers le 'toujours mieux', accentuer le qualitatif et non le quantitatif, trouver du temps pour la famille, du sens à son activité".

N'est-ce pas là un constat partagé par la plupart des partis politiques ? "La différence, c'est ce que l'on fait avec ces constats: les autres ajustent leurs propositions, tandis que nous nous lançons dans une remise à plat", affirme Maxime Prévot.

"Les paradigmes et les clivages anciens, sur lesquels on a façonné les opinions, sont désuets. Aujourd'hui le clivage est davantage entre les partisans de l'ouverture au monde et ceux du repli identitaire, entre les climatosceptiques et les volontaristes sur le plan environnemental. Assurer une vie digne aux personnes âgées n'est pas une question de gauche ou de droite".

Le successeur de Benoît Lutgen à la tête du cdH se dit conscient que les décisions ne peuvent plus être "confisquées par le management d'un parti". Ce dernier terme renverrait d'ailleurs trop à des pratiques de gouvernance "qui ne sont plus à la page". Le processus lancé ce samedi se veut donc participatif, avec l'émergence d'une nouvelle génération en point de mire.

"Toute personne intéressée pourra monter dans le bateau pour déterminer ce qui constituera une nouvelle offre politique. Une septantaine de jeunes recrues seront présentes dans autant de bassins de vie, qui ont chacun la taille de trois à quatre communes. Ils seront les agents de la refondation: avec les sympathisants et les citoyens qui le souhaiteront, ils prendront sur le terrain le pouls de la déception, voire de la colère. Nous prévoyons pas moins de 30.000 porte-à-porte".

Le processus doit durer un an, émaillé de "rêve-parties", de "worldshops", de balades de discussion, d'assemblées mixtes citoyens-mandataires. Les personnes les plus motivées élaboreront des notes qui seront synthétisées et enrichies, avant un retour devant des panels sur les points les plus clivants. Au final, les participants aux processus adopteront des conclusions qui seront présentées lors d'un congrès de fondation du nouveau mouvement.

Pour accompagner ces nouveaux modes de participation, le processus parie sur "l'intelligence collective". Il a fait appel à Cap Collectif, la société parisienne qui a structuré le Grand débat national en France, ainsi qu'à Dreamocracy, société britannique. Nouvelle appli, site web et autres outils numériques doivent être dévoilés ce samedi en même temps que le nom du processus.

Un tel bouleversement annoncé se fait-il aisément aux yeux des mandataires du parti ? "Comme dans tout processus de changement, il y a les enthousiastes conscients de la nécessité de changement et ceux qui, ne sachant pas ce que sera demain, se raccrochent à hier. J'ai déjà dit à mes parlementaires qu'en 2024, ils ne seront plus tous têtes de liste".

Maxime Prévot espère lancer le nouveau mouvement au premier trimestre 2021.

En lançant ce samedi à Namur le processus de refondation du cdH, son président Maxime Prévot se dit persuadé de la nécessité de "se mettre en danger" pour développer un nouveau mouvement politique appelé à se substituer à un parti qui n'est plus que le 5e du paysage politique francophone. "Le 26 mai nous a sanctionnés, mais pas que nous: l'ensemble des partis traditionnels, et cela au profit de partis extrémistes et identitaires. C'est la fin d'une époque. On a peut-être trop défendu un héritage, une gestion, alors qu'on a besoin comme de pain de nouvelles utopies", expose-t-il dans un entretien à Belga. "Les défis nouveaux, c'est le rapport au temps, à l'argent, aux déplacements, à l'environnement... Tout cela, avec la révolution numérique, crée un cocktail d'attentes nouvelles par rapport à la période de l'État providence, où la croissance était toujours au rendez-vous et permettait une redistribution plus aisée du gâteau." "Aujourd'hui, le gâteau ne croît plus et donc, le ressentiment s'accroît au détriment de l'autre, qu'il soit le chômeur, le migrant, le grand patron. Il nous faut basculer du 'toujours plus' vers le 'toujours mieux', accentuer le qualitatif et non le quantitatif, trouver du temps pour la famille, du sens à son activité". N'est-ce pas là un constat partagé par la plupart des partis politiques ? "La différence, c'est ce que l'on fait avec ces constats: les autres ajustent leurs propositions, tandis que nous nous lançons dans une remise à plat", affirme Maxime Prévot. "Les paradigmes et les clivages anciens, sur lesquels on a façonné les opinions, sont désuets. Aujourd'hui le clivage est davantage entre les partisans de l'ouverture au monde et ceux du repli identitaire, entre les climatosceptiques et les volontaristes sur le plan environnemental. Assurer une vie digne aux personnes âgées n'est pas une question de gauche ou de droite". Le successeur de Benoît Lutgen à la tête du cdH se dit conscient que les décisions ne peuvent plus être "confisquées par le management d'un parti". Ce dernier terme renverrait d'ailleurs trop à des pratiques de gouvernance "qui ne sont plus à la page". Le processus lancé ce samedi se veut donc participatif, avec l'émergence d'une nouvelle génération en point de mire. "Toute personne intéressée pourra monter dans le bateau pour déterminer ce qui constituera une nouvelle offre politique. Une septantaine de jeunes recrues seront présentes dans autant de bassins de vie, qui ont chacun la taille de trois à quatre communes. Ils seront les agents de la refondation: avec les sympathisants et les citoyens qui le souhaiteront, ils prendront sur le terrain le pouls de la déception, voire de la colère. Nous prévoyons pas moins de 30.000 porte-à-porte". Le processus doit durer un an, émaillé de "rêve-parties", de "worldshops", de balades de discussion, d'assemblées mixtes citoyens-mandataires. Les personnes les plus motivées élaboreront des notes qui seront synthétisées et enrichies, avant un retour devant des panels sur les points les plus clivants. Au final, les participants aux processus adopteront des conclusions qui seront présentées lors d'un congrès de fondation du nouveau mouvement. Pour accompagner ces nouveaux modes de participation, le processus parie sur "l'intelligence collective". Il a fait appel à Cap Collectif, la société parisienne qui a structuré le Grand débat national en France, ainsi qu'à Dreamocracy, société britannique. Nouvelle appli, site web et autres outils numériques doivent être dévoilés ce samedi en même temps que le nom du processus. Un tel bouleversement annoncé se fait-il aisément aux yeux des mandataires du parti ? "Comme dans tout processus de changement, il y a les enthousiastes conscients de la nécessité de changement et ceux qui, ne sachant pas ce que sera demain, se raccrochent à hier. J'ai déjà dit à mes parlementaires qu'en 2024, ils ne seront plus tous têtes de liste". Maxime Prévot espère lancer le nouveau mouvement au premier trimestre 2021.